
Sommaire: 26 février 2001: Intervention de M. Carl Älfvåg, directeur et chef de délégation suédoise, au nom de l'Union européenne. Trente-neuvième session de la Commission des Nations Unies pour le développement social. Comité préparatoire de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement (New York)
J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe Centrale et Orientale associés à l'Union Européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) et les autres pays associés (Chypre, Malte et Turquie) ainsi que l'Islande, Le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace Economique Européen, se rallient à cette déclaration. J'ai le plaisir de m'exprimer sur les préparatifs de
la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement.
L'Union européenne profite de cette occasion pour remercier le Secrétaire général et le Secrétariat pour leurs préparatifs réussis du premier comité préparatoire de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement. Permettez-moi d'adresser ma gratitude au Secrétaire général pour son rapport circonstancié « Vers la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement », lequel identifie certains des progrès les plus pertinents mais aussi les défis auxquels nos sociétés sont aujourd'hui
confrontées.
Près de vingt années se sont écoulées depuis la réunion de la première Assemblée mondiale sur le vieillissement à Vienne. Durant ces deux décennies, le plan d'action international sur le vieillissement a eu un impact à la fois positif et significatif sur les politiques en matière de vieillissement, tant au plan national que mondial. Ceci dit, des modifications sensibles dans la pyramide des âges, comme d'ailleurs dans la vie économique, sociale et culturelle, nous ont en même temps mis en face
de nouveaux défis. Ces transformations ont été l'objet de discussions durant les années 90, par exemple, lors de la Conférence internationale sur la population et le développement du Caire, lors du Sommet mondial pour le développement social de Copenhague ainsi que lors de leurs processus de suivi. De plus, l'Année internationale des personnes âgées de 1999, y compris les travaux des comités nationaux, ont considérablement contribué à renforcer les politiques, programmes et mesures législatives
que les gouvernements ont mis en place en faveur des personnes âgées.
La deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement de Madrid sera d'une grande importance puisqu'elle nous donnera l'occasion de prendre en compte de nouvelles réalités. Nous appuyant sur les engagements pris à Vienne, nous serons amenés à réviser le plan d'action international et à fixer une stratégie à long terme pour les années à venir. L'UE estime que cette stratégie devrait accorder une importance particulière aux problèmes intergénérationnels, les questions relatives aux personnes âgées
ne pouvant être traitées de manière isolée.
Monsieur le Président,
Bien que des transformations démographiques et sociétales soient intervenues depuis l'adoption du premier plan d'action international, bien qu'une adaptation de nos attitudes et politiques à la société d'aujourd'hui soit également nécessaire, nous continuons d'estimer que les défis majeurs restent les mêmes. Comment pouvoir générer une société pour tous les âges, assurant maintien du revenu et croissance durable dans un monde vieillissant mais favorisant également inclusion et égalité des
chances ?
Permettez-moi de mettre en avant quelques uns des secteurs importants que l'Union européenne a identifiés dans le processus qui nous amène à l'Assemblée de Madrid :
Première constatation. Les personnes âgées devraient pouvoir bénéficier pleinement de l'ensemble de leurs droits humains et de leurs libertés fondamentales et ne pas être confrontées à quelque forme que ce soit de discrimination. Les droits économiques, sociaux et culturels sont d'une importance toute particulière pour les personnes âgées. Pleine égalité et participation demandent à la société d'être accessible à tous sur un plan d'égalité.
Les services sociaux et de santé doivent être mieux adaptés pour faire face aux besoins d'une population vieillissante. Cela inclut le soutien à une vie indépendante. Bien que l'élévation de l'espérance de vie donne à la génération des personnes âgées la chance d'être de plus en plus active, il importe de ne pas oublier les besoins des personnes très âgées et faibles. Ces personnes, en particulier les personnes âgées souffrant de handicaps, ont souvent besoin d'un soutien leur garantissant que
leur droit à la participation et aux services sociaux, y compris les soins de santé, soit respecté.
Deuxième constatation. Au cours des différentes phase de l'existence, les individus ont besoin de différentes sortes de soutien de la société. Le fait de rester actif jusqu'à un âge avancé va de pair avec une prise de conscience des besoins individuels à différents niveaux : physiquement, mentalement, socialement et spirituellement. Travail, formation et santé doivent être tous trois perçus dans la perspective d'un cycle de vie.
Le départ à la retraite accroît le risque d'exclusion sociale pour les citoyens du troisième âge. Allant, dans plusieurs pays européens, de pair avec un recul du taux des naissances, l'accroissement constant du nombre des personnes âgées nous a amenés à nous intéresser davantage à l'apport potentiel des personnes âgées sur le marché du travail. Encourager les travailleurs d'âge avancée à continuer à contribuer à l'activité économique et mobiliser les ressources humaines inactives constitueront
des facteurs cruciaux pour le développement social et économique. Ceci exige cependant une action politique, comme la révision des règles et pratiques en matière d'emploi et la promotion de l'égalité des chances. Un accès à un apprentissage tout au long de la vie avec formation, recyclage et réadaptation permettant de garantir une actualisation des compétences représente une composante importante à cet égard.
Le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC) constitue précisément un exemple de l'importance de l'apprentissage tout au long de la vie. En impliquant également les personnes âgées dans l'instruction et la formation aux nouvelles technologies, les TIC peuvent être employées de manière efficace pour accroître leur qualité de vie en valorisant leur employabilité individuelle, leurs connaissances et en favorisant le développement.
En ce qui concerne les questions liées à la santé des personnes âgées, l'UE souhaite souligner l'importance de mesures préventives ainsi que l'accès à des soins de santé incluant la rééducation. Il est vital que les gouvernements fassent tous les efforts possibles pour garantir une bonne qualité de vie aux personnes âgées. Des mesures devront être prises pour contrecarrer les inégalités existant dans le domaine des soins de santé.
Troisième constatation. Avec l'évolution démographique que connaissent beaucoup de pays en voie de développement, les personnes âgées, toujours plus nombreuses parmi les plus démunis de la société, risquent l'exclusion. Nous ne pouvons plus nous attendre à ce que la famille élargie fournisse un soutien aux personnes âgées. Dans certaines communautés, les personnes âgées endossent des rôles sociaux et économiques croissants - comme c'est le cas de sociétés où le VIH/SIDA a touché des personnes
économiquement actives dans des foyers déjà pauvres. Dans ces circonstances, ce sont souvent des femmes d'un certain âge qui doivent porter le double fardeau que représente la prise en charge des membres malades de la famille et des enfants que le VIH/SIDA a rendus orphelins.
L'UE entend s'employer à éliminer la pauvreté par le biais de ses efforts internationaux au développement et à parvenir à l'objectif de 0,7 pour cent dans son aide publique au développement. La situation des personnes âgées doit être prise en compte au moment de formuler et de mettre en œuvre les politiques et programmes de coopération au développement chargés d'éliminer la pauvreté. Nous nous devons également de reconnaître dans une plus large mesure le rôle de soutiens de famille et d'acteurs
au plan des soins de santé, de l'instruction et de l'agriculture de subsistance que jouent les personnes âgées.
Quatrième constatation. Les aspects relatifs à l'égalité entre les sexes combinée au vieillissement et la situation des femmes âgées doivent se voir accorder une attention particulière. Le pourcentage de femmes sur le marché du travail est inférieur à celui des hommes, les femmes sont souvent représentées dans les secteurs à bas salaires. De plus, l'apport important et souvent bénévole des femmes âgées à la société, y compris le secteur informel, doit être reconnu. Les femmes endossent la plus
grande responsabilité en matière de prise en charge des membres de la famille. C'est pourquoi il est nécessaire de promouvoir une meilleure répartition des responsabilités familiales. Ces facteurs doivent, pour pouvoir assurer une sécurité économique aux femmes âgées, être pris en compte au moment de la conception des systèmes de protection sociale.
Monsieur le Président, l'intégration des personnes âgées dans une communauté, et ce sur la base du respect et de l'égalité, constitue un autre aspect de leur sécurité. Cela implique que les personnes âgées ne soient pas considérées comme des êtres exposés, tributaires, mais bien comme des individus dont la valeur est attachée à leur contribution passée, présente et future. Les gouvernements doivent ouvrir la voie à la promotion d'images faisant apparaître les personnes âgées comme des acteurs
sociaux et des participants au développement social. Nous avons également besoin de reconnaître le rôle important que jouent les personnes âgées dans les activités bénévoles. Ce ne sera que lorsque les apports des personnes âgées à la société, comme ceux des adultes et des jeunes, se verront accorder une importance égale que nous aurons une société de tous les âges.
Dans ce contexte, l'UE souhaiterait souligner combien il est important d'impliquer de manière pleine et entière la société civile, et en particulier les ONG représentant les personnes âgées ou œuvrant pour leur compte, dans le processus de révision du plan international d'action sur le vieillissement. Leur expérience, leur engagement sont cruciaux au moment de formuler des politiques et des stratégies saines et d'assurer leur mise en œuvre.
Monsieur le Président,
Permettez-moi maintenant de mettre rapidement l'accent sur un certain nombre d'initiatives, prises dans des secteurs spécifiques en rapport avec le vieillissement, initiatives qu'ont récemment lancées plusieurs des Etats membres de l'Union européenne mais aussi un certain nombre de pays candidats :
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