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EU in the USA - delegation to Washington, DC

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Déclaration de la Présidence de l'UE sur les sciences de la mer

Sommaire: 9 mai 2001 : Intervention de l'Union européenne devant le groupe de discussion A: Sciences de la mer et perfectionnement et transfert de la technologie marine selon des modalités convenues, y compris la création de capacités dans ce domaine. Partie II - Priorités dans le domaine des sciences et technologies marines. Intervention de M. Bertil Roth, Directeur général adjoint, Chef de la délégation suédoise au nom de l'Union européenne (New York)

Monsieur le Coprésident,

J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) ainsi que Chypre et Malte, autres pays associés, se rallient à cette déclaration.

La recherche scientifique marine se développe constamment, et ses résultats et conclusions sont de grande portée pour nous tous. Les problèmes environnementaux qui affectent les océans et les mers sont considérables et étroitement liés entre eux. Il est nécessaire d'identifier les besoins les plus urgents et d'y répondre.

Ce n'est que dans les dernières décennies que les questions liées aux effets néfastes des activités humaines sur le milieu marin ont été mises à l'ordre du jour international. L'Union européenne estime que l'un des objectifs majeurs d'une gestion des océans compatible avec le développement durable est de prévenir la poursuite de la dégradation du milieu marin, aussi bien que d'identifier et de protéger les zones particulièrement sensibles. Les zones écologiquement dégradées devraient dans toute la mesure du possible être restaurées. Les incidences ultérieures de l'intervention humaine devraient être réduites à un minimum afin d'assurer l'équilibre biologique.

Les activités humaines ont à bien des égards une incidence négative sur l'environnement. Elles perturbent l'équilibre des substances normalement présentes dans la nature et apportent des substances étrangères aux mers et aux régions côtières. Les rejets directs et indirects, notamment de nutriments, les déversements et pertes de substances dangereuses et radioactives menacent les milieux marins sensibles.

Les déversements provenant des transports maritimes sont un problème pour le milieu marin et leurs effets sont complexes. Les déversements incontrôlés d'eaux de ballast et les dépôts provenant des navires ont conduit à l'introduction d'espèces exogènes dans diverses parties du monde et ont perturbé la biodiversité naturelle. Les produits pétroliers sont des mélanges extrêmement complexes comportant des milliers de composants organiques au comportement et donc aux effets divers. Il est très difficile de limiter leur impact, qui s'étend aux habitats, aux espèces, aux sédiments, à la qualité des eaux et aux biotopes.

La connaissance des causes et des effets de la pollution reste lacunaire, et les recherches doivent se poursuivre afin de pouvoir prendre des mesures encore plus efficaces pour réduire et maîtriser la pollution et des effets tels que l'eutrophisation. Il est essentiel que les actions existantes dans ce domaine soient coordonnées à tous les niveaux. Une surveillance efficace, des réglementations strictes et de sévères mesures de coercition découragent la pollution et doivent aussi être mises en œuvre à tous les niveaux.

Les changements et la variabilité climatiques et leurs effets sur le milieu marin sont des questions importantes pour les sciences marines actuelles. Ainsi, l'oscillation nord-atlantique (NAO) affecte l'Europe tant au regard du milieu marin que du climat. Elle est comparable dans une certaine mesure à El Niño et La Niña dans l'océan Pacifique. La compréhension de ces phénomènes étant encore limitée, il est nécessaire de poursuivre les recherches océanographiques et de procéder aux observations appropriées. Des stations d'enregistrement automatiques dans des zones choisies des océans affectés pourraient être un moyen de chercher à prévoir les incidences de ces phénomènes climatiques, tant pour les prévisions concernant les stocks de poissons que les conditions météorologiques ou d'autres phénomènes environnementaux.

Le risque de réchauffement de la planète est une menace sérieuse pour la vie marine et les régions côtières. Parmi les incidences de grande envergure du changement climatique sur les océans figurent l'augmentation de la température de surface et le relèvement du niveau global des mers, la diminution du couvert de glace des mers et les modifications de la salinité. Tous les écosystèmes marins sont sensibles aux changements climatiques. Beaucoup de zones côtières connaîtront des inondations plus fréquentes, une accélération de l'érosion, une disparition de zones humides et des infiltrations d'eaux de mer dans la nappe phréatique.

Pour faire face aux problèmes du changement climatique, il importe de renforcer les capacités, en particulier dans les zones vulnérables, et ce renforcement pourrait être financé sur les programmes existants. Le développement et la mise en place de systèmes d'observation appropriés concernant le changement climatique devraient se faire dans le cadre du Système mondial d'observation des océans (GOOS).

De plus, le Comité maritime de la Fondation européenne des sciences a élaboré des propositions en vue d'un Espace européen de la recherche marine visant à améliorer la cohésion des activités et politiques de recherche en Europe, entre autres par le biais d'un volet distinct du sixième programme-cadre en préparation.

Monsieur le Coprésident,

La biodiversité marine intéresse toutes les formes de vie dans les océans et les mers, des écosystèmes marins aux espèces, aux populations et à la variabilité génétique. Elle est d'ores et déjà un domaine hautement prioritaire pour la communauté scientifique. La protection des habitats, des espèces et des processus écologiques dans les zones marines, tant en haute mer que dans les zones côtières, et une gestion intégrée des zones côtières sont cruciales pour assurer la biodiversité.

L'Union européenne tient à souligner l'importance de la biodiversité marine, une question qui concerne les populations du monde entier et qui requiert une meilleure coordination et une meilleure diffusion de l'information disponible. A cet égard, la Commission européenne a déjà pris des mesures en vue d'enrayer la perte de biodiversité en adoptant le 28 mars 2001 des plans d'action dans divers domaines des politiques communautaires, en particulier la pêche et l'environnement, intégrant la protection de la biodiversité.

Dans le domaine des mammifères marins, des recherches substantielles sont en cours. Les mammifères marins, en particulier les petits mammifères marins, font souvent partie des captures accessoires de la pêche commerciale, ce qui représente une grave menace pour ces populations. Le problème des mammifères marins, d'une manière générale, est un domaine dans lequel des actions plus intégrées et plus coordonnées sont d'une grande nécessité.

Les récifs coralliens, les forêts de palétuviers et les bancs d'algues sont des milieux dominants dans de nombreuses régions tropicales et sont parmi les écosystèmes les plus productifs et les plus diversifiés du monde. Ils sont aussi de la plus haute importance pour la biodiversité de la planète et pour de nombreuses communautés humaines côtières. La dégradation des écosystèmes côtiers tropicaux est en grande partie due à l'activité humaine. La majeure partie des récifs coralliens qui existent encore dans le monde sont directement menacés par l'impact des activités humaines.

La gestion et la mise en valeur durables des mers sont vitales dans une perspective à long terme et les questions environnementales doivent faire partie intégrante de la politique de la pêche. La base scientifique de la gestion des pêches est pleinement prise en compte et la volonté politique de tirer parti des meilleures données scientifiques est fermement affirmée. Dans ce contexte, l'Union européenne se félicite de la coordination et de la diffusion des résultats de la recherche entreprises par le Conseil international pour l'exploration des mers (CIEM). En dépit d'avancées marquantes au cours des dernières décennies, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer notre compréhension de l'écosystème marin et de nos moyens de tirer parti des connaissances pertinentes pour promouvoir le développement durable et la mise en valeur durable des ressources biologiques des mers.

La mise en œuvre d'une approche fondée sur l'écosystème exige que la gestion actuelle des pêches tienne compte de nouveaux types d'information. Une partie de cette information est disponible dans le cadre de la recherche biologique existante en matière de pêche et est régulièrement utilisée pour la gestion de divers stocks importants de poissons. Une information complémentaire, notamment concernant les changements de l'écosystème marin et l'explication de ces changements, est toutefois importante pour veiller à ce que les décisions concernant les mesures de gestion soient en harmonie avec la dynamique complexe des écosystèmes dans une perspective longue. L'amélioration de la coordination et de la coopération entre les instituts de recherche nationaux et internationaux est un impératif à cet égard. Il est nécessaire par ailleurs que l'information disponible soit diffusée efficacement par le moyen de l'éducation, et intégrée aux processus de décision pertinents.

La surveillance du milieu marin a d'importantes implications à court terme pour la maîtrise des effets néfastes des activités humaines, par exemple la pollution. Mais elle a également une fin à long terme, enregistrer les changements intervenant sur des décennies ou des périodes plus longues. De telles observations de longue durées sont essentielles pour distinguer l'influence humaine des phénomènes cycliques naturels ou des tendances discernables de l'évolution du milieu marin qui peuvent s'étendre sur des décennies, voire des siècles. Sans ce type de connaissances, les mesures de gestion peuvent être vaines ou avoir peu d'effets favorables sur les changements observés.

L'Union européenne a la ferme conviction qu'il importe d'inscrire les affaires maritimes en général dans une perspective à long terme. En conjugaison avec une coopération large et efficace en ces matières, cela nous permettra d'élaborer une approche globale qui est de première nécessité. Une évaluation des organisations existantes s'impose pour adapter les institutions et les méthodologies à de nouveaux impératifs lorsque le besoin s'en fait sentir.

Monsieur le Coprésident,

En conclusion, l'Union européenne rappelle qu'il importe de respecter et d'appliquer le cadre juridique mis en place par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, en conjugaison avec le chapitre 17 de l'Action 21 et d'autres instruments internationaux pertinents. L'Union européenne est persuadée que les questions maritimes sont étroitement liées entre elles et que les problèmes environnementaux dans ce domaine doivent être traités sans attendre. La recherche scientifique marine, appuyée sur des systèmes d'observation efficaces, est l'outil principal pour prévenir la poursuite de la dégradation du milieu marin et mettre au point des méthodes destinées à l'améliorer. L'Union européenne maintient avec force que les problèmes les plus urgents des affaires maritimes doivent demeurer au centre de l'attention, ces problèmes étant entre autres, selon elle, la gestion de la pêche, le changement climatique, la pollution et la biodiversité marine.

Je vous remercie, Monsieur le Coprésident.

  • Ref: PRES01-075EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: Deuxième Commission (Affaires économiques et financières, environnement)
  • Date: 9/5/2001


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