
Sommaire: 21 septembre 2001: Intervention au nom de l'UE par M. Stéphane De Loecker, Représentant permanent adjoint de la Belgique auprès des NU. La situation en République centrafricaine (RCA) (New York)
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe Centrale et Orientale associés à l'Union européenne, Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et les pays associés Chypre, Malte et la Turquie se rallient à cette déclaration.
Monsieur le Président,
L'UE se félicite de l'attention que le Conseil de sécurité a souhaité porter à la situation actuelle en République centrafricaine (RCA). Il est nécessaire que la Communauté internationale maintienne son attention sur ce pays, enclavé au cœur de l'Afrique centrale et confronté à de multiples problèmes d'ordre politique, économique, social et sécuritaire. Le rapport que vient de nous présenter le Représentant du Secrétaire général Cissé nous fournit des idées intéressantes et des recommandations
concrètes pour aider ce pays à surmonter ces problèmes.
Tout comme les autres pays de l'Afrique centrale, la RCA n'est pas épargnée par les fléaux transnationaux qui bouleversent la région depuis plusieurs années. Les effets des conflits dans les pays voisins se font sentir, notamment par la prolifération des petites armes qui alimente l'insécurité et le banditisme. Aujourd'hui, la RCA est l'hôte de milliers de réfugiés venant de nombreux pays, tandis que des milliers de ses ressortissants sont réfugiés au Congo-Brazzaville et en République
Démocratique du Congo (RDC). Comme l'a indiqué le Secrétaire général (SG), l'étroite imbrication de la crise en RDC et de la situation en RCA est particulièrement préoccupante. La communauté internationale doit établir une stratégie globale afin d'adresser les multiples problèmes régionaux qui sont interconnectés.
Monsieur le Président,
La Communauté internationale se doit de poursuivre ses efforts en direction de la RCA. Des programmes d'assistance multidimensionnels aussi bien bilatéraux que multilatéraux sont nécessaires. La Communauté internationale a contribué de façon cruciale à stabiliser le pays et rétablir l'ordre public au lendemain des mutineries de 1996 et 1997 d'abord par l'établissement d'une mission inter-africaine, la MISAB, et après par le biais d'une mission de maintien de la paix de l'ONU, la MINURCA, dont
les succès furent salués. Les Nations Unies ne peuvent désormais échouer en matière de consolidation de la paix. Le BONUCA a un rôle central dans cet effort, tout comme nombre d'acteurs, au premier plan desquels se trouvent le Président et le gouvernement de la RCA, démocratiquement élus à la suite d'élections législatives et présidentielles préparées et tenues sous l'égide des Nations Unies.
L'UE attache une importance particulière à la réalisation d'une véritable réconciliation nationale et appuie les efforts du BONUCA pour intensifier le dialogue politique. En effet, le manque d'un véritable dialogue suscite des tensions qui peuvent vite donner lieu à des situations explosives comme ce fut le cas en mai dernier. L'UE a condamné sans équivoque la tentative de coup d'Etat, et a demandé aux parties de s'engager dans la voie du dialogue politique et de respecter l'ordre
constitutionnel, l'Etat de droit ainsi que les droits de l'homme. Un autre volet de la réconciliation nationale réside dans la bonne entente pacifique entre les différentes composantes de la société. Le gouvernement centrafricain doit prendre toutes les mesures qui relèvent de sa compétence afin de mettre terme à tous les actes de violence inspirés par la haine ethnique.
Monsieur le Président,
L'UE est disposée à continuer d'apporter son assistance à la RCA. A la suite de la crise de mai dernier, l'UE a livré un soutien financier immédiat d'1 million d'euros pour la couverture des besoins alimentaires et sanitaires pendant 6 mois d'environ 80.000 déplacés banguissois et afin d'accompagner leur retour et réinstallation dans leurs quartiers de provenance.
L'UE a également versé un montant de 11,5 millions d'euros sous forme d'appui budgétaire. Elle discute, à l'heure actuelle, avec les autorités centrafricaines et en étroite coordination avec les institutions financières internationales les modalités pour un deuxième versement. Celui-ci devrait s'effectuer en fonction du respect des engagements pour la mise en œuvre des réformes macro-économiques notamment au niveau de la bonne gestion des finances publiques, engagements que la RCA a pris avec
les institutions de Bretton Woods.
A moyen terme, l'UE est en discussion avec la RCA pour définir ensemble une stratégie d'appui qui inclue la poursuite du soutien au programme de réformes économiques, tenant compte en particulier des secteurs sociaux tels que la santé et l'éducation. A cet égard, nous engageons le gouvernement de la RCA à présenter à ses partenaires d'aide au développement des projets précis et réalistes.
En conclusion, Monsieur le Président, l'UE soutient les activités du Bureau des Nations Unies, le BONUCA, et du Représentant du Secrétaire général Cissé. Nous espérons que le renforcement du Bureau tel que proposé dans le rapport du SG aidera à accélérer le processus de redressement économique et politique de la RCA.
Monsieur le Président, je vous remercie.
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