
Sommaire: 5 août 2002:Intervention de S.E. Mme Ellen Margrethe Løj, Ambassadeur, Représentant permanent du Danemark auprès des Nations Unies, au nom de l'Union européenne sur la Reprise de la dixième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale: Rapport du Secrétariat général concernant les événements tragiques qui se sont produits à Djénine et dans d'autres villes palestiniennes (New York)
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur d'intervenir au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne que sont la Bulgarie, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie, les pays associés que sont Chypre, Malte et la Turquie, ainsi que les pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen que sont l'Islande et le Liechtenstein, s'associent à cette intervention.
Nous sommes réunis aujourd'hui, à l'occasion de la reprise de la dixième session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale, pour examiner le rapport établi par le Secrétaire général en application de la résolution ES-10/10 concernant les événements tragiques qui se sont produits il y a quelques mois à Djénine et dans d'autres villes palestiniennes.
L'Union européenne tient à remercier le Secrétaire général pour son rapport. Nous saluons les efforts qu'il a accomplis pour rendre compte des événements qui se sont produits à Djénine et dans d'autres villes palestiniennes entre le début du mois de mars et le 7 mai 2002. Ce rapport se fonde sur les sources auxquelles il a eu accès. Nous déplorons vivement le manque de coopération des Israéliens dans la mise en œuvre de la résolution 1405 (2002) du Conseil de sécurité et dans la préparation du
rapport.
Monsieur le Président,
Les actions militaires et violentes ont pour seul effet d'attiser la haine et de saper les tentatives visant à la réconciliation et à un règlement négocié du conflit au Moyen-Orient. L'Union européenne déplore donc profondément la poursuite de la violence dans la région.
Cette violence s'est traduite hier encore par plusieurs attentats, notamment par un attentat contre un bus israélien près de Safed. L'Union européenne condamne une nouvelle fois tous les attentats contre des civils, qu'ils soient Israéliens ou Palestiniens.
Des civils innocents ont donc à nouveau été la cible d'actes de violence insensés, qui surviennent à un moment critique où la communauté internationale et les parties concernées conjuguent leurs efforts pour arrêter la violence et relancer le processus de paix. Il est essentiel que ces efforts se poursuivent. Il ne faut pas permettre aux ennemis de la paix de faire dérailler ce processus.
La situation désastreuse qui règne dans les zones palestiniennes appelle des initiatives immédiates sur le plan humanitaire. Les organisations internationales et humanitaires doivent pouvoir accéder complètement, en toute sécurité et sans entraves aux zones palestiniennes.
Monsieur le président,
L'Union européenne prend acte avec inquiétude du constat figurant dans le rapport du Secrétaire général selon lequel une partie importante des combats lors de l'opération "Bouclier défensif" se sont déroulés dans des zones à forte densité de population civile et selon lequel les deux camps ont mis des civils en danger. Nous déplorons qu'un nombre considérable de civils aient perdu la vie. La destruction massive et insensée de biens palestiniens publics et privés a de lourdes conséquences
sociales, économiques et humanitaires pour la population civile dans les zones touchées.
Monsieur le président,
Rien ne peut justifier que l'on prenne aveuglément pour cible des civils et que l'on détruise des infrastructures civiles. Comme l'a indiqué le Secrétaire général, le droit à la légitime défense ne donne pas carte blanche à celui qui l'invoque et le fait d'agir en réaction à des actes de terrorisme ne dispense pas Israël de respecter les obligations que lui impose le droit international. À cet égard, nous réaffirmons que la quatrième convention de Genève, de 1949, relative à la protection des
personnes civiles en temps de guerre est applicable aux territoires occupés, y compris à Jérusalem-Est. Les actions de légitime défense doivent être proportionnées. Israël doit éviter de faire des victimes civiles et d'endommager des biens ou infrastructures civils.
L'Union européenne souligne aussi la responsabilité qui incombe en vertu du droit international à l'Autorité palestinienne pour ce qui est de protéger les civils, y compris en déployant le maximum d'efforts possible pour arrêter les attentats terroristes visant la population israélienne et traduire les auteurs de tels actes en justice. Nous notons avec beaucoup d'inquiétude que le rapport constate que les militants palestiniens à Djénine ont agi en violation du droit international.
Nous prenons acte avec une grande préoccupation des informations faisant état de souffrances inutiles endurées par la population civile du fait de l'interdiction d'accès qui a été imposée au personnel médical et humanitaire, en particulier immédiatement après l'incursion. L'Union européenne juge également très préoccupantes les déclarations selon lesquelles les FDI auraient pris pour cible du personnel médical. Les actions visant des institutions médicales et humanitaires sont absolument
inacceptables et contraires aux conventions des Nations Unies et au droit humanitaire international.
L'Union européenne appelle les deux parties à respecter strictement le droit international et à tout mettre en œuvre pour protéger les civils lorsqu'elles cherchent à prévenir et à combattre le terrorisme. Nous exhortons le gouvernement d'Israël à ne prendre aucune mesure qui serait incompatible avec le droit humanitaire international, telle que le déplacement forcé de personnes protégées, quel qu'en soit le motif, et à s'abstenir de toute sanction collective, telle que la démolition de maisons
palestiniennes. De la même manière, nous exhortons les Palestiniens à prendre toutes les mesures utiles pour empêcher de nouveaux attentats suicide ou toute autre action dirigée contre des civils.
Monsieur le Président,
Le rapport du Secrétaire général dépeint surtout une situation de souffrances humaines et illustre clairement qu'il n'existe pas de solution militaire à ce conflit. Nous partageons donc pleinement la conclusion du Secrétaire général: les événements décrits dans son rapport, la détérioration persistante de la situation et le cycle prolongé de violences montrent l'urgente nécessité, pour les parties, de reprendre un processus qui devrait les ramener à la table des négociations.
Des éléments importants d'un processus visant à instaurer la paix au Moyen-Orient ont été mis en route. En mars, lors du sommet de Beyrouth, la Ligue arabe a approuvé l'initiative de l'Arabie saoudite. Lors de la réunion du Quatuor qui s'est tenue récemment à New York, le 16 juillet, il a été décidé de créer un certain nombre de groupes de travail pour aider et suivre le processus de réforme palestinien. Au cours des mois à venir, le Quatuor s'attachera également à élaborer une feuille de route
portant sur les moyens de mettre en œuvre le projet d'un État palestinien dans un délai de trois ans, comme le président Bush l'a évoqué dans son discours du 24 juin.
L'Union européenne réaffirme donc qu'elle est prête à soutenir, en coopération avec nos partenaires du Quatuor et nos partenaires du monde arabe, les parties en présence dans ce processus en vue d'aboutir à un règlement juste, global et durable du conflit du Moyen-Orient conformément aux résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité.
Je vous remercie, Monsieur le Président.
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