La cohérence entre les politiques de l'UE et les objectifs de développement s'est améliorée mais elle pourrait encore être renforcée
Sommaire: le 21 septembre 2007, Bruxelles - La Commission européenne a adopté ce jour le premier rapport de l'Union européenne sur la cohérence des politiques au service du développement (CPD). Ce rapport souligne les interactions et les complémentarités qui existent entre la politique de développement et douze autres politiques internes et externes de l'UE qui ont un impact sur les pays en développement.
La CPD joue un rôle clé dans le renforcement de la contribution qu'apporte l'Union européenne aux progrès déployés par les pays en développement en vue d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). L'objectif recherché est de renforcer le plus possible l'impact positif que ces politiques peuvent avoir sur les pays partenaires tout en évitant les incohérences. La conclusion générale est que la cohérence entre les politiques de l'UE et les objectifs de développement
s'est améliorée mais qu'il est encore possible de progresser. En 2005, l'Union européenne a arrêté des engagements en matière de CPD dans douze domaines d'action: commerce, environnement, changement climatique, sécurité, agriculture, pêche, dimension sociale de la mondialisation, emploi et travail décent, migration, recherche et innovation, société de l'information, transport et énergie. L'importance de la CPD se reflète dans le Consensus européen sur le développement.
«Parallèlement aux efforts que l'Union européenne déploie dans le domaine de l'aide, ce document phare montre l'importance que l'Europe attache aux objectifs du Millénaire pour le développement», a déclaré Louis Michel, commissaire européen chargé du développement et de l'aide humanitaire. «Nous allons à présent examiner les conclusions du rapport avec l'ensemble des acteurs intéressés, notamment les États membres, les pays en développement, la société civile et le Parlement européen.
L'objectif est de les sensibiliser au potentiel énorme que présentent des mesures susceptibles d'accélérer les progrès en matière de réduction de la pauvreté dans le monde. Car il ne s'agit pas tant de faire plus (en augmentant l'aide) que de faire mieux».
Une conclusion clé du rapport est que les douze domaines de la CPD sont tous importants, en fonction à la fois du contexte mondial et de la situation de chacun des pays en développement. Par exemple:
- La politique de la pêche peut apporter une contribution extrêmement importante aux OMD dans de nombreux pays en développement. Grâce à l'accord de partenariat dans le domaine de la pêche, un pays comme la Mauritanie reçoit une aide au développement cinq fois plus importante que celle de la CE.
- Dans le domaine de la migration, les mesures visant à favoriser «la circulation des cerveaux plutôt que leur fuite» sont essentielles. Les envois de fonds vers les pays en développement effectués par les migrants en 2005 ont été plus importants que l'aide publique au développement. Lorsqu'ils sont utilisés efficacement, ces envois de fonds peuvent réduire le taux de pauvreté.
- Ce sont les pays en développement et les populations les plus pauvres qui seront touchés les premiers et le plus durement par les changements climatiques. La politique dans le domaine du climat poursuivie par l'Union européenne, qui a pour objectif à long terme de contenir l'augmentation de la température du globe à 2°C en moyenne par rapport aux niveaux de l'époque préindustrielle, profitera directement et indirectement à ces pays.
- La politique de recherche de l'UE soutient des programmes portant sur des domaines qui présentent un intérêt pour les pays en développement et contribue à l'acquisition de connaissances adaptées au contexte considéré et au renforcement des capacités dans le Sud.
Le rapport de l'Union européenne fournit de nombreux autres exemples et observe également qu'il subsiste certaines carences. Le dialogue avec les pays en développement sur les effets des politiques communautaires autres que les politiques d'aide doit ainsi être renforcé aux niveau tant national et régional que mondial. Il convient également de réfléchir à la pertinence de l'approche en matière de CPD par rapport aux propres politiques des pays en développement, étant donné que dans la plupart
des domaines d'action, l'impact positif que peuvent avoir les politiques de l'UE dépend des efforts parallèles qu'engagent les pays partenaires.
«La CPD représente une dimension de la politique de développement de l'UE qui continuera de se développer de façon considérable dans les prochaines années», a souligné M. Michel. «Elle contribuera fortement à renforcer l'impact de notre aide à un moment où l'Union européenne consent des efforts très importants pour accroître son aide publique au développement sur le plan tant de son volume (en la portant à 0,7% de son RNB d'ici 2015) que de son efficacité».
L'importance de la CPD est désormais reconnue par la Commission et les États membres de l'UE, comme en témoignent les nombreux mécanismes mis en place en vue de la promouvoir. L'UE en est cependant encore à une phase initiale pour ce qui est de la CPD. La cohérence des politiques sera au cœur des discussions des ministres de l'UE chargés du développement qui se réuniront aujourd'hui et demain à Madère (Portugal) pour un conseil informel organisé dans le cadre de la présidence portugaise.
Lien vers le rapport:
Rapport de l'UE sur la cohérence des politiques pour le développement
- Ref: EC07-214EN
- Source UE: Commission Européenne
- UN forum:
- Date: 21/9/2007
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