European Union @ United Nations, Partnership in Action
 
 
Manifestations en rapport avec l'UE, dans et autour de New York: en savoir plus sur les programmes universitaires, les séminaires de réflexion, les festivals d'art et les activités culturelles.

 
EU in the USA - delegation to Washington, DC

< Retour à la page précédente

Déclaration de la Présidence de l'UE au Prepcom de la Session extraordinaire sur les enfants

Sommaire: 11 juin 2001 : Comité préparatoire de la Session extraordinaire sur les enfants. Intervention de M. Thomas Hammarberg, Ambassadeur, chef de la Délégation suédoise au nom de l'Union européenne (New York)

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les délégués,

J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne sur le point 8 de l'ordre du jour consacré au rapport du Secrétaire général, Nous les enfants : Examen de fin de décennie de la suite donnée au Sommet mondial pour les enfants. Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie), les autres pays associés (Chypre, Malte, Turquie), ainsi que l'Islande, pays de l'AELE membre de l'Espace Economique Européen, se rallient à cette déclaration. Tous ces pays, ainsi que des pays d'Asie centrale, ont participé à la réunion régionale de Berlin du 16 au 18 mai.

Tout d'abord, l'Union européenne souhaite exprimer sa satisfaction devant le rapport du Secrétaire général. C'est à l'évidence un très important document qui comporte non seulement des données fondamentales, mais aussi une analyse complète et pertinente des facteurs clés des avancées et des obstacles rencontrés dans notre action commune pour la mise en œuvre intégrale des droits de l'enfant. Nous saluons par ailleurs les efforts accomplis par le Secrétaire général pour définir des actions prioritaires pour l'avenir. Dans l'idéal, le Document final de la Session extraordinaire devrait également répondre à ces suggestions, dont l'Union européenne soutient sans réserve l'esprit.

Nous espérons que tous les gouvernements auront la possibilité de soumettre leurs rapports nationaux de façon à ce que nous puissions disposer d'une évaluation effectivement mondiale de la mise en œuvre. Les rapports des gouvernements sur leur application de la Convention relative aux droits de l'enfant sont également d'une grande utilité.

Les dirigeants réunis en 1990 au Sommet mondial pour les enfants ont souligné l'opportunité d'une approche fondée sur les droits pour la promotion des intérêts de l'enfant. "La Convention relative aux droits de l'enfant, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée générale en novembre 1989, est le meilleur reflet des aspirations de la communauté internationale en matière de bien-être de l'enfant. Cette convention établit des normes juridiques universelles pour la protection des enfants contre la négligence, les abus et l'exploitation tout en garantissant leurs droits humains fondamentaux, droit à la survie, à l'épanouissement et à la pleine participation aux activités sociales, culturelles et autres nécessaires à leur croissance et à leur bien-être. La Déclaration du Sommet mondial appelle tous les gouvernements à promouvoir dans les meilleurs délais la ratification et la mise en œuvre de la Convention."

Cet appel a été entendu. La Convention est maintenant ratifiée par la plupart des Etats du monde. Deux importants protocoles facultatifs ont également été adoptés et il faut espérer qu'il seront bientôt largement ratifiés - l'un sur l'implication d'enfants dans les conflits armés, et l'autre concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Le message de la Convention relative aux droits de l'enfant a été intégré à la déclaration sur la mission de l'UNICEF ainsi que dans d'autres programmes des Nations Unies.

De plus, les principes et dispositions de la Convention ont été à la base d'actions de réforme au niveau national dans un certain nombre de pays. Des mesures ont été prises pour réviser la législation applicable ainsi qu'en ce qui concerne l'action des médiateurs et autres mécanismes de surveillance, la collecte de données, les programmes de sensibilisation et d'éducation et des processus budgétaires tenant compte de l'intérêt supérieur de l'enfant. Cela signifie qu'un important processus s'est engagé dans le sens d'attitudes plus favorables à l'enfant et de la création d'instruments politiques qui fassent des droits de l'enfant une réalité.

Le Plan d'action de 1990 a été un outil important pour encourager la mise en œuvre de la Convention, mettant l'accent sur la santé, la nutrition, l'éducation de base, la protection spécifique des groupes vulnérables, la non-discrimination, l'égalité entre les sexes et la réduction de la pauvreté. L'examen de fin de décennie montre clairement que la Convention relative aux droits de l'enfant a inspiré et guidé les politiques, les plans d'actions, la législation et autres mesures au plan national. La Session extraordinaire devrait être préparée et organisée pour servir les mêmes fins - en tirant parti des enseignements des onze années écoulées. Ce faisant, elle pourrait également s'appuyer sur les accords conclus lors des grandes conférences internationales des dernières décennies et de leurs réunions de suivi.

Une autre évolution capitale dans de nombreux pays a été l'émergence de groupes de la société civile œuvrant pour les droits de l'enfant. Ils ont organisé leurs propres programmes de terrain, permis aux enfants de faire entendre leur voix, donné des recommandations constructives et surveillé l'action des pouvoirs publics. Cela a contribué à la diffusion de l'idée fondamentale du partenariat pour les enfants.

En dépit de tous les efforts, toutefois, les objectifs fixés lors du Sommet mondial de 1990 n'ont pas été pleinement réalisés. Ce constat est évidemment un message clé du rapport du Secrétaire général, qui nous appelle à réfléchir - et à agir. Les conflits armés et les tensions politiques ont gravement compromis les efforts constructifs accomplis dans diverses régions. La pandémie du VIH/SIDA a atteint des proportions catastrophiques et fait des millions de victimes, dont des enfants. Durant la récession économique des années 90, les ressources consacrées aux intérêts de l'enfant, notamment le droit à l'éducation et au soins médicaux, ont été insuffisantes ; les coupes budgétaires et d'autres mesures d'ajustement structurel ont tendu à créer des disparités au préjudice des catégories vulnérables d'enfants. Ces disparités, à leur tour, ont rendu plus difficiles les actions de réforme sociale, par exemple dans la lutte contre les abus sexuels et la violence domestique.

En tout état de cause, un autre enseignement clair de la dernière décennie est que la volonté politique est un facteur important. Dans une phrase clé de son rapport, le Secrétaire général dit : "La communauté internationale a manqué la plupart des objectifs fixés lors du Sommet mondial pour les enfants, non parce qu'ils étaient trop ambitieux ou techniquement irréalisables : l'insuffisance des investissements est largement responsable de ces échecs". Cette conclusion montre quel est notre enjeu primordial : combler l'écart entre l'engagement et l'action.

La responsabilité est locale et mondiale, nationale et internationale. Chaque Etat partie à la Convention s'est engagé à dégager le maximum de ressources disponibles au bénéfice des enfants. Tous les pays sont ainsi encouragés à investir en faveur des enfants, à utiliser efficacement et rationnellement les ressources disponibles - notamment en donnant la priorité aux services sociaux de base - et aussi à s'efforcer de mobiliser de nouvelles ressources, financières, humaines et organisationnelles. Ainsi qu'il ressort du rapport du Secrétaire général : un engagement ferme et compétent de la part des dirigeants est une ressource essentielle.

La Convention met l'accent sur la nécessité de la coopération internationale et le Sommet mondial de 1990 a demandé "des transferts de ressources complémentaires appropriés vers les pays en développement aussi bien qu'une amélioration des termes de l'échange, la poursuite de la libéralisation du commerce et des mesures d'allégement de la dette." Nous sommes heureux que la Troisième Conférence sur les pays les moins avancés qui s'est tenue récemment ait apporté une contribution en ce sens. La réunion organisée en février à Londres par le gouvernement britannique a montré qu'il reste encore beaucoup à faire pour réaliser ce programme. Il faut que les gouvernements donateurs révisent le niveau de leurs contributions aussi bien que la part de celles-ci qui doit être affectée aux priorités les plus urgentes. Les stratégies de réduction de la pauvreté devraient inclure les enfants. Le partage des charges par rapport aux des programmes internationaux pour le développement sera discuté dans d'autres enceintes des Nations Unies qui ne sont pas synchronisées avec le processus de la Session extraordinaire. Il importe toutefois que les conclusions de la Session extraordinaire soient sérieusement prises en considération lors de la prochaine Conférence sur le financement du développement et de sa préparation.

L'un des enseignements tirés des onze années écoulées est qu'il importe que les objectifs et plans convenus au niveau international soient suivis avec détermination, sous la forme d'une planification plus concrète adaptée à la situation de chaque pays. Le mieux serait que chaque gouvernement, après la Session extraordinaire, définisse ses propres objectifs et finalités, en fonction de ses besoins et problèmes spécifiques. Ce sera là un test de la volonté politique des gouvernements, et c'est là que l'allocation des ressources et la mise en œuvre des plans d'action nationaux devront être une considération primordiale. C'est aussi là que les agences des Nations Unies et les autres représentants de la communauté internationale devront être prêts à un dialogue constructif.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

  • Ref: PRES01-085EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: Assemblée Générale (y compris Sessions spéciales)
  • Date: 11/6/2001


< Retour à la page précédente

Voir aussi
 

Etats Membres de l'Union Européenne