
Sommaire: 9 juillet 2008 - Débat du Conseil de sécurité sur l'Afghanistan Rapport spécial du Secrétaire général sur l'adaptation de la configuration de la MANUA, Nations unies Conseil de sécurité , intervention de S.E. M. Jean-Maurice Ripert, au nom de l'Union européenne
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de prendre également la parole au nom de l'Union européenne et des pays qui ont souscrit à cette déclaration.
Je souhaite vous remercier, Monsieur le Président pour la tenue de ce débat, ainsi que MM. Eide et Holmes pour leurs exposés. Je salue également la présence des Ministres des affaires étrangères de l'Afghanistan et du Pakistan.
Monsieur le Président,
L'Union européenne salue la tenue de la Conférence internationale de soutien à l'Afghanistan le 12 juin dernier à Paris. Je voudrais réaffirmer ici l'adhésion pleine et entière de l'Union européenne à la déclaration finale publiée sous les auspices des Présidents français et afghan et du Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon.
L'Union européenne salue l'identification de priorités par le rapport du Secrétaire général et rappelle à cet égard les messages politiques essentiels qui ont été articulés à Paris, parmi lesquels :
D'abord, le renforcement de la démocratie à travers des institutions afghanes compétentes, transparentes et représentatives. De ce point de vue, l'Union européenne souligne l'importance de la préparation des élections de 2009 et de 2010.
Ensuite, le soutien de la communauté internationale à la stratégie nationale de développement de l'Afghanistan (ANDS) et à l'encadrement que le Pacte pour l'Afghanistan (« Afghanistan Compact ») continue à donner aux actions du gouvernement afghan et de la communauté internationale, en son soutien. Environ vingt milliards de dollars ont été promis pour financer la mise en œuvre de cette stratégie nationale. L'accent a été mis, dans ce contexte, sur l'importance de l'amélioration de l'efficacité
de l'aide pour qu'elle profite concrètement aux Afghans. C'est un aspect essentiel.
La déclaration de Paris place également au rang des priorités le renforcement de la présence du gouvernement afghan dans les provinces, la lutte contre la corruption et la sauvegarde des acquis démocratiques tels que la liberté d'expression, le respect des droits de l'homme en Afghanistan, y compris la promotion de la parité entre hommes et femmes ;
Enfin, je tiens à souligner devant ce Conseil les engagements pris par les autorités afghanes lors de la conférence en matière de lutte contre la drogue, question sur laquelle le Conseil n'est pas resté inactif avec l'adoption de la résolution 1817 sur le contrôle des précurseurs de l'héroïne, laquelle a été co-parrainée notamment par l'Afghanistan. Il est nécessaire maintenant de travailler à la mise en œuvre de ses dispositions, par l'Afghanistan, mais aussi par les pays voisins, les pays de
transit et les pays producteurs.
Monsieur le Président,
L'Afghanistan est une priorité pour la France et pour l'Union Européenne. C'est vrai de ses Etats membres, engagés dans la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité ou les missions civiles. Ca l'est également de la Commission européenne, qui a déjà consacré 3,7 milliards d'euros à la reconstruction de l'Afghanistan depuis 2002 et prévoit, dans sa stratégie d'assistance pour 2007-2013, un engagement de 610 millions d'euros jusqu'en 2010. L'engagement de l'Union européenne se traduit enfin
par la mission de police EUPOL, qui vient de passer sa première année d'activité et compte à ce stade 170 personnels internationaux, répartis à Kaboul, ainsi que dans le Nord, l'Ouest et le Sud et couvrant 14 provinces afghanes. L'Union européenne a décidé de doubler les effectifs de cette mission.
La Conférence de Paris a traduit l'expression d'une responsabilité partagée par la communauté internationale et les autorités afghanes afin de renforcer l'efficacité et la qualité de l'aide. Chaque Afghan doit avoir accès dans sa vie quotidienne au bénéfice de l'aide apportée. D'un côté, la communauté internationale doit apporter une aide plus cohérente et coordonnée notamment grâce au rôle accru de coordination du Représentant spécial du Secrétaire général et de la Mission d'assistance des
Nations unies en Afghanistan (MANUA), qui bénéficie davantage au budget national afghan et mobilise les ressources humaines afghanes. De l'autre, le gouvernement afghan s'est engagé à amplifier les réformes pour que les structures gouvernementales soient transparentes et qu'elles rendent des comptes.
Monsieur le Président,
Après avoir entendu M. Holmes et Eide, j'aimerais enfin rappeler l'importance qui s'attache au renforcement de la sécurité, qui est une des premières priorités des Afghans. A cet égard, l'Union européenne exprime sa grave inquiétude face à l'augmentation sans précédent des actes de violence perpétrés par les insurgés. Je veux réaffirmer avec force que l'Union européenne condamne avec la plus grande fermeté les attaques terroristes contre les civils - telle que l'attaque contre l'Ambassade
indienne, que notre Conseil a condamnée - mais aussi les attaques contre les personnels et les convois humanitaires, qui privent les populations de l'aide d'urgence dont elles ont besoin.
L'UE réaffirme son attachement à la préservation de l'espace humanitaire et rappelle à toutes les parties qu'elles doivent assurer la protection des populations civiles et respecter l'ensemble de leurs obligations au regard du droit international, notamment du droit international humanitaire.
Pour conclure, je voudrais remercier encore le Secrétaire général pour son rapport et son représentant spécial, M. Kai Eide, pour son exposé. Tous deux formulent d'importantes recommandations sur l'avenir de la MANUA et l'adaptation de sa configuration aux conclusions de la Conférence de Paris. Le Secrétaire général et son représentant spécial peuvent compter sur le soutien de l'Union européenne dans la traduction opérationnelle de ces recommandations.
Je vous remercie.
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