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EU in the USA - delegation to Washington, DC

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Déclaration de la Présidence de l'UE sur la Région des Grands Lacs

Sommaire: 14 mai 2002 : Intervention de l'Union européenne au Conseil de Sécurité sur la situation dans la Région des Grands Lacs (New York)

M. Arias (Espagne) (parle en espagnol) : Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne - Bulgarie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Pologne, Roumanie, Slovaquie et Slovénie - ainsi que Chypre, Malte et la Turquie, de même que l'Islande et le Lichtenstein s'associent à cette déclaration.

L'Union européenne se félicite de la troisième mission du Conseil de sécurité du 27 avril au 7 mai dans la région des Grands Lacs, car elle prouve la détermination du Conseil à maintenir un engagement à long terme en faveur de la paix dans la région des Grands Lacs. Nous tenons également à rendre hommage au rôle dirigeant de l'Ambassadeur Jean-David Levitte, chef de la mission.

L'Union européenne se félicite des résultats obtenus dans le cadre du dialogue intercongolais au cours duquel les différentes délégations ont examiné des questions particulièrement délicates dans un climat calme et constructif. Nous prenons note du fait que les 37 rapports approuvés constituent une preuve irréfutable du niveau élevé d'engagement obtenu dans la recherche de la réconciliation nationale et de la paix pour la République démocratique du Congo.

L'Union européenne tient aussi à remercier l'équipe du facilitateur du dialogue pour le travail réalisé ainsi que le Gouvernement sud-africain pour ses efforts.

L'Union européenne prend note de l'accord conclu entre le Gouvernement de la République démocratique du Congo et le Mouvement de libération du Congo (MLC), accord avalisé par un bon nombre de partis de l'opposition politique et de représentants des secteurs de la société civile. L'accord politique réalisé à la suite du dialogue entre le Gouvernement de la République démocratique du Congo et le MLC, accord auquel a souscrit la majorité des participants, pourrait faciliter la transition politique et favoriser le renforcement du processus régional de paix en République démocratique du Congo, sur la base de l'Accord de Lusaka et des résolutions du Conseil de sécurité. L'Union européenne se félicite de la volonté manifestée par les signataires de l'Accord d'inclure toutes les parties congolaises, et elle les invite à poursuivre les discussions dans un esprit d'ouverture afin d'arriver à un accord global et intégral sur les institutions de transition.

Nous appuyons l'appel du Conseil au Gouvernement de la République démocratique du Congo, au Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et au MLC pour qu'ils continuent à négocier pour parvenir à un accord global et intégral.

Nous invitons toutes les parties congolaises à faire montre de responsabilité, d'esprit de compromis et de respect du cadre fixé dans les Accords de Lusaka et dans les résolutions pertinentes de l'ONU.

L'Union européenne exhorte tous les pays de la région à user de leur influence sur toutes les parties congolaises pour qu'elles respectent et appuient la volonté de paix, de démocratie et de réconciliation exprimée à Sun City.

L'Union européenne reste très inquiète des affrontements persistants dans le nord et l'est de la République démocratique du Congo, ainsi que par l'accroissement de l'instabilité au Kasaï; et elle invite toutes les parties à l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka à s'abstenir de mener toute opération militaire ou tout acte de provocation qui pourrait compromettre la dynamique politique lancée à Sun City.

Pour ce qui est du retrait des forces étrangères, l'Union européenne souscrit à la proposition présentée par la mission du Conseil de sécurité, à savoir la mise en place d'un « rideau » de troupes le long des frontières orientales de la République démocratique du Congo. Il s'agirait d'une mesure provisoire visant à assurer la sécurité aux frontières juste avant le retrait des troupes.

Nous rappelons que les parties doivent collaborer à instaurer le climat de confiance et de sécurité nécessaire pour faciliter le processus de désarmement, de démobilisation, de réinstallation et de réinsertion ou de rapatriement (DDRRR). Nous le invitons à collaborer entre elles et avec la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC). L'unité de DDRRR joue un rôle fondamental dans la troisième phase de déploiement de la MONUC et doit donc recevoir les moyens qu'exigent ses obligations. L'Union européenne appuie la recommandation figurant dans le rapport S/2002/169 du Secrétaire général tendant à accroître la force militaire de la MONUC et en ce sens, nous encourageons le Conseil de sécurité à tenir compte de cette recommandation lorsqu'il examinera la prorogation du mandat de la MONUC.

Nous espérons que la situation des combattants de Kamina trouvera rapidement une solution, et que cela constituera un début prometteur pour les opérations de DDRRR. L'Union européenne est prête à appuyer tout effort en ce sens, et la Commission européenne prévoit une première contribution de 20 millions d'euros pour le Fonds fiduciaire de la Banque mondiale.

L'Union européenne souscrit également à l'attitude ferme du Conseil de sécurité pour ce qui est de la démilitarisation immédiate et sans conditions de Kisangani.

Nous restons très inquiets des graves violations des droits de l'homme et par la terrible situation humanitaire dont souffre une bonne partie de la population de la République démocratique du Congo. Nous soutenons la recommandation de la mission pour que le Conseil apporte une attention particulière au mandat de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) quant aux droits de l'homme et à l'assistance humanitaire à ceux qui en ont le plus besoin, en prenant en compte les besoins des femmes et des fillettes. Il faut espérer que le déploiement progressif de personnel humanitaire et de spécialistes des droits de l'homme dans la partie est de la République démocratique du Congo conduira à une amélioration dans ce domaine.

L'Union européenne considère que la création à l'avenir d'un mécanisme de suivi du processus de paix, comme l'a suggéré la mission du Conseil de sécurité, sera importante pour garantir la coordination et la cohérence à l'action de la communauté internationale.

Quant à la situation au Burundi, l'Union européenne est extrêmement préoccupée par la poursuite des violences et la dégradation de la situation humanitaire, en particulier dans la zone rurale de Bujumbura. Une fois de plus, elle exhorte tous les belligérants au respect des populations civiles au nom du droit international humanitaire, en même temps qu'elle exhorte toutes les parties à respecter les droits de l'homme.

L'Union européenne condamne la logique de guerre que semblent encore poursuivre les groupes armés. L'Union lance un appel en faveur d'une cessation immédiate des hostilités, et exhorte les diverses factions de groupes armés à poursuivre les négociations en cours, avec la ferme volonté de les mener à bon terme.

Parallèlement, l'Union européenne exhorte le Gouvernement du Burundi à présenter une politique transparente et cohérente de réintégration des groupes armés au sein de l'armée burundaise. Elle encourage les efforts de négociation entamés en vue d'un cessez-le-feu définitif et permanent menés dans le cadre de la facilitation du Gabon et de l'Afrique du Sud, avec l'appui de la Tanzanie. L'Union européenne est prête à soutenir ce processus.

L'Union européenne prend note du commencement de l'opération de rapatriement volontaire des réfugiés burundais accueillis par la Tanzanie dans le cadre de l'accord tripartite entre le Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et les gouvernements du Burundi et de la Tanzanie. Elle rappelle que, conformément aux Accords d'Arusha, le retour des réfugiés doit être volontaire et se dérouler dans la dignité, avec des garanties de sécurité, prenant en compte la vulnérabilité particulière des femmes et des enfants. L'Union européenne exhorte les groupes armés à tout faire pour garantir la sécurité des réfugiés qui rentrent au Burundi. Les mécanismes d'accueil doivent être mis en place avant leur retour.

Par ailleurs, l'Union européenne encourage le gouvernement et l'ensemble des institutions de transition à consolider le processus de réformes commencé, par la mise en oeuvre du programme de transition, conformément au calendrier prévu, en vue de construire une société burundaise conforme à ces accords, qui puisse inclure tous les Burundais.

Pour terminer, nous convenons, avec la mission du Conseil de sécurité, de la nécessité pour le gouvernement de transition de lancer les réformes contenues dans l'Accord d'Arusha. Pour sa part, l'Union européenne exprime sa volonté de continuer à soutenir le processus de paix au Burundi.

  • Ref: PRES02-085EN
  • Source UE: Présidence UE
  • UN forum: Conseil de Securité
  • Date: 14/5/2002


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