
Sommaire: le 9 mai, Bruxelles - Message en commémoration du Jour de L'Europe de la part de la Commissaire de l'UE, Ferrero-Waldner.
Le 9 mai, Bruxelles - L'année 2008 est une année extrêmement importante pour l'Europe. C'est en effet la première fois, depuis l'élargissement de l'espace Schengen vers l'est, qu'en cette journée de l'Europe, les populations de pays autrefois divisés par le rideau de fer peuvent voyager librement dans toute l'Europe. Cette année, nous célébrons aussi le dixième anniversaire de l'Union monétaire européenne, l'un des symboles les plus forts de l'UE. La zone euro est appelée à s'étendre à des
pays qui, il y a moins de vingt ans, vivaient encore sous le joug d'une économie totalitaire contrôlée par l'État.
La mise en commun de nos ressources et l'établissement de liens toujours plus étroits au sein de l'Europe nous ont permis d'unifier notre continent dans la paix et d'apporter ainsi la liberté, la sécurité et la prospérité à nos citoyens.
Nos réalisations intérieures déterminent sans cesse davantage notre place dans le monde. Avec une population totale de près de 500 millions d'habitants et un quart des revenus mondiaux, l'UE représente actuellement plus d'un cinquième du commerce mondial. Nous assurons plus de la moitié de l'aide au développement et humanitaire mondiale, et l'euro est devenu la deuxième monnaie internationale d'échange et de réserve, conférant ainsi une influence majeure à l'UE dans le monde.
Une influence croissante entraîne des responsabilités accrues. Nous devons nous montrer à la hauteur en tâchant d'établir un consensus mondial pour relever les défis auxquels nous sommes tous confrontés, qu'il s'agisse de terrorisme international, de la prolifération des armes de destruction massive, de la criminalité organisée ou de la déliquescence des États. L'approvisionnement énergétique et le changement climatique viennent s'ajouter à ces défis pour accroître encore les exigences
auxquelles les générations futures devront faire face.
Le changement climatique ne constitue pas seulement un problème environnemental et économique; il est un "multiplicateur" qui accroîtra les risques auxquels seront confrontées les sociétés de presque tous les endroits du globe. Le changement climatique intensifiera les pénuries d'eau et d'aliments, aggravera la pauvreté, détériorera les conditions sanitaires, et risque de générer une concurrence accrue dans la recherche des ressources naturelles. Si les pays les plus faibles n'arrivent pas à
s'adapter, on pourrait même assister à des migrations forcées et à une éventuelle radicalisation ainsi qu'à une faillite des États qui poseraient des risques pour la sécurité intérieure et extérieure.
L'UE donne l'exemple et s'est engagée à réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20 %. En outre, elle fait passer à 20 % la part des énergies renouvelables consommées à l'horizon 2020. Nous sommes prêts à porter la réduction des émissions à 30 % dans le cadre d'un nouvel accord mondial sur le changement climatique si les autres pays développés consentent des efforts comparables.
L'UE, fidèle à ses engagements, a pris la tête dans la mobilisation de la communauté internationale. Nous avons engagé un processus intensif de «diplomatie verte» avec nos partenaires du monde entier, en prenant sur le terrain des mesures d'atténuation et d'adaptation, en coopérant étroitement avec les Nations unies pour internationaliser la réponse et renforcer un multilatéralisme efficace dans le cadre de la préparation du sommet de Copenhague de 2009, de même que sous la présidence japonaise
du G8, en faisant participer activement nos pays partenaires dans toutes les enceintes pertinentes et en intégrant le changement climatique dans toutes les politiques communautaires.
L'autre volet du problème est celui de la sécurité énergétique, auquel il est impératif de s'atteler pour que notre réponse soit efficace. Il s'agit là d'un défi mondial affectant les pays producteurs, de transit et consommateurs, qui sont tous extrêmement interdépendants. Les pays producteurs ont besoin de marchés économiquement forts et stables pour leurs produits énergétiques, alors que les pays consommateurs et de transit recherchent un approvisionnement énergétique sûr et stable pour
répondre à leurs besoins. L'UE assume son rôle en favorisant le dialogue et la coopération entre les pays producteurs, de transit et consommateurs, en promouvant l'efficacité énergétique et en encourageant les autres à utiliser des sources d'énergie plus diversifiées.
Nous devons améliorer la gouvernance mondiale pour contribuer à relever les défis mondiaux, assurer la protection et le bien être de nos citoyens et éviter que les menaces ne deviennent sources de conflits. Nous devons affronter les menaces qui pèsent sur la sécurité humaine en concentrant nos efforts sur les personnes. Le cercle vicieux de la pauvreté et de la violence doit être brisé et, pour ce faire, nous devons tous apporter notre contribution. C'est pourquoi nous continuerons de
promouvoir l'adoption de mesures pour la prévention des conflits, le renforcement de la paix, la reconstruction après un conflit, la gouvernance démocratique, la protection des droits de l'homme, le développement socioéconomique et l'autonomisation des femmes.
À l'ère des menaces et des opportunités mondialisées, nous devons nous engager pleinement en faveur du respect et de la compréhension mutuels. Nous devons tout mettre en œuvre pour réduire autant que possible les haines et porter la raison au pouvoir. C'est pourquoi l'Union européenne a proclamé 2008 année européenne du dialogue interculturel et encourage un dialogue structuré par l'intermédiaire de ses programmes et initiatives, particulièrement dans le cadre de la politique européenne de
voisinage.
Car l'Union européenne est un espace en constante évolution, à la fois pour répondre aux exigences nouvelles de ses citoyens et s'adapter aux mutations qui s'opèrent dans le monde qui l'entoure. À cet égard, les nouvelles dispositions institutionnelles qui feront suite à la ratification du traité de Lisbonne constituent une étape importante. L'UE sera structurée de manière plus rationnelle et sera dotée d'institutions modernes et de méthodes de travail optimisées permettant de relever de
manière efficace et effective les défis du monde d'aujourd'hui.
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