
Sommaire: 19 décembre 2000: Intervention prononcée par le Représentant permanent de la France au nom de l'Union européenne. La situation au Kosovo (New York)
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe Centrale et Orientale associés à l'Union européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie), ainsi que Chypre, Malte et la Turquie (pays également associés), se rallient à cette déclaration.
Je souhaite tout d'abord saluerdans les termes les plus chaleureux, la présence parmi nous de M. Goran Svilanovic, Ministre des Affaires étrangères de la République fédérale de Yougoslavie, qui représente aujourd'hui son pays à la table du Conseil de sécurité.
S'agissant du Kosovo, je souhaite rappeler que, pour l'Union européenne, la mise en oeuvre complète de la résolution 1244 doit être l'alpha et l'oméga de l'action de la communauté internationale.
Lors de notre réunion du 16 novembre en présence du représentant spécial du Secrétaire Général, j'ai eu l'occasion d'évoquer les réalisations impressionnantes de la MINUK, dans cette entreprise, depuis près d'un an et demi. A cet égard, avec le concours de la KFOR et de l'OSCE, la tenue des élections municipales kossovares du 28 octobre, sans violence et dans des conditions d'organisation remarquables, a constitué un moment fort pour la MINUK. Que M. Bernard Kouchner soit félicité pour le
travail exceptionnel qu'il a accompli. Au terme d'une mission parfaitement réussie, les 15 pays de l'Union lui expriment leur gratitude et leurs voeux. Par avance, je tiens aussi à assurer son successeur, M. Hans Haekkerup, de l'entier soutien de l'Union européenne.
La lutte contre les violences devrait rester une priorité pour le nouveau représentant spécial du Secrétaire Général.
En effet, au Kosovo, des hommes et des femmes continuent à être tués en raison de leur appartenance ethnique ou du fait des opinions modérées qu'ils ont exprimées dans des débats politiques.
Par ailleurs, dans la vallée de Preshevo, des groupes d'extrémistes d'origine albanaise ont assassiné des policiers serbes. Ils entretiennent l'instabilité en harcelant les forces de l'ordre dans le sud de la Serbie.
La KFOR a réagi à ces provocations en accroissant le nombre de ses points de contrôle et en intensifiant ses patrouilles à la limite de la zone de sécurité terrestre. Ces mesures ont permis de saisir des armes et d'arrêter plusieurs dizaines de suspects. La KFOR continue à renforcer son dispositif dans ce secteur. En outre, partout au Kosovo, elle combat activement la criminalité, dans des conditions toujours difficiles et parfois au prix de la vie de certains de ses membres.
Le Président Kostunica a appelé les populations à respecter les lois et à ne pas tomber dans le piège des extrémistes qui cherchent à faire monter les tensions. La communauté internationale doit mettre tout son poids dans la balance pour que ce message soit entendu des populations. Elle doit aussi montrer sans ambiguïté aux provocateurs qu'ils ne pourront compter sur aucune tolérance ni compréhension de sa part.
C'est pourquoi l'Union européenne se réjouit de la déclaration présidentielle sur laquelle le Conseil de sécurité s'est accordé aujourd'hui. Cette déclaration constitue un signal clair de l'engagement international dans la lutte contre la violence et pour la recherche du dialogue. En repartant ce soir pour l'Europe, M. Goran Svilanovic va pouvoir en apporter la confirmation aux plus hautes autorités yougoslaves.
Le 1er novembre dernier, M. Svilanovic était venu exprimer aux Nations Unies les principes qui fonderaient l'action des nouvelles autorités yougoslaves. Il avait proclamé l'engagement de son pays à se conformer à la Charte. Il avait souligné, en particulier, que la consolidation de la démocratie et la réconciliation entre les peuples de la région seraient au premier rang des priorités du Président Kostunica et de son gouvernement. Il avait également formé le vœu de voir l'Europe du Sud-Est se
rapprocher de l'Union européenne.
A ce stade, des pas importants ont été accomplis. Les nouvelles autorités yougoslaves ont travaillé activement à la réalisation de ce programme. Même si, ici ou là, le nationalisme extrémiste reste présent, la démocratie s'est à présent installée dans la région. L'intolérance, la violence et les haines ethniques qui subsistent apparaissent encore plus nettement comme anachroniques.
Sur le plan régional, l'établissement de relations diplomatiques entre la République fédérale de Yougoslavie et la Bosnie-Herzégovine, le 15 décembre, était l'une des mesures les plus attendues. Après des années de conflits et de suspicion, cette décision, que l'Union européenne a saluée, contribuera à sceller la réconciliation dans les Balkans. Moins d'un mois après le sommet de Zagreb, qui a consacré la vocation européenne de tous les pays de la région, elle constitue un développement très
positif et encourageant.
Aujourd'hui même vous avez signé, au nom de la RFY, le statut de Rome créant la Cour Pénale Internationale, témoignant ainsi de l'engagement durable des nouvelles autorités yougoslaves en faveur du respect du droit humanitaire international et de la lutte contre l'impunité.
Monsieur le Ministre, par votre intermédiaire, l'Union européenne tient à assurer les autorités yougoslaves de son appui dans leur action en faveur de la stabilisation, de la démocratisation et de la réconciliation en Europe du Sud-Est.
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