
Sommaire: 20 mai 2002 : Intervention de l'Union européenne au Conseil de Sécurité sur la situation au Timor oriental (New York)
M. Arias (Espagne) (parle en espagnol) : Monsieur le Président, c'est pour moi un grand plaisir que de vous voir présider cette importante réunion.
J'ai l'honneur de prendre la parole au nom de l'Union européenne. Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne - la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie - et les pays associés Chypre, Malte et la Turquie ainsi que les pays de l'Association européenne de libre-échange, membres de l'Espace économique européen, l'Islande et le Liechtenstein, se rallient à cette
déclaration.
Nous sommes réunis aujourd'hui pour célébrer la naissance d'une nouvelle nation indépendante. Aujourd'hui à Dili, les représentants de plus de 80 pays ont été témoins de la remise du pouvoir par le Secrétaire général aux représentants élus de la République démocratique du Timor oriental.
Nous nous unissons au peuple du Timor oriental en cette journée de fête et nous lui rendons hommage pour ses efforts constants qui ont enfin été récompensés. L'histoire de la majorité des nations est une longue série de tragédies mais aussi de réussites. En s'acheminant vers l'indépendance, les Timorais ont appris à persévérer. À présent, la réconciliation doit être le mot d'ordre pour tous ceux qui ont des liens avec le Timor oriental, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de ce nouveau
pays. Il faut que les populations qui ont surmonté des conflits civils et la destruction aillent maintenant de l'avant non pas en oubliant mais plutôt en se souvenant de leurs divergences afin de les surmonter. Cet effort doit recevoir l'appui sincère des pays voisins et du reste de la communauté internationale.
Il y a un peu plus de trois ans, l'Indonésie et le Portugal sont parvenus à un accord concernant la consultation des Timorais de l'Est relativement à leur avenir. Depuis, l'ONU a joué un rôle essentiel dans le déroulement d'un processus douloureux qui a fini par déboucher sur l'indépendance. Nous voudrions faire part de notre reconnaissance au Secrétaire général et à son Représentant spécial, M. Sergio Viera de Mello, qui a dirigé avec sagesse les Nations Unies dans l'énorme tâche d'aide à la
création d'un nouveau pays en partant pratiquement de zéro. Tous les hommes et toutes les femmes qui ont fait partie des missions de l'ONU au Timor oriental, ainsi que le personnel des institutions de l'ONU, des diverses institutions gouvernementales et non gouvernementales, méritent également notre reconnaissance et notre admiration. Le nouveau Représentant spécial, l'Ambassadeur Sharma, recevra également le plein appui de l'Union européenne pour les nouvelles responsabilités qu'il va
assumer.
L'Assemblée générale a adopté récemment sa résolution 56/282 aux termes de laquelle elle a rayé le Timor oriental de la liste des territoires non autonomes. Ceci nous rappelle que le nouvel État sera pleinement responsable de ses relations internationales. Dans le cas du Timor oriental, il s'agit d'une question essentielle pour l'avenir du pays. Nous nous félicitons des initiatives que l'Indonésie et le Timor oriental prennent actuellement afin d'améliorer leurs relations, comme le montre la
récente rencontre entre les deux présidents à Djakarta et la décision de la Présidente Megawati d'assister à la cérémonie d'indépendance aujourd'hui. Nous avons bon espoir que ces rencontres laissent augurer d'une volonté partagée d'établir des relations qui seront à l'avantage des deux pays. Il reste encore bien des questions à régler, par exemple la question de traduire en justice les responsables des actes de violence de 1999. Nous exhortons l'Indonésie, de même que le Timor oriental, à
régler les questions qui restent en suspens, notamment la question importante de la délimitation des frontières.
Nous souhaitons également reconnaître une fois de plus le rôle essentiel joué par les pays qui ont aidé les Nations Unies en fournissant des ressources et en envoyant d'importants contingents.
L'Union européenne a fait un effort considérable pour aider ce nouvel État et elle maintiendra sa présence au Timor oriental au titre de l'aide offerte par la Communauté européenne et par ses États Membres à titre individuel. De nombreux ressortissants de l'Union européenne ont participé aux différentes missions de l'ONU et prendront également part à la nouvelle Mission d'appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO).
L'Union européenne se félicite de l'engagement pris par le Timor oriental indépendant en ce qui concerne la protection des droits de l'homme. Dans ce contexte, nous soulignons l'importante prise de position contre la peine de mort dont l'abolition figure dans la Constitution de la République démocratique du Timor oriental.
L'Union européenne félicite les dirigeants du nouvel État pour la façon dont ils ont participé au processus d'édification nationale qui trouve aujourd'hui son apogée. Le peuple du Timor oriental a fait preuve d'une grande maturité politique en choisissant d'apporter son appui à la démocratie comme la seule manière de réaliser la paix et la prospérité. Nous réitérons nos félicitations à l'occasion du déroulement réussi, en août 2001, des élections de la première Assemblée constituante et de
l'élection présidentielle en avril 2002 et nous sommes convaincus que le fort pourcentage de participation se reproduira à l'avenir.
En dépit des réalisations des trois dernières années, nous savons que tout n'est pas réglé. À mesure que le nouvel État se développera et que la Mission d'appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO) sera progressivement réduite, la communauté internationale devra adapter son aide tout en tenant compte du fait que le Timor oriental continuera d'avoir des besoins énormes en matière de développement. L'Union européenne et ses États membres continueront d'appuyer fermement le Timor oriental
dans cette nouvelle étape de son développement. L'administration publique, le système judiciaire, le maintien de l'ordre et la défense figurent parmi les principaux domaines nécessitant un appui au niveau international.
L'Union européenne se félicite de l'adoption, le 17 mai, de la résolution 1410 (2002) portant création de la MANUTO. Nous espérons que la nouvelle mission s'inspirera de l'expérience de la mission qui l'a précédée pour aider les Timorais de l'Est à édifier un pays démocratique, viable et stable, en paix avec ses voisins.
Très bientôt, la République démocratique du Timor oriental rejoindra les Membres de l'Organisation des Nations Unies à l'occasion de ce siècle nouveau, mais elle ne sera pas une nouvelle venue au sein de cette Organisation. L'ONU devrait maintenant considérer avec fierté l'aboutissement heureux des efforts multilatéraux auxquels des personnes d'origines diverses ont participé avec succès.
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