European Union @ United Nations, Partnership in Action
 
 
Manifestations en rapport avec l'UE, dans et autour de New York: en savoir plus sur les programmes universitaires, les séminaires de réflexion, les festivals d'art et les activités culturelles.

 
EU in the USA - delegation to Washington, DC

< Retour à la page précédente

Déclaration de la Présidence de l'UE à la Session extraordinaire consacrée aux enfants

Sommaire: Le 29 janvier 2001 : Session extraordinaire consacrée aux enfants. Dispositifs organisationnels pour le processus préparatoire. Actualisation des bilans généraux. Intervention de M. Thomas Hammarberg, Ambassadeur, chef de la Délégation suédoise au nom de l'Union européenne (New York)

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les délégués,

1. J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne sur le point nº 4 de l'ordre du jour qui porte sur l'actualisation des bilans généraux. Les pays d'Europe Centrale et Orientale associés à l'Union européenne (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie), les autres pays associés (Chypre, Malte et Turquie) ainsi que l'Islande et le Liechtenstein, pays de l'AELE membres de l'Espace Economique Européen, se rallient à cette déclaration.

Madame la Présidente,

2. J'aimerais remercier l'UNICEF pour sa présentation des résultats préliminaires de la mise en œuvre des objectifs du Sommet mondial pour les enfants. Nous notons avec satisfaction qu'au cours des dix années écoulées, des progrès significatifs ont été effectués dans de nombreux pays sur la mise en application des objectifs fixés. Les avancées considérables réalisées montrent qu'une intention, ferme et énergique, peut contribuer à de substantiels changements. Cela étant, la présentation de l'UNICEF que nous venons précisément d'entendre montre également que nombre de problèmes sérieux subsistent. Nous avons noté par exemple qu'aujourd'hui encore il n'y a qu'un enfant sur trois dans le monde à être enregistré à la naissance. Il est intéressant de constater que dans notre propre région, des progrès substantiels ont été réalisés en ce qui concerne la réalisation de certains objectifs, par exemple à propos du taux de mortalité des moins de cinq ans, bien que nous soyons partis de ce que l'on considérait être, il y a dix ans, un niveau déjà bas.

3. Plusieurs de ces résultats avaient été prévus. Le suivi et l'analyse systématique des progrès obtenus par rapport aux objectifs définis par le SME ont permis, par une comptabilisation annuelle, d'évaluer le résultat de nos efforts. La comptabilisation transmise au Comité des droits de l'enfant, qui a maintenant analysé les seconds rapports de plusieurs pays de l'UE, joue un rôle encore plus déterminant en ce qui concerne l'évaluation des avancées, l'identification des obstacles et la préconisation de nouvelles actions au niveau national.

4. L'un des progrès les plus importants du SME est précisément d'avoir contribué à la mise en place d'indicateurs et d'un contrôle systématique. L'accès à des données de base nous donne les moyens d'une part d'identifier avec une plus grande pertinence les secteurs dans lesquels des progrès ont été réalisés, ceux dans lesquels des interventions, nouvelles ou renforcées, s'imposent, de l'autre de redistribuer nos efforts et nos ressources de manière à offrir aux enfants les meilleurs résultats, tant au sein de nos pays que dans les autres parties du monde. Même si la collecte des données doit encore s'affiner, leur comparabilité s'accroître, nous n'avons plus d'excuse pour ne pas être prospectifs dans notre approche des enfants et de leurs droits.

5. Les objectifs définis par le SME ne pourront être pleinement atteints que par la mise en œuvre universelle de l'ensemble des droits de la Convention. Depuis son adoption, la Convention a été le point de départ évident des projets que nous avons entrepris au niveau national au sein de l'Union européenne. Nous sommes réconfortés d'apprendre que c'est une méthode adoptée dans bien d'autres endroits dans le monde. La Convention relative aux droits de l'enfant nous a fourni une aune à laquelle il nous est possible de mesurer nos progrès, de manière à nous assurer que tout enfant - fille ou garçon - ait la possibilité de profiter de ses droits.

6. Mais il nous faut poursuivre nos efforts. C'est la raison pour laquelle la Présidence française a organisé la première réunion des ministres en charge des enfants le 20 novembre dernier. L'objectif était de permettre à chaque pays de bénéficier des meilleures pratiques en usage dans des secteurs particulièrement sensibles en ce qui concerne le respect et la promotion des droit de l'enfant.

Dans notre région, nous mettons l'accent sur les questions suivantes :

L'intérêt supérieur de l'enfant - Identifier l'intérêt supérieur de l'enfant et faire en sorte que celui-ci sous-tende les prises de décision relatives aux enfants, ce qui devrait devenir un réflexe chez toute personne s'occupant d'enfants. L'intérêt supérieur de l'enfant doit être pris en compte à trois niveaux, lesquels nécessitent des mesures ou instruments différents. Prise de décisions concernant les individus, législation et prise de décisions politique. Cette mission a en partie pour objectif de mettre en place, autant que faire se peut, une analyse de l'impact sur les enfants aux niveaux des gouvernements locaux et nationaux. Nous avons besoin de poursuivre le développement de méthodes permettant d'analyser l'effet de nos décisions sur les enfants et d'affiner en conséquence nos instruments budgétaires.

Participation - Comment pouvoir faire en sorte que les enfants soient écoutés et impliqués dans toutes les questions relatives à leur existence ? Ils doivent être à même de prendre une part active et déterminante dans les décisions qui façonnent leurs vies et leur avenir.

Discrimination - Il existe des groupes d'enfants, au nombre desquels appartiennent les immigrants de date récente et originaires de pays situés en dehors des frontières de l'UE, qui nécessitent une attention accrue pour faire en sorte qu'ils aient la possibilité de profiter des mêmes droits que les autres enfants.

Inclusion des enfants marginalisés - Un nombre non négligeable d'enfants de pays européens ont des difficultés en raison de handicaps, de problèmes sociaux, de familles défaillantes ou de problèmes scolaires, de leur appartenance à des minorités ethniques ou autres, de l'exploitation et des mauvais traitements dont ils sont victimes. Tout un arsenal de mesures doit être mis en place pour entrer en contact avec ces groupes.

Violence - Les pays de l'UE mettent de plus en plus l'accent sur les manières d'éliminer la violence exercée contre les enfants, comme d'ailleurs la violence domestique d'une manière générale, notamment une législation interdisant les châtiments corporels sur les enfants. Nous sommes également conscients que ceci s'inscrit dans une stratégie à long terme visant à modifier des attitudes profondément enracinées dans bien des sociétés, stratégie que doit compléter une sensibilisation accrue au fait qu'il est nécessaire de traiter les droits de l'enfant avec respect et dignité.

Le rôle des pères - Nous avons énormément fait pour garantir aux mères en activité les meilleures possibilités qui soient pour leur permettre de s'occuper de leurs enfants. Il nous faut maintenant consacrer la même énergie pour faire en sorte que l'importance d'un père pour son enfant soit pleinement reconnue et que soient créées les conditions d'un partage à égalité des responsabilités familiales.

Encadrement des droits des enfants - Plusieurs pays membres de l'UE ont mis en place des médiateurs indépendants ou des institutions similaires chargés de veiller au respect des droits de l'enfant. Leurs recommandations et conclusions doivent être prises au sérieux et rendues effectives par les autorités compétentes.


Nous nous réjouissons à la perspective d'avoir la possibilité d'aborder ces questions, comme d'autres d'ailleurs, à la Conférence régionale pour l'Europe et la CEI qui se tiendra à Berlin des 16 au 18 mai prochains et qui sera organisée conjointement par les gouvernements d'Allemagne et de Bosnie-Herzégovine.

Madame la Présidente,

7. Ce qui nous préoccupe tout particulièrement dans cette présentation, ce sont les pays dans lesquels les progrès enregistrés ont été limités ou inexistants ou dans lesquels l'évolution s'est faite de manière inégale au sein du pays. Nous attendons avec beaucoup d'intérêt une analyse des causes sous-jacentes de ceci. Dans plusieurs cas, ces raisons sont évidentes. Là où des conflits sont à l'origine de ravages, l'accès aux enfants est difficile et d'importantes ressources sont affectées à des objectifs militaires. Les droits des enfants sont violés de multiples façons. Dans sa gestion de la paix internationale et des questions de sécurité, le Conseil de sécurité tient à ce que les droits et le bien-être des enfants soient pris en considération dans ses résolutions 1261 et 1314. Ayant fait de la protection des enfants dans les conflits une priorité importante, les pays de l'Union européenne continueront d'œuvrer pour faire en sorte que ces engagements se transposent dans leurs propres politiques d'aide et dans la PESC. Dans ce contexte, l'UE est, en ce qui concerne le commerce des armes légères et de petit calibre sous tous ses aspects, profondément attachée à une approche globale. Nous soulignons également l'importance du Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant et concernant la participation des enfants aux conflits armés, que tous avons signé. Durant sa Présidence, la Suède organise à Norrköping et au niveau des ministres de l'UE un séminaire sur le thème « Enfants touchés par les conflits armés et déplacements forcés - Politiques migratoires et de coopération au développement dans la perspective des droits de l'enfant » pour, notamment, promouvoir des approches innovatrices en matière de mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l'enfant dans des situations de ce genre.

8. Les membres de l'UE sont résolus à contribuer à une amélioration de la situation des enfants et à un respect accru de leurs droits dans le monde entier. Nous fournissons ensemble près de la moitié du budget de l'UNICEF tandis qu'une part importante de notre APD est consacrée à des programmes qui contribuent au bien-être de l'enfant. L'éradication de la pauvreté est une condition sine qua non au plein respect des droits des enfants. L'adoption d'une approche en matière de développement basée sur les droits, englobant participation sociale et inclusion, contribuera à l'éradication de la pauvreté. En tant que partie à ce projet, nous veillerons à ce que les droits de l'enfant constituent un élément constitutif essentiel des efforts au développement que nous déployons au niveau international. Des instruments permettant de mesurer les progrès réalisés, comme par exemple une analyse de l'impact sur les enfants se basant sur les droits, sont d'une grande importance pour faire avancer cet agenda.

Madame la Présidente,

9. La situation des enfants, leurs droits ont été l'objet de revers notables à la suite de l'épidémie de VIH/SIDA. Pour faire face à cette menace, la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe) et l'UE ont, en octobre dernier à Harare (Zimbabwe), organisé un séminaire sur les droits de l'enfant dans un monde touché par le VIH et le SIDA. La réunion du Forum pour le développement de l'Afrique, qui s'est tenue à Addis-Abeba en décembre dernier, représente un pas un avant important, c'est pourquoi nous saluons de nos vœux son appel à la mobilisation de toutes les forces de la société dans la lutte contre le VIH/SIDA.

Cette réunion a confirmé que l'impact du VIH et du SIDA sur les enfants est beaucoup plus grand que ce que l'on avait admis jusqu'ici. Les remèdes apportés en termes de prestations fournies pour la prévention, les soins et la prise en charge sont très inférieurs aux besoins. La collaboration mise maintenant en place entre gouvernements, organisations multilatérales, secteur privé et ONG, s'avère prometteuse et vitale pour les efforts déployés tant au plan national que régional et mondial. La participation des enfants et des jeunes est indispensable pour maîtriser cette pandémie. Cette réunion a recommandé d'une part de promouvoir l'égalité des sexes et le renforcement du pouvoir des filles et des jeunes femmes de manière à ce qu'elles puissent se protéger elles-mêmes de rapports sexuels non protégés avec leurs partenaires, de l'autre de donner aux garçons et aux jeunes hommes la possibilité d'apprécier à leur juste valeur les aspects positifs d'une relation les plaçant sur un plan d'égalité avec leurs partenaires féminins. Elle a par ailleurs souligné que transparence et absence d'ambiguïté en matière de sexualité et de SIDA sont absolument indispensables pour assurer le succès d'activités de prévention. Un engagement clair au niveau politique le plus élevé et une mobilisation sociale à tous les niveaux de la société sont indispensables pour pouvoir s'occuper efficacement des droits de l'enfant d'une part, du VIH et du SIDA de l'autre. Dans ce contexte, nous aimerions également souligner l'importance du Protocole facultatif de la Convention relative aux droits de l'enfant et concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, que tous signé.

10. L'UE et le SADC, en coopération avec des agences des Nations Unies et des ONG, ont saisi l'occasion qui se présentait, à savoir le suivi du sommet mondial de l'enfance de 1990, pour placer ensemble, et de manière stratégique, la situation des enfants touchés par la pandémie de SIDA en tête de leur agenda. L'établissement d'une identité de vue sur la situation, la définition de projets à réaliser constituent un premier pas sur la voie d'une collaboration. Les Présidences des deux organisations œuvrent maintenant ensemble pour définir les phases ultérieures de ce processus. À cet égard, nous attendons avec beaucoup d'intérêt la session spéciale de l'AG sur le VIH/SIDA, qui doit avoir lieu en juin prochain.

Madame la Présidente,

11. Les membres de l'Union européenne se réjouissent à la perspective d'une coopération fructueuse avec l'ensemble des nations et autres partenaires, et ce au moment où nous nous apprêtons, cette semaine, à poursuivre nos discussions sur la meilleure manière de faire progresser l'ordre du jour sur la promotion et la protection des droits des enfants dans l'ensemble du monde.

Je vous remercie, Madame la Présidente.


  • Ref: PRES01-009EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: Assemblée Générale (y compris Sessions spéciales)
  • Date: 29/1/2001


< Retour à la page précédente

Voir aussi
 

Etats Membres de l'Union Européenne