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Intervention de la Présidence de l'UE - Nations Unies ECOSOC: Segment consacré aux activités opérationnelles

Sommaire: le 11 juillet 2008, New York - Intervention prononcée par Intervention prononcée par M. Philippe Delacroix, Secrétaire général de la Présidence de l'UE à New York, auprès des Nations Unies, CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL: Segment consacré aux activités opérationnelles - Débat Général sur les progrès accomplis et la mise en œuvre de la résolution 62/208 de l'Assemblée générale relative à l'examen triennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies

Monsieur le Président,

La Turquie, la Croatie* et l'ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro, pays du processus de stabilisation et d'association et candidats potentiels, la Norvège, pays de l'AELE membre de l'Espace économique européen, ainsi que la République de Moldavie et l'Arménie se rallient à la présente déclaration.

Moins d'un an après l'adoption de la résolution 62/208 adoptée par l'Assemblée Générale en 2007 à la suite de l'examen triennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, nous sommes à nouveau réunis pour faire le point des progrès accomplis dans ce domaine.

Comme rappelé dans l'un des rapports qui nous sont soumis aujourd'hui, c'est dès 1977 que l'Assemblée Générale a demandé de renforcer la coordination du système de développement des Nations Unies, en créant la fonction de résident coordonnateur.

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis et la résolution adoptée en décembre dernier poursuit ce processus qui vise à améliorer la cohérence d'ensemble des actions de développement de l'ONU pour une meilleure efficacité de l'aide. C'est ainsi que le système sera le mieux à même de répondre aux besoins et priorités des pays, dans le respect des buts et principes de la Charte des Nations Unies, pour aider les pays à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et renforcer leurs capacités en ce sens. C'est également ainsi qu'il sera le mieux à même de mobiliser les ressources stables et prévisibles qui lui seront nécessaires pour jouer pleinement son rôle. Il nous appartient aujourd'hui de nous pencher sur les progrès accomplis et sur la meilleure façon de poursuivre dans cette voie.

L'Union Européenne aimerait à cet égard saluer la présentation des trois rapports du Secrétaire Général.

Le rapport sur le processus de gestion permettant d'appliquer la résolution 62/208 de l'Assemblée générale(E/2008/49) qui, pour la première fois, tente de fixer des objectifs, des calendriers et de préciser les responsables respectifs pour la mise en œuvre de la résolution, est le fruit de consultations approfondies avec les organismes de développement du système des Nations Unies et les mécanismes inter-institutions. Cet effort mérite d'être souligné.

Il nous semble toutefois que le processus de gestion présenté dans ce rapport répond de façon insuffisante aux demandes figurant dans le paragraphe 141 de la résolution 62/108 en matière de directives, de fixation d'objectifs, de critères de référence précis et de calendrier d'exécution.

L'examen triennal complet des activités opérationnelles est en effet un outil unique permettant aux Nations Unies de piloter et de mettre en œuvre de façon coordonnée et pratique leurs activités de développement. C'est pourquoi les outils facilitant sa mise en œuvre doivent être conçus de la façon la plus opérationnelle possible et doivent définir les résultats attendus sous une forme qui permette de suivre et d'évaluer ces résultats de manière adéquate.

Nous espérons qu'une telle présentation pourra être effectuée l'année prochaine, notamment grâce aux rapports d'activité que devront fournir les fonds, programmes et institutions spécialisées, pour appliquer la résolution.

Nous avons également noté les efforts engagés par le Conseil des chefs de secrétariat (CCS) le PNUD, le FNUAP, l'UNICEF et le PAM pour appliquer les résolutions TCPR et nous les encourageons à poursuivre plus avant dans cette voie, en respectant la feuille de route annexée au rapport sur le processus de gestion.

Nous avons enfin pris note du document de conférence sur les mesures prises par les agences spécialisées en matière de simplification et d'harmonisation et souhaiterions les appeler à accélérer leurs efforts en ce domaine.

Monsieur le Président,

Le rapport sur le fonctionnement, les coûts et avantages du système des coordonnateurs résidents(E/2008/60) également établi pour la première fois, fournit une présentation claire du système des résidents coordonnateurs, de son organisation, de son fonctionnement et de ses dernières évolutions.

Il rappelle les deux principes fondamentaux sur lequel ce système s'appuie : d'une part les activités opérationnelles des Nations Unies sont menées à la demande des autorités nationales et dans le respect de leurs orientations et priorités, d'autre part le système des résidents coordonnateurs appartient à l'ensemble du système des Nations Unies et doit en conséquence travailler de façon participative, collégiale, et ouverte.

Des améliorations notables ont été apportées à l'autorité du résident coordonnateur, condition nécessaire au renforcement de sa double responsabilité, vis-à-vis des pays et vis-à-vis du système.

Une direction forte au niveau des pays est essentielle au succès des activités des Nations Unies. Nous saluons à cet égard les efforts entrepris par le Conseil des chefs de secrétariat (CCS) pour améliorer les procédures de sélection, de recrutement, de formation et d'évaluation des résidents coordonnateurs et des coordonnateurs humanitaires, et pour mettre en place un dispositif de responsabilisation. L'amélioration du dispositif de gestion du système, engagée dans une période relativement brève, avec l'intégration du Groupe des Nations Unies pour le développement (GNUD) à la structure du Conseil des chefs de secrétariat, a facilité cette évolution dans un souci de cohérence.

D'autres progrès importants ont été réalisés, en particulier par le PNUD, pour recruter des directeurs pays, renforçant ainsi le pare-feu entre les activités effectuées par le résident coordonnateur au nom de l'ensemble du système et les activités opérationnelles proprement dites du PNUD.

Nous nous félicitons également du renforcement des dispositifs de coordination, incluant les institutions de Bretton Woods dans nombre de pays, et de l'amélioration du dialogue entre les fonds, programmes et institutions spécialisées.

Monsieur le Président,

Pour renforcer la capacité des Nations Unies à répondre de façon efficace aux besoins des pays en développement, et rendre le système des résidents coordonnateurs plus ouvert et transparent, ces efforts doivent être poursuivis.

Il apparaît en particulier important :

- de demander au PNUD et aux autres sièges des institutions concernées, y compris des agences spécialisées, de finaliser les arrangements pour la mise en place effective du « pare-feu » et de soutenir le Résident coordonnateur de façon à ce qu'il, ou elle, puisse jouer pleinement son rôle en aidant les Nations Unies à agir de façon unie, efficace et cohérente en soutien aux stratégies nationales ;

- de promouvoir les mécanismes incitatifs qui encouragent les résidents coordonnateurs et les directeurs de pays à donner la priorité à la réalisation des objectifs définis dans le plan cadre des Nations Unies pour le développement ;

- d'améliorer la diversification du recrutement et d'accentuer les efforts de formation, mais aussi de sensibilisation aux activités des agences non résidentes, ce qui favorisera l'accès à leurs services par les pays concernés tout en renforçant la légitimité du résident coordonnateur ;

- d'établir de façon élargie des codes de conduite et des mécanismes de règlement des différends afin de responsabiliser les équipes pays et de faciliter leur travail sur le terrain ;

- de consolider la gestion axée sur les résultats pour favoriser une meilleure évaluation de la réalisation du plan-cadre d'action des Nations Unies ;

- de renforcer l'harmonisation des pratiques administratives et de gestion de façon à réduire les coûts de transaction et à permettre ainsi des économies qui pourront contribuer au financement des programmes de développement.
La réflexion mériterait par ailleurs d'être poursuivie sur le rôle des résidents coordonnateurs en situation de post-conflit, compte tenu du rôle essentiel qu'il joue dans la phase de transition entre les secours d'urgence et les activités de développement, ou en matière de gestion de la sécurité.

Nous attendons à cet égard avec intérêt les rapports à venir sur ces questions.

Le mouvement qui s'est engagé depuis un an va dans le bon sens. Il doit être poursuivi pour permettre au résident coordonnateur d'accomplir au mieux sa tâche en intégrant l'ensemble des organismes de développement du système des nations Unies, y compris les agences spécialisées .

Monsieur le Président,

Le rapport sur l'analyse statistique globale du financement des activités opérationnelles de développement pour 2006 (E/2008/46) montre une légère augmentation de l'aide versée aux organismes des Nations Unies en valeur nominale en 2006 et une légère décroissance en valeur réelle.

Il souligne également que l'année 2005 a été une année atypique en raison des besoins engendrés par les deux crises humanitaires en Asie. Les comparaisons avec les résultats de l'année 2006 doivent donc être faites avec prudence, compte tenu du caractère exceptionnel de l'année 2005. L'accroissement des contributions de pays n'appartenant pas au CAD de l'OCDE constitue par ailleurs une évolution encourageante.

Enfin, et pour la première fois depuis 2002, la part relative des ressources de base dans l'ensemble des contributions a légèrement augmenté. Ceci est un élément important qu'il convient également de relever, bien que les résultats soient inégaux selon les organismes.

Cependant, et malgré cette légère amélioration, les ressources de bases continuent à être trop faibles par rapport à l'ensemble des ressources dont dispose le système. Or, par leur caractère non affecté, elles constituent le socle indispensable à la cohérence et à l'harmonisation des activités opérationnelles. Il convient à cet égard de rappeler le cercle vertueux qui existe entre la qualité des financements et l'amélioration de la cohérence et de l'efficacité du système, et de souligner que les deux se confortent mutuellement.

C'est pourquoi l'UE appelle à la poursuite de la mobilisation des donateurs pour que soient données au système les ressources suffisantes, stables et prévisibles qui lui sont indispensables pour assumer pleinement son rôle et répondre aux défis grandissants du monde à venir.

Monsieur le Président,

Nous aimerions exprimer notre grande satisfaction du travail effectué par le DESA pour améliorer le recueil des statistiques et la fiabilité des données financières. L'amélioration de la cohérence globale du système passe en effet par l'amélioration et la normalisation des systèmes de données. Pour la première fois, des chiffres détaillés relatifs aux contributions d'agences spécialisées ont été prises en compte dans le rapport . Des premiers pas vers une harmonisation des systèmes de données ont été engagés et nous appuyons la poursuite des efforts en ce sens car des différences trop importantes demeurent encore entre les méthodes utilisées par l'ONU et le CAD/OCDE pour définir, classer et présenter les contributions versées aux organismes des Nations Unies.

Nous avons également relevé avec satisfaction les mesures prises et envisagées pour créer un système global de publication de données.

Monsieur le Président, il est essentiel que les efforts très sensibles entrepris dans ce domaine soient poursuivis avec la même intensité qu'ils l'ont été en 2006. Le rapport fournit à cet égard des indications précises, et précieuses, sur les défis qui demeurent et les travaux à engager pour avancer dans cette voie.

Monsieur le Président,

En adoptant la résolution 62/208, l'Assemblée Générale a montré sa détermination à vouloir renforcer la capacité du système de développement des Nations Unies, à travailler de façon plus cohérente et plus efficace pour répondre aux besoins de ses Etats membres et aux enjeux du monde à venir. Les rapports des pays qui se sont le plus engagés dans cette voie confirment que ces efforts conduisent à une amélioration des contributions du système des Nations Unies.

Les progrès enregistrés sont la preuve que les Etats membres ont conscience de ces enjeux et que les efforts de tous doivent être poursuivis.

Je vous remercie.


* La Croatie et l'ancienne République yougoslave de Macédoine continuent à participer au processus de stabilisation et d'association

  • Ref: PRES08-207EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: ECOSOC (Conseil économique et social), (y compris Commissions fonctionnelles)
  • Date: 11/7/2008


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