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Déclaration de la Présidence de l'UE au Conseil de Sécurité sur le Kosovo

Sommaire: 26 juin 2002: Intervention de l'Union européenne au Conseil de Sécurité sur la situation au Kosovo (New York)

Mme Menéndez (Espagne) (parle en espagnol) : J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. La Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie, Chypre, Malte, la Turquie, l'Islande et le Liechtenstein s'associent à cette déclaration.

Je voudrais, pour commencer, remercier le Secrétaire général adjoint, M. Guéhenno, de son exposé d'aujourd'hui. L'Union européenne appuie la détermination avec laquelle le Représentant spécial, M. Steiner, applique sa politique de jalons pour mesurer les progrès de la mise en place d'un Kosovo pluriethnique, politiquement stable et économiquement durable.

L'instauration d'une culture fondée sur la légalité, la réduction de la criminalité et de la violence et le progrès économique sont les priorités sur lesquelles doivent se concentrer tous les efforts avant d'en venir aux questions relatives au statut du Kosovo. Nous trouvons encourageant que les priorités envisagées dans le programme de travail présenté par le gouvernement provisoire à l'Assemblée aillent dans la même direction que les jalons fixés.

Nous nous félicitons de ce que les représentants de la coalition Povratak aient pris les fonctions auxquelles ils ont été nommés au sein du Gouvernement provisoire et du Bureau du Représentant spécial. La pleine participation de la communauté serbe, comme, bien sûr, de toutes les minorités du Kosovo, revêt une importance fondamentale pour le bon fonctionnement des institutions provisoires, ainsi que pour la prise en compte et la défense de leurs intérêts. Cela permettra également de stimuler le processus des retours et de promouvoir la réconciliation et les mesures de confiance entre les différentes communautés.

Nous appuyons l'accent mis par la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) sur le retour des minorités et nous espérons que le Coordonnateur interministériel chargé des retours et que le Conseiller principal du Bureau des retours et des communautés, qui viennent d'être nommés, joueront un rôle important dans l'élaboration de politiques vivant à favoriser les retours définitifs et à intégrer les communautés minoritaires dans la société kosovare.

Plus d'un million de personnes restent déplacées dans la région suite au conflit. On a vu, ces dernières années, que lorsque des conditions favorables sont réunies sur le terrain, particulièrement pour le retour des minorités, on peut faire des progrès rapides. Toutes les parties prenantes, dans la région, ne doivent ménager aucun effort pour mettre en place les conditions qui s'imposent, au plan législatif et sécuritaire, pour le retour de ces personnes et au plan financier pour que ces retours soient durables.

L'Union européenne reste soucieuse de la situation actuelle dans le nord du Kosovo et elle exhorte les autorités de la République fédérale de Yougoslavie à encourager au respect sans conditions de l'autorité de la MINUK dans tout le Kosovo et à y contribuer. L'appui apporté aux structures parallèles de Mitrovica doit cesser et la ville doit se réunir sous la pleine autorité de la MINUK et des représentants élus de la population. La politique de jalons appliquée actuellement au Kosovo doit l'être aussi, intégralement, à Mitrovica. Il faut progresser désormais, avec l'engagement total de toutes les parties, de façon que les élections municipales d'octobre permettent enfin la nécessaire normalisation administrative.

Nous appuyons tous les efforts de la MINUK en ce sens, y compris les patrouilles conjointes commencées récemment avec la Force de paix au Kosovo (KFOR) dans la partie nord de Mitrovica, ainsi que la mise en place de groupes de travail chargés de promouvoir les mesures de confiance.

L'Union européenne a déjà exprimé son plein appui à la décision du Représentant spécial, M. Steiner, de déclarer nulle et non avenue la résolution de l'Assemblée du Kosovo du 23 mai relative à l'« intégrité territoriale du Kosovo » et elle a exhorté les institutions provisoires à mener à bien leurs travaux dans le cadre défini par la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité et le cadre constitutionnel, et à concentrer leurs efforts sur le renforcement de la légalité, l'amélioration de la situation économique, notamment par la création d'emplois, et à oeuvrer pour des conditions de sécurité propices au retour des réfugiés et des personnes déplacées.

Nous réitérons notre plein appui à l'Accord frontalier du 23 février 2001 entre l'ex-République yougoslave de Macédoine et la République fédérale de Yougoslavie et encourageons la MINUK et le Gouvernement de l'ex-République yougoslave de Macédoine à convenir rapidement de solutions pratiques aux problèmes auxquels se heurte la population et à les mettre en oeuvre. Nous sommes préoccupés par le nombre croissant d'incidents à la frontière entre le Kosovo et l'ex-République yougoslave de Macédoine.

Le Représentant spécial, M. Steiner, considère, à juste titre, que la lutte contre la criminalité et la violence sont prioritaires, de même que la garantie de la liberté de mouvement. La violence et la criminalité empêchent la démocratie de prendre racine et remettent en cause toutes possibilités d'investissements et de croissance économique. Nous appuyons la politique de tolérance zéro de M. Steiner et le félicitons pour les mesures qu'il a prises jusqu'à présent et pour les règlements qu'il a introduits afin d'améliorer la capacité de la MINUK de lutter efficacement contre la criminalité, le terrorisme, l'extrémisme et la violence. Nous nous félicitons également de l'accord conclu avec les autorités de la République fédérale de Yougoslavie et la Serbie sur la coopération policière.

Enfin, je voudrais parler du Processus de stabilisation et d'association - une démarche politique à long terme qui appuierait une réforme durable et compatible avec l'Union européenne visant à aider les pays de la région à préparer leur intégration dans l'Union européenne. Cela est devenu un élément moteur des réformes politique, démocratique et économique dans chacun de ces pays, de renforcement de la dimension régionale et d'intensification de la coopération régionale, qui vont de pair avec un rapprochement avec l'Union européenne.

Nous exhortons Belgrade et la MINUK, de même que les institutions provisoires d'administration autonome du Kosovo, à oeuvrer avec détermination, dans le cadre de la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, du Cadre constitutionnel et du Document commun, en vue d'atteindre les objectifs définis dans le Processus de stabilisation et d'association.

  • Ref: PRES02-098EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: Conseil de Securité
  • Date: 26/6/2002


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