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Droits de l'homme dans le monde [1/4]

Sommaire: 26 octobre 2000: Intervention prononcée par M. Patrick Hénault, Ambassadeur chargé des droits de l'Homme. Situation des droits de l'Homme dans le monde (New York)

Madame la Présidente,

J'ai l'honneur de m'exprimer au nom de l'Union européenne sur le point 114 c de l'ordre du jour intitulé "situation des droits de l'homme dans le monde". Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne (Bulgarie, République Tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lithuanie, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie) et les pays associés tels que Chypre et Malte, se rallient à cette déclaration.

Madame la Présidente,

L'Union européenne a choisi cette année d'attirer l'attention de cette assemblée sur certaines tendances et évolutions aussi bien positives que négatives qui, depuis son discours sur le sujet à la Commission des Droits de l'Homme, fin mars, méritent selon elle d'être relevées, sans présenter un panorama complet des violations des droits de l'homme qui la préoccupent. Elle souhaite par ailleurs réserver l'expression de sa sérieuse préoccupation quant à la situation des droits de l'Homme en République Démocratique du Congo, au Soudan, en Irak et en Iran à la présentation des résolutions que l'Union européenne a décidé de déposer sur ces situations. La situation en Birmanie sera quant à elle abordée lors de la présentation par la Suède de son initiative visant ce pays.

Si l'Union européenne a retenu cette approche centrée sur les évolutions, c'est qu'il lui semble essentiel non seulement de prévenir et d'enrayer les dégradations mais aussi d'accompagner et d'appuyer les mouvements positifs. L'Union européenne considère que la réalisation des droits de l'homme, la promotion de l'état de droit et de la démocratie constituent des défis permanents pour l'ensemble de nos sociétés et sont le fruit de processus qui ne sont pas instantanés et ne sont jamais acquis. Elle souhaite contribuer à ces processus par tous les moyens d'action dont elle dispose, y compris par sa politique de développement, en étant soucieuse de la promotion de tous les droits de l'individu. La défense des droits de l'homme est, avec la préservation de la paix et le renforcement de la sécurité internationale, au cœur des principes qui fondent la politique étrangère de l'Union européenne. Les droits de l'homme et les libertés fondamentales constituent également l'un des fondements essentiels de la construction européenne et une priorité pour les gouvernements qui la composent et ceux qui sont amenés à y adhérer. Leur mise en oeuvre est une préoccupation et un effort constant. Aussi proclameront-ils en fin d'année, avec la Commission et le Parlement européen, une Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Madame la Présidente,

I. L'Union européenne est au regret de déclarer que de graves insuffisances en matière de droits de l'homme persistent dans nombre de pays où aucun progrès notable n'a pu être relevé ces derniers mois. Les remarques contenues dans son discours à la Commission des Droits de l'Homme sur ces pays restent hélas valables.

C'est le cas de la Chine, avec laquelle l'Union européenne entretient un dialogue sur les droits de l'homme dont elle attend des progrès concrets. Elle continue à y déplorer l'usage extensif de la peine de mort et des atteintes importantes aux libertés fondamentales, qui se traduisent notamment par des mesures sévères à l'encontre des personnes qui en font usage, et parmi elles, celles appartenant à des minorités nationales, en particulier au Tibet. Toutes ces pratiques ont été dénoncées par le Conseil Affaires Générales du 20 mars.

C'est le cas de nombre de pays où les institutions ne font pas place au pluralisme et où l'expression de l'opposition ou de la dissidence est systématiquement réprimée. C'est le cas de la Syrie, du Laos, de la République Populaire et Démocratique de Corée, où l'Union européenne veut espérer que le rapprochement avec le sud ouvrira la voie à des progrès en matière de droits et libertés. C'est aussi le cas de Cuba, aux autorités duquel l'Union européenne rappelle la nécessité de faire des progrès en matière de droits civils et politiques. C'est également le cas du Pakistan, où l'environnement en matière de droits de l'homme continue à préoccuper gravement l'Union européenne. C'est encore le cas du Tchad.

C'est le cas du Rwanda et de l'Ouganda où, malgré certains progrès ponctuels, la situation générale des droits de l'homme continue à la préoccuper. L'Union européenne les encourage à renouveler leurs efforts visant à mettre fin aux violations qui perdurent.

L'Union européenne ne reviendra donc pas ici dans le détail sur la situation dans ces pays. Cela ne signifie nullement qu'elle condamne moins fortement les violations des droits qui s'y commettent ou qu'elle se résigne à ne pas pouvoir contribuer à les voir disparaître. Elle souhaite simplement renvoyer pour ces pays à son intervention du mois de mars et leur réitérer son appel pressant à accomplir les efforts nécessaires en vue d'un plein respect des droits universels de l'homme.

  • Ref: PRES00-260EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: Troisième Commission (Affaires sociales, humanitaires et culturelles)
  • Date: 26/10/2000


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