Lutte contre la pauvreté dans les pays les moins avancés
Sommaire: 11 mai 2001 : La Commission appelle à un nouvel effort de lutte contre la pauvreté à la veille de la conférence des NU visant à aider les pays les moins avancés (Bruxelles)
La Commission européenne a appelé tous les pays en développement à renouveler leur effort d'aide aux pays les moins avancés (PMA) dans la lutte contre la pauvreté, alors que l'Union européenne se prépare à accueillir à Bruxelles, du 14 au 20 mai, la 3e conférence des Nations unies consacrée à ces pays.
À la veille de cette importante manifestation, le Président Romano Prodi a indiqué que : "Des solutions mondiales collectives aux problèmes mondiaux du sous-développement s'imposent plus que jamais. La conférence des NU est un appel à la lutte contre l'unilatéralisme. Elle entend dénoncer le protectionnisme et les calculs nationaux à courte vue. Le moment est venu d'évaluer nos relations avec les pays les plus pauvres de la planète. Elle en appelle à tous les pays développés pour qu'ils fassent
plus et mieux, et réfléchissent aux conséquences à long terme de nos politiques." L'Union européenne (UE) compte réaffirmer son attachement ferme à la réduction de la pauvreté et son souci d'appréhender les problèmes spécifiques des PMA. Elle voit dans la conférence l'occasion de définir des solutions communes exigeant l'intervention de tous les partenaires. La Commission a la conviction, plus particulièrement, que la conférence devrait s'appliquer à dégager un certain nombre de conclusions
concrètes et opérationnelles qui se traduiront par une réelle différence dans l'existence des populations des PMA.
Hôte de la conférence, l'UE compte y donner un signal politique fort de l'importance qu'elle attache aux problèmes des 48 pays actuellement définis comme étant les "moins avancés" par les NU. L'UE est particulièrement soucieuse, par conséquent, de l'issue positive de cette conférence, qui réunira tous les membres des NU et, en outre, un certain nombre de partenaires et d'acteurs des secteurs public, privé et civil. La conférence devrait adopter un programme global d'action soulignant la
stratégie que les PMA et la communauté internationale s'engagent à poursuivre pour appréhender les problèmes rencontrés par ces pays au cours des années à venir.
Selon l'UE, la priorité centrale et l'objectif global de la conférence devraient être la réduction de la pauvreté. M. Poul Nielson, commissaire européen chargé du développement et de l'aide humanitaire, a précisé à ce sujet que "Nos partenaires PMA ont laissé entendre clairement qu'ils escomptent nettement plus qu'une simple charité. Ils veulent des possibilités. Ils sollicitent et méritent la décence. Le monde industrialisé a le devoir de les aider à se développer dans des situations
nationales et mondiales qui peuvent être qualifiées d'hostiles. C'est pourquoi, l'offre faite par l'Europe aux PMA va bien au-delà d'une coopération au développement. Nous proposons une réponse globale aux principaux problèmes, identifiés par les PMA eux-mêmes, qui se posent dans le domaine du commerce, de l'allègement de la dette, de la maladie et de la pauvreté. Notre objectif général devrait être de réaliser le niveau, fixé par les NU, d'une réduction de moitié d'ici à 2015 du nombre de
personnes connaissant une pauvreté extrême et souffrant de la faim."
Dans une démarche visant à susciter une dynamique positive dans la perspective de la conférence et à permettre de solliciter des autres donateurs qu'ils mettent en place des initiatives similaires, la Commission a adopté, le 11 avril (référence IP à insérer), un train de mesures exposant la contribution de l'Europe à une issue concrète et pragmatique de cette conférence. Le dispositif proposé comporte les éléments suivants :
- resserrement des priorités sur les allocations d'aide aux pays les plus pauvres. Une proportion d'environ 90 % des ressources du 9e Fonds européen de développement (13,5 milliards d'euros) sera réservée aux pays les moins avancés, et la coopération au développement déployée par la Communauté en faveur des pays à revenus moyens met nettement l'accent sur la lutte contre la pauvreté. Les secteurs sociaux tels que l'éducation et la santé bénéficient de la priorité absolue;
- soutien à un accès non limité des PMA aux marchés de l'UE. Dans le prolongement de l'initiative "Tout sauf les armes", la Commission aide les PMA à saisir les possibilités qui s'offrent;
- mesures de lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. La Communauté a la volonté d'utiliser tous les instruments du développement, du commerce et de la recherche pour participer à une action mondiale efficace. Une attention particulière est accordée aux mécanismes par lesquels ces maladies frappent les PMA et les populations les plus pauvres;
- proposition d'allouer 60 millions d'euros au règlement de toutes les créances détenues sur les PMA fortement endettés des ACP au titre des prêts spéciaux. La Commission est déjà, de loin, le principal contributeur à l'initiative renforcée déployée en faveur des pays pauvres fortement endettés (1 milliard d'euros).
Selon le propos de M. Nielson, "L'issue favorable de la conférence, pour l'UE, dépendra en définitive de l'acceptation, par la communauté internationale, du fait que la complexité des problèmes rencontrés par les PMA exige un effort commun de tous les partenaires, tant des pays développés que des pays en développement."
Contexte
En 1997, l'Assemblée générale des NU décidait de convoquer la 3e conférence pour les pays les moins avancés (PMA), afin d'inverser la détérioration de leur situation économique et sociale et de redynamiser leur croissance et leur développement. L'UE a proposé d'accueillir cette conférence à Bruxelles, du 14 au 20 mai 2001, dans les locaux du Parlement européen. Ce sera la première fois que l'Union européenne est l'hôte d'une grande conférence des NU.
Les travaux préparatoires de cette conférence ont été menés aux niveaux national, régional et mondial. Des réunions nationales ont donné lieu à l'élaboration de programmes d'action spécifiques de chacun des PMA. La Commission participe activement à toutes les activités préliminaires. Les délégations de la CE dans les PMA ont contribué en outre à la formulation de ces programmes d'action spécifiques, ceux-ci devant servir de base à la définition du programme mondial à adopter lors de la
conférence. Les délégations CE des États ACP ont soutenu financièrement les processus nationaux de préparation.
La Commission finance par ailleurs la majeure partie des coûts additionnels résultant de l'accueil de la conférence à Bruxelles et, notamment, le financement de l'organisation d'un forum des ONG. La Commission a alloué par conséquent 6 millions d'euros du budget général de 2001 à la couverture de ces dépenses. Dans ce contexte, une convention a été signée avec les NU, octroyant une subvention de 4,5 millions d'euros au titre du soutien accordé au secrétariat de la conférence dans les domaines
logistique, financier et administratif.
Les négociations relatives au programme d'action sont menées par un comité préparatoire qui se réunit au siège des NU à New York. Sa troisième réunion s'est tenue le 6 avril 2001 et devrait donner lieu à l'adoption, lors de la conférence, d'un dispositif-cadre de lutte contre la pauvreté dans les PMA.
Des informations complémentaires peuvent être obtenues sur les sites Internet suivants:
http://europa.eu.int/comm/world/ldciii/ldciii.htm
http://www.un.org/events/ldc3/conference/
- Ref: EC01-042EN
- Source UE: Commission Européenne
- UN forum:
- Date: 11/5/2001
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