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Discours de Commissaire Michel : Stabilité économique et développement de la région Pacifique, le rôle du partenariat UE - Pacifique

Sommaire: Discours de Commissaire Michel : Stabilité économique et développement de la région Pacifique, le rôle du partenariat UE - Pacifique (Paris: 26 juin 2006)

Discours de Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, «Stabilité économique et développement de la région Pacifique, le rôle du partenariat UE - Pacifique» 2ème Sommet France-Océanie

Monsieur le Président,

C'est avec grand plaisir que je vois réunis à Paris, à l'invitation de la France, les Chefs d'Etat et de Gouvernement et les Ministres des Affaires étrangères du Pacifique.

Je voudrais remercier chaleureusement le Président Chirac d'avoir invité la Commission européenne à ce Sommet. Je suis très heureux d'être présent à cette réunion, connaissant son engagement déterminé en faveur de la région du Pacifique.

Vous le savez, la Commission vient d'adopter une Communication qui propose à l'UE une nouvelle vision pour ses relations avec les îles du Pacifique.

Cette Communication tient compte de nos 30 années de coopération sous les Conventions de Lomé et de l'Accord de Cotonou. Elle exprime une vision très proche de votre Déclaration d'Auckland de 2004 : celle d'une région de paix, d'harmonie et de prospérité, fondée sur les valeurs de la démocratie, le respect et la promotion des droits de l'homme et la bonne gouvernance.

Une vision que vous avez d'ailleurs entrepris de concrétiser au travers du « Plan Pacifique » adopté au sommet du Forum de Port-Moresby en octobre 2005.

Ce Plan Pacifique montre à quel point l'objectif de croissance économique ne peut être réalisé que si le développement durable est aussi visé. Mais ni l'un ni l'autre ne sont réalisables si la bonne gouvernance et la sécurité ne sont pas garanties.

La Communication que la Commission européenne vient d'adopter s'inscrit parfaitement et dans la droite lignée de votre « Plan Pacifique ».

En effet, ses objectifs sont les suivants :

Un engagement renforcé en faveur de la sécurité et de la bonne gouvernance ;

Un engagement en faveur de l'intégration régionale à tous les niveaux, notamment à travers un accord de partenariat économique ;

Un engagement en faveur de la gestion durable des ressources naturelles.

Nous savons tous que ce n'est que lorsque la paix, la sécurité, la démocratie et l'Etat de droit sont garantis qu'une bonne gestion économique peut se déployer et apporter stabilité et croissance. Votre région en a fait l'expérience, en Papouasie, dans les îles Salomon, ou encore dans les îles Fidji.

L'expérience montre par ailleurs que les pays qui bénéficient des taux de croissance et d'emploi les plus élevés sont ceux qui :

Suivent des politiques macro-économiques saines,

Diversifient leur économie,

Encouragent le secteur privé et la concurrence en renforçant les fonctions régaliennes des Etats. Le capitalisme n'est vertueux que si la puissance publique lui impose des règles et des limites.

Comment la Communication Pacifique de la Commission européenne prévoit-elle de contribuer à la réalisation de ces objectifs ?

Tout d'abord, l'Union européenne n'entend pas dupliquer le rôle du FMI ou d'autres institutions, avec lesquelles nous travaillons dans un esprit de complémentarité.

Ce que nous voulons, c'est agir là où nous avons notre valeur ajoutée. Je crois avec force que les mécanismes qui ont apporté la paix et la prospérité à l'Europe sont les mêmes qui peuvent créer la stabilité et le développement dans vos pays. L'Europe est devenue la première puissance économique du monde en organisant et en réussissant son intégration régionale. Cette dimension est fondamentale.

Vous le savez, à cette fin, l'Union européenne dispose d'un instrument spécifique : l'Accord de Partenariat Economique.

Nous considérons l'Accord de Partenariat Economique comme un instrument de développement en soi, précisément parce qu'il implique les réformes nécessaires à la stabilité et à la croissance économique, qui sont déterminantes pour la réduction de la pauvreté.

Au titre du 9ème FED, nous avons fourni aux pays ACP du Pacifique l'aide dont ils ont besoin pour leur permettre de mieux s'insérer dans l'économie mondiale, comme le soutien à leur propre accord de libre échange, le soutien au Doha Development Agenda, et bien sûr, à l'APE.

Des résultats appréciables ont été enregistrés : un bureau de représentation du Forum est installé auprès de l'OMC à Genève depuis 2004; une importante cellule « Assistance Technique Commerce » opère depuis le Secrétariat du Forum à Suva ; une assistance technique de qualité est fournie de façon permanente à 5 pays de la région.

Ceci a trait à la capacité en matière de politique commerciale et de négociation. Mais nos programmes actuels ciblent aussi la capacité de réponse au travers du développement de secteurs comme la pêche et le tourisme.

A l'avenir, il est donc essentiel que les négociations commerciales se poursuivent, et qu'un lien étroit continue à être établi avec la programmation de l'aide.

Dans la terminologie des APE, ce lien est assuré par des groupes de suivi, appelés Regional Preparatory Task Forces. Je constate que, dans le cas du Pacifique, un tel mécanisme n'a pas encore été instauré. Ceci est d'autant plus regrettable que la programmation du 10ème FED a déjà commencé.

Ceci dit, la Commission et le Secrétariat du Forum en tant qu'Ordonnateur Régional veillent à ce que la « dimension développement » soit assurée, en veillant à ce que la programmation de l'aide se fasse en tenant compte de la structure d'un éventuel Accord de Partenariat Economique pour le Pacifique.

Aussi flexible qu'un Accord de Partenariat Economique du Pacifique puisse être, il devrait en tout cas traiter du commerce des services et prévoir des engagements en faveur de la pêche durable. Dans cet esprit, la programmation indicative régionale du 10ème FED prévoit comme secteurs de concentration la gestion et la conservation des ressources naturelles et le développement des ressources humaines.

C'est aussi pour cette raison que la Communication Pacifique met l'accent sur ce que nous avons appelé le thème bleu-vert, c'est-à-dire la gestion et la conservation des ressources naturelles. En effet, ce n'est qu'en protégeant et en exploitant ces ressources de façon responsable que nous assurerons la stabilité et la croissance économiques pour les années à venir.

Dans le sillon de l'accord « FRANZ », nous pourrions commencer par la lutte contre la pêche illégale.

D'autres programmes pourraient concerner la gestion durable des ressources agricoles et sylvicoles ; la protection des habitats et des zones protégées ; la gestion des ressources en eau ; la gestion des déchets et l'énergie renouvelable.

De tels programmes permettront de renforcer la coopération régionale à tous les niveaux.

Mais, au-delà, ce sont aussi les institutions à travers lesquelles cette coopération régionale est assurée qui s'en trouveront renforcées, en parfait accord avec le plan Pacifique.

Je voudrais ici souligner le rôle très important des Pays et Territoires d'Outre-Mer français ou britanniques, car ils appartiennent à plusieurs de ces institutions et participent déjà à bon nombre de programmes régionaux ACP, notamment au travers de la Commission du Pacifique Sud. Avec leur important pouvoir d'achat et leur excellent capital humain et d'infrastructure, ils offrent aux ACP une tête de pont vers l'Union européenne et le reste du monde, encourageant un désenclavement réciproque.

A la lumière de ce qui précède, on voit s'esquisser une communauté du Pacifique fière de ses particularismes, mais en même temps ouverte au monde, au sein de laquelle nos partenaires australiens et néo-zélandais ont une très grande contribution à apporter, surtout pour l'essor économique de la région Pacifique.

Voici résumée en quelques mots la façon dont l'Union européenne entend contribuer à la stabilité économique et au développement de la région du Pacifique.

Et nous adapterons nos moyens à la hauteur de nos ambitions. Ainsi, pour la période 2008-2014, plus de 500 millions d'euros (hors-PTOM) seront mis à la disposition des pays et de la région ACP du Pacifique. Même en tenant compte du nombre accru de pays et de la croissance démographique intervenue depuis 1995, ceci reste le montant par habitant de très loin le plus élevé parmi toutes les régions ACP.

Monsieur le Président,

Je voudrais également, répondant à votre appel, confirmer notre totale disponibilité en faveur d'une politique active de soutien à la culture de nos pays partenaires. En automne, je présenterai une communication qui définira les liens étroits qui existent entre culture et développement. Nous partageons votre conviction que la culture est un vecteur de développement. Et nous sommes disposés, si la Région Pacifique le demande, d'engager des moyens adéquats dans ce secteur.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les participants à ce deuxième Sommet France-Océanie,

L'Union européenne est un partenaire économique important pour les pays du Pacifique. Toutefois elle ne peut évidemment, seule, apporter la masse critique pour forcer la croissance économique dans la région.

Ce chemin est collectif. Une excellente coopération sera nécessaire avec les autres grands partenaires de la région Pacifique que sont l'Australie et la Nouvelle Zélande, toutes deux membres à part entière du Forum des Iles du Pacifique. L'Union européenne veut et peut contribuer à soutenir la viabilité économique d'une région Pacifique aussi large et inclusive que possible, capable de définir son destin collectif. Nous sommes en tous cas totalement motivés et mobilisés à cette fin.

Je vous remercie pour votre attention.

  • Ref: SP06-276FR
  • Source UE: Commission Européenne
  • UN forum: 
  • Date: 26/6/2006


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