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Déclaration de la Présidence de l'UE sur la paix et le développement durable en Afrique

Sommaire: 29 mai 2001: Groupe de travail spécial à composition non limitée chargé d'examiner les causes des conflits et la promotion de la paix et du développement durable en Afrique. Intervention prononcée par M. Per Norström, Ambassadeur, Représentant permanent de la Suède au nom de l'Union européenne (New York)

J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe Centrale et Orientale associés à l'Union européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie), les autres pays associés (Chypre, Malte et Turquie), ainsi que le Liechtenstein, pays de l'AELE membre de l'Espace Economique Européen, se rallient à cette déclaration.

Monsieur le Président,

Tout d'abord, L'Union européenne souhaite remercier le Groupe de travail pour son importante contribution au débat sur l'éducation en Afrique. Nous nous félicitons également de l'importante initiative en vue de la tenue d'une session informelle des ONG sur cette question.

Ainsi que l'a fait observer le Secrétaire général, l'investissement dans le capital humain est d'une portée majeure pour la promotion de la paix et du développement durable en Afrique. Aussi l'Union européenne note-t-elle avec satisfaction l'attention particulière apportée à l'éducation au cours de cette session. Dans le courant de la semaine, nous voudrions parler des questions plus vastes de la prévention des conflits et de la consolidation de la paix en Afrique. Aujourd'hui, nous axerons notre exposé sur les vues de l'Union européenne en ce qui concerne le rôle de l'éducation dans ce domaine.

Monsieur le Président,

L'éducation de base est un droit de la personne humaine. L'Union européenne pense que l'éducation et la formation sont les clé du développement de la société et de sa lutte contre la pauvreté. Elles sont un préalable au succès de la démocratie et à la bonne gouvernance, et elles sont vitales pour avancer dans d'autres domaines apparentés, notamment la santé, l'égalité entre les sexes et la protection sociale. L'éducation joue donc un rôle fondamental, non seulement pour la réduction de la pauvreté, mais aussi pour la promotion des droits de l'homme et la prévention des conflits.

L'Union européenne est profondément attachée aux objectifs fixés lors de la Conférence des Nations Unies "Education pour tous" tenue l'année dernière à Dakar, entre autres assurer l'accès universel à l'enseignement primaire d'ici à 2015, l'élimination des disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici à 2005, et la réalisation de l'égalité entre les sexes d'ici à 2015. Ces objectifs ont été réaffirmés dans la Déclaration du millénaire ainsi que lors de la Conférences des Nations Unies sur les pays les moins avancés (PMA) qui a eu lieu à Bruxelles la semaine dernière. L'Union européenne compte sur tous les partenaires, notamment les divers organes et agences des Nations Unies, pour prendre les mesures nécessaires pour contribuer à la réalisation de ces objectifs. L'initiative pour l'éducation des filles, lancée à Dakar par le Secrétaire général, est une contribution majeure à cet égard.

Dans de nombreux pays africains, cependant, les tendances nationales de l'économie et de la démographie ont profondément miné les systèmes éducatifs. Le secteur de l'éducation, en particulier dans les pays les moins avancés, reste gravement sous-financé dans les budgets nationaux et dans bien des cas, la tendance à la mise en place d'un enseignement primaire pour tous s'est inversée. L'éducation de base est de toute évidence le besoin le plus impérieux, puisque l'Afrique est le continent qui est le plus éloigné de la réalisation des objectifs de l'Education pour tous.

Le VIH/SIDA jette une ombre particulièrement menaçante sur une grande partie de l'Afrique et représente l'une des grandes entraves à la mise en œuvre de l'accès à l'éducation. Sachant que 70 pour cent des personnes contaminées vivent en Afrique subsaharienne, cette question est d'une importance cruciale. Dans certains pays, le nombre d'enseignants nouvellement formés est inférieur à celui des enseignants qui meurent du VIH/SIDA. Il s'ensuit que les systèmes éducatifs sont touchés à tous les niveaux, les enfants font fonction de main-d'œuvre et de chargés de famille, et l'ensemble de l'économie en souffre. Inversement, l'éducation est une pierre angulaire pour prévenir la propagation du VIH/SIDA et améliorer la santé et l'espérance de vie. L'Union européenne met l'accent sur ces thèmes dans les délibérations de l'Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH/SIDA.

Dans ce contexte, l'Union européenne a d'ailleurs considérablement accru ces dernières années son soutien financier à l'éducation et à la formation en Afrique. Le montant global des crédits de la coopération au développement affectés à l'éducation que les Etats membres de l'Union européenne allouent aux pays de l'Afrique subsaharienne dépasse actuellement les 500 millions d'euros. De plus, au titre de l'application des conventions de Lomé, la Communauté européenne consacre quelque 600 millions d'euros à des projets éducatifs en Afrique.

Monsieur le Président,

L'Union européenne considère le soutien aux secteurs sociaux comme une partie intégrante de sa politique globale de développement. L'accord de Cotonou signé entre l'Union européenne et les pays ACP en juin 2000 prévoit des dispositions visant à assurer le succès de cette approche globale.

Un principe majeur des politiques de l'Union est que les stratégies de développement doivent être intégralement placées sous le contrôle des gouvernements et de la société civile des pays concernés. Il doit exister une volonté de bonne gouvernance et un environnement national propice. L'Union européenne est résolue à jouer son rôle, mais une assistance extérieure ne saurait se substituer à de bonnes politiques nationales. Nous encourageons les donateurs et les pays bénéficiaires à appliquer pleinement l'initiative 20/20 afin d'assurer un accès universel aux services sociaux de base, dont l'éducation. Dans ce contexte, l'Union européenne accueille avec satisfaction la recommandation du Secrétaire général demandant aux pays africains de s'efforcer également d'accroître leurs propres investissements dans les ressources humaines.

L'Union européenne entend axer ses efforts sur les domaines clés suivants : Accès à l'enseignement primaire et secondaire, formation professionnelle et enseignement supérieur. Ainsi qu'il en a été convenu la semaine dernière à la Conférence sur les pays les moins avancés, un aspect essentiel de ce processus sera le renforcement des plans d'action nationaux pour l'éducation et la mise à disposition d'un soutien pour le renforcement des capacités institutionnelles dans les pays concernés. Les programmes communautaires seront coordonnés avec d'autres intervenants majeurs de l'éducation, notamment les Nations Unies et la Banque mondiale.

L'amélioration de l'éducation pour les filles et les femmes s'est avérée être un facteur essentiel pour le renforcement du potentiel humain d'un pays, et pour la réalisation de l'égalité entre femmes et hommes. L'Union européenne est préoccupée de voir les femmes sous-représentées dans les systèmes éducatifs de bien des pays africains. Dans ses actions en vue de promouvoir l'enseignement primaire universel, l'Union européenne privilégie particulièrement l'éducation des femmes.

De plus, l'éducation peut apporter aux enfant le sentiment d'une vie normale et c'est l'un des meilleurs moyens d'assurer leur bien-être dans les conflits armés et en période de troubles. L'éducation devrait donc être une composante clé de l'assistance humanitaire et une priorité tout au long du processus de reconstruction. Le manque de possibilités éducatives peut aussi aggraver la vulnérabilité des enfants face au recrutement militaire et à l'exploitation sexuelle. Lors de l'Assemblée générale consacrée aux enfants, en septembre, nous devrions chercher à prendre des mesures concrètes et pratiques pour faire passer dans les faits le droit à l'éducation pour tous les enfants.

Tout en reconnaissant l'urgence qu'il y a à faire face aux besoins immédiats par des formations de courte durée et le rôle clé de l'enseignement primaire pour la réduction de la pauvreté et le développement, il est nécessaire aussi d'explorer les voies et moyens pour assurer la mise à disposition en Afrique d'un enseignement supérieur. Les données fournies par la Banque mondiale et l'UNESCO indiquent que la rentabilité des investissements dans l'enseignement supérieur progresse, y compris dans les pays en développement.

Dans ce contexte, l'Union européenne voudrait souligner qu'il importe de donner à l'Afrique un meilleur accès aux nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), en particulier dans le domaine de l'éducation où leur effet de levier devrait compléter les programmes pour la réduction de la pauvreté et le développement durable. Nous nous réjouissons de la contribution substantielle que la nouvelle équipe spéciale des Nations Unies pour les nouvelles technologies de l'information et de la communication apportera à l'animation de ces actions. Pour sa part, l'Union européenne s'est déclarée disposée à participer à une initiative de la Banque mondiale visant à tirer parti des technologies de l'information pour dispenser un enseignement universitaire aux étudiants africains. L'Université virtuelle africaine a ouvert à ce jour 25 centres d'enseignement dans quinze pays africains et recruté quelque 15 000 étudiants. En juillet, le Segment de haut niveau du Conseil économique et social des Nations Unies qui sera consacré à l'Afrique traitera entre autres des liens entre les NTIC et l'enseignement supérieur en Afrique. L'Union européenne attend avec intérêt ce débat.

Monsieur le Président,

Ainsi que je l'ai dit, l'Union européenne insiste sur la nécessité de considérer l'éducation comme une partie intégrante de la question générale du développement et de la paix en Afrique. Le débat du Groupe de travail sur ce thème est non seulement un élément important pour le suivi de la mise en œuvre des recommandations spécifiques du Secrétaire général. C'est aussi un élément qui vient à son heure pour nos préparatifs en vue du Segment de haut niveau du Conseil économique et social qui se tiendra en juillet.

Je vous remercie, Monsieur le Président.

  • Ref: PRES01-081EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: Deuxième Commission (Affaires économiques et financières, environnement)
  • Date: 29/5/2001


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