
Sommaire: le 5 novembre 2008, Bruxelles - La Commission a adopté ce jour son document de stratégie annuelle concernant la politique d'élargissement de l'UE. Il souligne le rôle que joue cette politique pour les intérêts stratégiques de l'Union en matière de stabilité, de sécurité et de prévention des conflits. La Commission examine également les progrès accomplis dans les pays des Balkans occidentaux et en Turquie au cours de l'année précédente et expose dans le détail les défis qui restent à relever. Les progrès réalisés par les pays des Balkans occidentaux sur la voie de l'adhésion à l'UE peuvent s'accélérer pour autant qu'ils remplissent les conditions fixées. La Croatie devrait pouvoir atteindre, d'ici la fin de 2009, la phase finale des négociations d'adhésion, sous réserve qu'elle satisfasse à toutes les conditions requises. Le rythme des négociations avec la Turquie continuera de refléter le rythme des réformes entreprises dans le pays.
L'élargissement sert les intérêts stratégiques de l'Union européenne en matière de stabilité, de sécurité et de prévention des conflits. Il a contribué à renforcer la prospérité et les perspectives de croissance, à améliorer les connexions avec les axes de transport et d'approvisionnement énergétique essentiels, et à donner plus de poids à l'UE dans le monde. Dans le contexte des problèmes de stabilité qui se posent actuellement à l'est de l'Union européenne, la mise en œuvre cohérente de la
politique d'élargissement est plus importante que jamais. Le présent programme d'élargissement concerne les pays des Balkans occidentaux et la Turquie.
Lors de la présentation des rapports, le commissaire chargé de l'élargissement, M. Olli Rehn, a fait la déclaration suivante: «La feuille de route conditionnelle et indicative que nous présentons aujourd'hui pour la Croatie doit inciter le pays à poursuivre résolument sur la voie des réformes. La capacité de la Croatie à remplir les conditions d'adhésion à l'UE sera déterminante. Il pourra s'avérer nécessaire d'adapter le calendrier indicatif en fonction des progrès réalisés par la Croatie. La
balle est à présent très nettement dans le camp de cette dernière. La Commission suivra de près le respect des conditions fixées.»
«Je salue également les progrès accomplis dans les pays des Balkans occidentaux. Ces progrès sur la voie de l'adhésion à l'UE pourront s'accélérer pour autant que ces pays remplissent les conditions requises. Les pays candidats potentiels qui démontreraient leur aptitude à assumer le statut de candidat pourraient obtenir ce statut. Nous préparerons une étude de faisabilité qui étudiera les moyens de construire plus avant l'avenir européen du Kosovo1.»
«La Turquie revêt une importance stratégique de premier plan pour l'Union européenne et je me félicite du rôle constructif qu'elle a joué lors de la crise du Caucase. Je note toutefois que la politique nationale en 2008 a été caractérisée par de fortes tensions politiques. J'attends à présent de la Turquie qu'elle intensifie ses efforts en matière de réforme. Le rythme des négociations avec la Turquie continuera de refléter le rythme des réformes entreprises dans le pays.»
L'ancienne République yougoslave de Macédoine a effectué des progrès encourageants sur le plan des réformes judiciaires et de la mise en œuvre des obligations découlant de l'ASA et elle continue de renforcer la démocratie pluriethnique par la mise en œuvre de l'accord d'Ohrid. Le pays doit toutefois garantir la tenue d'élections libres et équitables et améliorer le dialogue entre les principaux partis et acteurs politiques. Des progrès ont également été observés en ce qui concerne la lutte
contre la corruption, la réforme de la fonction publique, l'amélioration de l'environnement dans lequel évoluent les entreprises et les mesures pour stimuler l'emploi. Des efforts supplémentaires n'en restent pas moins nécessaires. La Commission continuera de suivre de près les avancées accomplies dans ces domaines.
L'Albanie, le Monténégro et la Bosnie-et-Herzégovine poursuivent la mise en œuvre de leurs accords intérimaires respectifs et ont progressé dans des domaines de réforme importants. Le renforcement de l'État de droit et des capacités administratives en matière d'application de la législation reste un défi majeur dans ces pays. L'Albanie, en particulier, doit garantir une préparation et un déroulement corrects des élections législatives de 2009. Le Monténégro doit continuer de poursuivre avec
résolution la réforme de son appareil judiciaire. Il est désormais urgent pour la Bosnie-et-Herzégovine de parvenir au consensus politique nécessaire et d'avancer sur la voie des réformes, notamment en vue d'une plus grande appropriation de sa gouvernance.
La Serbie doit confirmer son évolution positive en coopérant pleinement avec le TPIY et en obtenant des résultats concrets dans les domaines de réforme prioritaires touchant à l'État de droit et aux réformes économiques. Si la Serbie remplit ces conditions, elle pourrait obtenir le statut de candidat en 2009.
Une perspective européenne est offerte au Kosovo, à l'instar des autres pays des Balkans occidentaux. La stabilité a été maintenue de façon générale. Le processus d'intégration engagé par le pays n'en est toutefois qu'à ses débuts dans la plupart des domaines concernés. À l'automne 2009, la Commission présentera une étude de faisabilité qui se penchera sur les moyens à mettre en œuvre pour soutenir le développement politique et socioéconomique du Kosovo et examinera la meilleure façon pour ce
dernier de progresser, en tant qu'acteur régional, sur la voie de l'intégration avec l'UE.
La Commission européenne prend des mesures afin de concrétiser la perspective européenne pour les citoyens des Balkans occidentaux. Pour autant que les conditions fixées soient remplies, la Commission pourra proposer, au cas par cas, de supprimer l'obligation de visa au cours de l'année 2009.
1 Selon le statut défini par la résolution 11244/99 du Conseil de sécurité des Nations unies
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