
Sommaire: Commissaire Michel - Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et la Malaria (le 6 septembre 2005: Londres)
Louis MICHEL, Commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et la Malaria (FMLSTM), Whitehall, Londres
Monsieur le Secrétaire général,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,
En dépit des efforts importants consentis ces dernières années nous sommes toujours désespérément à la recherche d'une stratégie réellement efficace pour mettre fin aux pandémies du SIDA, de la Malaria et de la Tuberculose.
Ces trois maladies tuent chaque année plus de 6 millions d'hommes, de femmes et d'enfant en particulier dans les régions et au sein des populations les plus pauvres, pénalisant ainsi leur développement socio-économique. Il s'agit - sans contestation possible - d'une catastrophe à l'échelle de la planète tant du point de vue humain, qu'économique et social. Ces pandémies menacent la survie de familles et communautés mais aussi de pays dans leur ensemble, elle est la cause d'une insécurité et
d'un désespoir croissants.
En augmentant le volume de ses financements pour des résultats plus rapides, l'Union européenne a joué un rôle de premier plan et a montré la voie à ses partenaires.
Grâce à son impulsion et aux partenariats développés avec les ONG et le secteur privé, l'Union européenne a permis une diminution de plus de 90% du prix des médicaments appelé «life saving». La Commission européenne est allée jusqu'à prendre l'initiative d'améliorer la coordination de la recherche-développement de certains produits comme la vaccin contre le SIDA.
Au cours des trois dernières années, la Commission européenne a multiplié par trois le montant des budgets qu'elle consacre à la lutte contre le SIDA, la Malaria et la Tuberculose dans le cadre de ses programmes d'appui aux pays touchés. Avec le soutien constant du Parlement européen et des Etats membres, la Commission a versé entre 2003 et 2006 - toutes procédures confondues - un total de 1,1 milliard d'euros1.
En plus de ses outils traditionnels d'aide au développement, la Commission a joué un rôle central dans la mise en place du Fonds mondial et dans la mobilisation de sommes importantes pour la recherche de nouveaux médicaments. A titre d'exemple, je mentionnerais la contribution de 200 millions d'euros au Programme de Partenariat des Pays Européen et en Développement sur les essais cliniques qui soutien les activités de d'essais cliniques ayant pour cible des interventions contre le SIDA, la
Tuberculose et la Malaria en Afrique.
La propagation de ces épidémies ainsi que leurs conséquences rendent nécessaires une action plus forte et plus résolue de tous. Nous, Commission Européenne, ainsi que l'ensemble des Etats membres, nous allons accroître notre engagement et notre implication.
A la fin de l'année dernière, la Commission a adopté un nouveau cadre pour une politique coordonnée de lutte contre ces pandémies mobilisant l'ensemble des instruments de l'action extérieure.
Au cours de la première partie de l'année 2005, nous avons concrétisé cette approche dans le cadre d'un Programme d'action de lutte contre le SIDA, la Tuberculose et la Malaria. Conformément au rôle et à l'influence de l'Europe en matière de développement nous allons ainsi être en mesure de proposer une réponse adaptée aux défis posés par ces trois maladies.
Je voudrais maintenant citer les trois secteurs d'intervention dans lesquels je souhaite que la Commission prenne de manière urgente des initiatives significatives.
Premièrement, il s'agit des produits génériques qui sont d'une très grande utilité et dont nous devons parvenir à faire baisser les prix. Je prendrais prochainement, avec mes collègues de la Commission, une initiative en la matière.
Deuxièmement, nous devons trouver des solutions pour remédier au manque de ressources humaines dans le domaine de la santé en particulier en Afrique. Je m'y efforce afin d'être en mesure d'agir rapidement dans ce domaine particulièrement préoccupant.
Troisièmement, nous devons renforcer les capacités de recherche afin de parvenir à développer ces vaccins tellement attendus. Je vais travailler avec les représentants du secteur privé afin d'identifier et de développer les incitations dont ils ont besoins.
Comme beaucoup d'entre vous le savent déjà, j'ai récemment présenté, aux Etats membres ainsi qu'au Parlement européen, un texte pour une nouvelle politique de développement de l'Union Européenne. Nous nous devons en effet d'être à la hauteur des défis rencontrés en matière de développement par les pays partenaires de l'Union.
Je peux dès à présent vous assurer que la lutte contre le SIDA, la Tuberculose et la Malaria continuera à avoir une place centrale dans le soutien apporté par la Commission européenne à ses partenaires. L'objectif est - et continuera d'être - d'aider nos partenaires à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). L'UE s'est ainsi récemment engagée à accroître significativement les moyens financiers mobilisés pour atteindre ces objectifs.
Membre fondateur du Fonds mondial, la Commission européenne joue depuis très activement son rôle de partenaire. Je suis particulièrement fier de rappeler que ce Fonds de lutte contre le Sida, la Tuberculose et la Malaria a commencé ses activités au cours de l'été 2001 à Bruxelles - sous présidence belge - dans le cadre d'un groupe de travail de transition. Ce qui compte le plus à mes yeux c'est que depuis - grâce aux efforts de l'ensemble de ses partenaires - le Fonds mondial a évolué pour
devenir l'un des mécanismes de financement les plus importants et les plus efficaces. Il est aussi la preuve du leadership pris par l'Europe dans le cadre de la lutte contre ces trois maladies.
Permettez moi de vous rappeler que l'UE, c'est-à-dire la Commission et les Etats membres, est le premier contributeur du Fonds mondial depuis sa création. Plus de 50% des ressources qui lui ont été affectées jusqu'ici proviennent de l'Union.
C'est une réalité dont je suis fier. La Commission européenne a investi les moyens, financiers et humains, nécessaires au succès de cette initiative. Les résultats obtenus jusqu'ici sont significatifs. Des résultats notables ont ainsi déjà été obtenus en termes de réduction des prix des médicaments pour les pays en développement grâce à une plus grande concurrence et à la transparence des prix. La demande du marché pour des nouveaux produits a été stimulée grâce à la recherche notamment en
matière de vaccins.
Le partenariat avec les pays bénéficiaires ainsi qu'avec la société civile s'est développé dans le cadre du Mécanisme de Coordination par Pays sur lequel reposent les opérations du Fonds mondial. J'espère que nous parviendrons, dans les années à venir, à obtenir de meilleurs résultats encore en matière de mobilisation du secteur privé et de partenariats publics privés.
Parvenir à garantir des financements durables pour le Fonds mondial est certainement une clef du succès. Depuis le début, nous soutenons le processus de reconstitution des ressources du fonds. Nous avons réalisé tous les efforts possibles pour en faciliter la mise en œuvre au cours de ses différentes étapes.
Le défi devant nous demeure immense, il rend nécessaire un effort collectif de tous. La Commission européenne continuera à jouer un rôle de premier plan et sera active au sein du Conseil d'administration du Fonds mondial dont elle continuera à être membre.
Sur le plan financier notre contribution en 2006 - tous financements compris - s'élèvera à un minimum de 90 millions d'euros. La procédure budgétaire est néanmoins toujours en cours et ce chiffre peut encore augmenter si les Etats Membres suivent le Parlement Européen.
La Commission européenne continuera à jouer son rôle leader afin de garantir pour le futur le financement des activités du fonds. Nous nous engageons, en 2007, à maintenir le niveau d'ambition, à maintenir notre part et notre poids, pour assurer que la Commission Européenne reste l'un des contributeurs principaux du Fonds. Je suis confiant que l'Union Européenne se dotera dans les prochains mois d'un cadre financier qui permettra de prendre un engagement fort pour 2007. Je sais que la
Présidence Britannique y travaille d'arrache-pied.
Je voudrais renouveler ici l'engagement personnel du Président Barroso ainsi que le mien, à garantir le soutien politique et financier de la Commission européenne à cette initiative ambitieuse. Nos efforts continus sont nécessaires pour alléger les souffrances et améliorer le bien être des millions de personnes touchées par ces trois maladies.
La volonté politique de toutes les parties engagées est dans ce contexte nécessaire pour que nous trouvions à l'avenir des ressources financières adaptées pour soutenir nos partenaires dans leur combat contre le SIDA, la Tuberculose et la Malaria.
Je vous remercie.
1Ce montant comprend les lignes budgétaires relatives aux actions de lutte contre les maladies liées à la pauvreté et aux cofinancements avec des ONG, au soutien au FMLSTM (budget de l'Union et FED), au Programme cadre de recherche VI, à l'aide humanitaire ainsi que les crédits intra ACP (FED).
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