
Sommaire: 19 novembre 2001: Intervention au nom de l'Union européenne prononcée par S.E.M. Jean de Ruyt, Représentant permanent de la Belgique auprès des Nations Unies. Suite à donner aux résultats du Sommet du Millénaire (New York)
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne : la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lithuanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et les pays associés Chypre, Malte et la Turquie, ainsi que les pays de l'AELE membre de l'Espace économique européen l'Islande, le Liechtenstein, et la Norvège, se rallient à cette déclaration.
Voici quatorze mois, nos Chefs d'Etat et de gouvernement ont adopté la Déclaration du Millénaire, réaffirmant ainsi leur foi dans l'Organisation et dans sa Charte, fondements indispensables d'un monde plus pacifique, plus prospère et plus juste. Le message lancé à cette occasion au monde entier est clair et fort: les principes et valeurs sur lesquels se fondent notre Organisation sont des principes universels, et les objectifs que nous fixons à notre Organisation ne peuvent être atteints que si
nous nous attelons tous ensemble à les atteindre.
De manière prémonitoire, nos Chefs d'Etat et de gouvernement ont rappelé avec force que les valeurs fondamentales qui doivent sous-tendre les relations internationales au XXIe siècle sont la liberté, l'égalité la solidarité, la tolérance, ainsi que le respect de la nature et le partage des responsabilités. La réaffirmation de ces valeurs a pris toute sa signification dans le monde qui émerge des décombres du World Trade Center, comme nous avons pu le constater notamment lors de la réunion
ministérielle consacrée au Dialogue des Civilisations ainsi que lors du débat général de la semaine dernière.
Monsieur le Président,
Si je commence par mentionner la Déclaration du Millénaire elle-même, c'est parce que l'Union européenne voudrait avant tout rappeler son profond attachement à ce document fondateur et aux principes et objectifs qui y sont clairement identifiés. Dans cette perspective, la mise en oeuvre de cette Déclaration doit être fidèle à la lettre et à l'esprit de la Déclaration elle-même. Nous estimons que le rapport du Secrétaire général qui présente un plan de campagne pour la mise en oeuvre de la
Déclaration du Millénaire constitue un premier pas dans cette direction, puisqu'il fait un état des lieux exhaustif des efforts de notre Organisation en vue de contribuer à atteindre ces multiples objectifs.
Mais ce que nous attendons pour l'avenir est que le secrétaire général nous informe annuellement des progrès accomplis non seulement par notre Organisation et ses agences spécialisées en vue de l'accomplissement des objectifs de la Déclaration du Millénaire, mais également des progrès accomplis par les Etats-membres dans cette perspective, notamment dans le cadre du suivi des grandes Conférences. En somme, nous souhaiterions que la déclaration du Millénaire constitue la référence absolue de
l'action concrète des Nations-Unies et de ses agences spécialisées, mais aussi de tous nos gouvernements.
Ceci nous impose à tous une nouvelle discipline. La rationalisation de l'ordre du jour de l'Assemblée générale devrait en être la conséquence logique. Il faudra aussi se mettre d'accord sur les critères et les paramètres pour déterminer le progrès accomplis, y inclus au niveau national.
La déclaration du Millénaire nous donne en effet l'occasion de rendre cette action multiforme plus efficace et plus cohérente en vue de l'accomplissement des objectifs que nous nous sommes fixés: la multiplicité des acteurs, en particulier dans le domaine du développement et des droits de l'Homme, rend indispensable un balisage commun de la voie à suivre. C'est ce balisage que nous demandons au Secrétaire général de nous fournir, de manière régulière, concise et opérationnelle, en particulier
en ce qui concerne les objectifs du développement tels qu'ils figurent en annexe du rapport du Secrétaire général.
Rappelons-nous que les objectifs du Millénaire sont ambitieux. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre de temps pour nous mettre résolument au travail, ceci est l'intime conviction de l'Union européenne. Nous souhaiterions qu'un tel balisage soit élaboré chaque année sur la base des informations dont dispose le système des Nations-Unies dans son ensemble, en ce compris les institutions de Bretton Woods et l'Organisation Mondiale du Commerce, dans les différents domaines couverts par la
déclaration du Millénaire. Par ailleurs, nous insistons pour que les autres acteurs pertinents continuent d'être dûment consultés, à savoir les organisations non-gouvernementales, la société civile, et les milieux universitaires.
Monsieur le Président,
Nous savons que la route qui nous mène aux objectifs du Millénaire est une route difficile, car il y a à la fois du brouillard et beaucoup de circulation sur cette route, raison pour laquelle il nous faut un balisage clair et précis.
Mais c'est aussi une route qui a de nombreux embranchements, et il est essentiel de ne pas se tromper de route, raison pour laquelle nous souhaiterions disposer à intervalles réguliers, en fait tous les 5 ans, d'un rapport à caractère non plus factuel cette fois, comme les rapports de balisage, mais à caractère politique, qui nous permette de faire le point de la situation et de prendre les décisions qui s'imposent afin de prendre la route qui nous amène dans les meilleures conditions à nos
objectifs ultimes.
Monsieur le Président,
Le rapport du Secrétaire général qui nous est soumis s'est particulièrement concentré sur les objectifs du Millénaire en matière de développement, et nous nous félicitons de cette approche qui correspond à une priorité absolue de l'Union européenne ainsi que de ses partenaires en développement. Nous souhaiterions toutefois que dans les prochains rapports de balisage les objectifs de santé reproductive dans tous ses aspects, soient examinés spécifiquement.
Monsieur le Président,
Le rapport du Secrétaire général nous propose de faire annuellement des rapports "thématiques" sur des thèmes d'actualité, c'est-à-dire des thèmes qui ont été abordés lors de grandes conférences des Nations-Unies. Nous accueillons favorablement cette suggestion, étant bien entendu qu'elle doit viser à assurer la cohérence de ces Conférences avec les objectifs généraux de la déclaration du Millénaire, et qu'elle ne peut aboutir à faire double-emploi avec un processus de suivi qui serait décidé
lors de ces Conférences.
Ce suivi intégré devra être mis en place progressivement, en sauvegardant à la fois l'intégrité de la Déclaration du Millénaire, et les acquis spécifiques des grandes conférences. De ce point de vue également, une rationalisation des travaux de l'Assemblée générale et de ses Commissions s'imposera
L'Union européenne est favorable aux suggestions faites par Secrétaire général pour les rapports "thématiques" de 2002 à 2004, le choix ayant été fait en relation avec l'activité des sessions spéciales et conférences prévues pour les prochaines années. Toutefois, l'émergence de nouvelles priorités après les événements dramatiques du 11 septembre pourrait justifier certaines adaptations, que l'Union européenne est toute disposée à examiner.
Je vous remercie, Monsieur le Président.
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