
Sommaire: 9 avril 2001 : Réunion publique du Conseil de sécurité sur le Kosovo. Intervention prononcée par M. Pierre Schori, Ambassadeur, Représentant permanent de la Suède au nom de l'Union européenne (New York)
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie), les autres pays associés (Chypre, Malte, Turquie), ainsi que le Liechtenstein, pays de l'AELE membre de l'Espace Economique Européen, se rallient à cette déclaration.
L'Union exprime son ferme soutien au Représentant spécial du Secrétaire général, M. Hans Haekkerup, dans ses efforts pour assurer l'application intégrale de la résolution 1244 du Conseil de sécurité. L'Union européenne approuve pleinement les priorités fixées par le RSSG en vue de jeter les fondements d'un Kosovo démocratique et multiethnique.
L'Union européenne est profondément préoccupée du niveau de la violence interethnique au Kosovo. Le dernier rapport préparé par le HCR et l'OSCE sur la situation des minorités au Kosovo indique que la situation sécuritaire de plusieurs groupes minoritaires, en particulier les communautés serbe et rom, se dégrade. Il est déplorable que les attaques contre ces groupes, de plus en plus, apparaissent bien organisées et coordonnées. L'Union européenne condamne fermement le recours à la violence et
l'extrémisme, ainsi que tout acte visant à dresser les communautés les unes contre les autres. A cet égard, l'Union européenne demande instamment à tous les dirigeants politiques du Kosovo, et en particulier aux leaders albanais du Kosovo investis d'une autorité politique ou morale, d'isoler les forces qui sont à l'origine de ces faits, que ce soit en paroles ou en actes.
L'Union européenne soutient les efforts de la MINUK pour intensifier le dialogue et la coopération avec les institutions appropriées de la RFY. Dans ce contexte, nous saluons, dans la récente rencontre entre le RSSG M. Haekkerup et le Président Kostunica, un grand pas en avant dans l'instauration d'une relation constructive entre la MINUK et la RFY.
L'Union européenne se félicite des premières mesures prises par les autorités de Belgrade pour mettre en œuvre la loi d'amnistie. Un nombre significatif d'Albanais du Kosovo, cependant, ne font pas encore l'objet d'un procès ou d'une inculpation. Le maintien en détention de ces personnes ne peut que renforcer les extrémistes. Nous engageons par conséquent la RFY/les autorités serbes à accélérer le processus judiciaire de libération des prisonniers politiques encore détenus.
Il est nécessaire également d'accomplir des progrès sur la question des personnes disparues. La libération des détenus politiques contribuerait à créer une atmosphère dans laquelle ce dossier pourrait être traité avec plus d'énergie. Cela serait un exemple concret d'instauration de la confiance qui pourrait faciliter un premier pas vers d'éventuels contacts entre les associations de familles au Kosovo et ailleurs en RFY.
Monsieur le Président,
L'Union européenne soutient pleinement l'initiative de mise en place d'un cadre juridique pour les institutions provisoires d'une administration autonome, avec les garanties appropriées pour les droits des minorités. La création d'un cadre juridique, et en particulier la définition des fonctions et pouvoirs des organes élus, est essentielle pour assurer avec succès des élections dans l'ensemble du Kosovo conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité. L'Union européenne souligne qu'il
importe de maintenir toutes les parties, y compris les Serbes du Kosovo, impliquées dans ce processus. L'Union européenne appuie les efforts accomplis par le Groupe de travail de la MINUK sur le cadre juridique pour achever ses travaux, après quoi une date pourra être fixée pour les élections provinciales. Dans ce contexte, nous souhaitons encourager l'OSCE à procéder aux préparatifs techniques nécessaires pour le scrutin, dans l'attente d'une décision sur la date des élections. L'Union
européenne attend de tous les groupes ethniques qu'ils apportent une participation constructive à l'élaboration du cadre juridique, et appelle la RFY/ les autorités serbes à appuyer cette importante étape de la mise en œuvre de la résolution 1244.
Monsieur le Président,
L'Union européenne demeure préoccupée par le niveau de tension dans le sud-est de la Serbie. Nous nous félicitons de l'engagement de conversations directes entre représentants serbes et albanais après la signature d'un cessez-le-feu entre les parties. Nous appelons les groupes armés d'Albanais de souche à s'en tenir strictement à ces accords et invitons instamment les parties à rester dans la voie de négociations pacifiques. Nous encourageons les deux parties à mettre en œuvre de nouvelles
mesures d'instauration de la confiance. L'Union européenne est prête à apporter son soutien concret en vue d'une solution pacifique au conflit. La Mission de surveillance de l'Union européenne, qui a atteint maintenant son effectif complet de 30 observateurs, est une importante contribution à ces efforts. Nous sommes déterminés à continuer d'œuvrer à cette fin, collectivement et individuellement, en étroite coopération avec l'OTAN et les deux parties
Monsieur le Président,
L'Union européenne se félicite de l'adoption de la résolution 1345 du Conseil de sécurité des Nations Unies concernant la situation dans le sud-est de la Serbie et dans l'ancienne République yougoslave de Macédoine. Nous partageons pleinement les objectifs de cette résolution. A l'heure où de nouvelles perspectives s'ouvrent pour la région, nous souhaitons souligner qu'il n'y a pas d'avenir pour ceux qui cherchent à atteindre leurs objectifs par le moyen de la violence, que ce soit pour une
cause nationaliste ou autre. L'Union européenne ne soutiendra que ceux qui choisissent la voie de la paix, de la démocratie, de la réconciliation et de la coopération régionale. Dans ce contexte, nous saluons la signature, aujourd'hui, de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA) entre l'Union européenne et l'ancienne République yougoslave de Macédoine.
Je vous remercie, Monsieur le Président.
| Haut |