Conference sur les PMA
Sommaire: 11 avril 2001: La Commission publie sa contribution à la conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés (Bruxelles)
La Commission européenne a adopté une communication sur la 3ème conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés (PMA), qui se tiendra à Bruxelles du 14 au 21 mai 2001. Les propositions de la Commission, établies à l'initiative de M. Poul Nielson, commissaire chargé du développement et de l'aide humanitaire, prévoient notamment d'orienter davantage l'aide communautaire vers les pays les plus nécessiteux, de prendre des mesures concrètes visant à aider les PMA à jouir d'un accès
plus étendu aux marchés et d'aller plus loin dans l'allègement de la dette. Considérant cet important événement, le président Romano Prodi a déclaré : «Il est nécessaire aujourd'hui, plus que jamais, d'apporter des réponses collectives et globales à des problèmes de sous-développement globaux. Cette conférence des Nations unies est un appel à la lutte contre le caractère unilatéral des échanges. C'est une attaque lancée contre le protectionnisme et les calculs nationaux à la petite semaine. Le
moment est venu de faire le point sur nos relations avec les pays les plus pauvres de la planète et d'appeler l'ensemble des pays développés à faire mieux et davantage et à réfléchir aux conséquences globales de nos politiques à long terme.»
La communication adoptée aujourd'hui par la Commission expose la contribution communautaire aux résultats concrets attendus de la conférence, alors même que les négociateurs discutent du programme d'action, le texte devant être adopté lors de la conférence.
Au moment d'annoncer l'apport de la Commission, le commissaire européen chargé du développement et de l'aide humanitaire, M. Poul Nielson, a fait le commentaire suivant : «Nos partenaires des PMA nous ont fait explicitement savoir qu'ils attendaient plus que de la charité de notre part. Ils souhaitent que des opportunités leur soient offertes. Ils nous demandent de faire preuve de décence à leur égard, ce qu'ils méritent amplement. Nous ne devrions jamais traiter ces pays très pauvres comme des
malades, mais comme des sociétés engagées dans une lutte et désireuses de se développer en dépit de circonstances nationales et mondiales particulièrement défavorables. Pour toutes ces raisons, l'offre faite par l'Europe aux PMA va bien au-delà de la coopération au développement. Nous apportons une réponse complète aux principaux obstacles recensés par les PMA eux-mêmes.»
M. Pascal Lamy, commissaire chargé du commerce, a, pour sa part, émis le commentaire suivant à propos de la série de propositions annoncées aujourd'hui : «Les PMA ont demandé que des perspectives leur soient offertes sur le plan des exportations : nous offrons à l'ensemble de leurs produits, à l'exception des armes, un accès au marché de l'Union européenne exempt de droits et de contingents. Les PMA sont aux prises avec d'énormes contraintes institutionnelles internes les empêchant de tirer
pleinement parti du commerce international : l'Europe leur offre de renforcer leurs capacités, de renoncer à recourir aux instruments antidumping à leur encontre et à faire preuve de flexibilité à leur égard en ce qui concerne leur adhésion à l'OMC. Les PMA ont du mal à concourir sur les marchés internationaux : l'Europe leur offre un soutien accru au niveau des processus d'intégration régionale.»
Les propositions concrètes de la Commission visent, notamment, à:
- orienter davantage la coopération communautaire au développement vers les pays les plus pauvres. Entre les différents pays, ainsi qu'à l'intérieur de chacun d'entre eux, les ressources serviront de plus en plus à satisfaire les besoins des plus nécessiteux. La priorité absolue ira à certains secteurs sociaux, comme le développement et l'éducation. Il est important de progresser rapidement vers cet objectif.
- aider les PMA à tirer parti d'un accès sans restriction au marché communautaire. Afin de compléter l'initiative révolutionnaire «Tout sauf les armes», la CE aide ces pays à saisir les occasions offertes. Il existe d'autres objectifs, tels que:
- renforcer la compétitivité des PMA
- promouvoir l'investissement dans les PMA
- renforcer la capacité institutionnelle, en vue de participer à des négociations commerciales multilatérales
- aider les PMA à satisfaire aux normes sanitaires et phytosanitaires
- aider les PMA à se constituer un marchepied régional pour leur intégration dans l'économie mondiale.
- l'Union européenne prônera la flexibilité lors du traitement des demandes d'adhésion des PMA à l'OMC, de même qu'elle recommandera la conclusion d'un accord multilatéral destiné à suspendre le recours aux instruments antidumping à l'encontre des PMA.
- lutter contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. La CE a renforcé sa politique pour faire face à l'extension et à l'incidence croissantes du VIH/SIDA, du paludisme et de la tuberculose. L'accent est mis sur la manière dont ces maladies frappent les PMA et les populations les plus pauvres. La CE s'engage à se servir de tous les instruments dont elle dispose en matière de développement, de commerce et de recherche pour contribuer à apporter une réponse mondiale efficace.
Concrètement, la Commission offre des programmes de santé sectoriels, un système international de tarification échelonnée, un plein usage de la flexibilité des ADPIC et des initiatives mieux ciblées en matière de recherche.
- poursuivre l'allègement de la dette. La Communauté est déjà, et de loin, le premier donateur de l'initiative élargie en faveur des PPTE (pays pauvres très endettés). De surcroît, la Commission a adopté aujourd'hui une proposition visant à annuler la totalité des créances liées aux prêts spéciaux détenues sur les pays pauvres très endettés et les moins avancés faisant partie de la région ACP, de sorte que, dès l'adoption de cette mesure, chacun des pays concernés atteignant ou ayant atteint
le point de décision est invité à suspendre immédiatement tout paiement concernant ces prêts. Le coût de cette nouvelle initiative est estimé à 60 millions d'euros.
Contexte
En 1997, l'assemblée générale des Nations unies a décidé de convoquer la 3ème conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés (PMA), afin de renverser la tendance à la détérioration de leur situation socio-économique et de revitaliser leur croissance et leur développement. L'Union européenne a proposé d'accueillir la conférence à Bruxelles, du 14 au 20 mai 2001, dans les locaux du Parlement européen. Ce sera la première fois que l'Union européenne accueillera une grande conférence
des Nations unies.
Des réunions de préparation de la conférence ont lieu aux niveaux national et régional, ainsi qu'au niveau international. Les réunions nationales ont conduit à la formulation de programmes d'action spécifiques aux pays pour chaque PMA. La Commission participe activement à la totalité des activités préparatoires. De plus, les délégations communautaires dans les PMA participent à la formulation de programmes d'action spécifiques à chaque PMA, en vue d'établir le programme d'action global à
adopter lors de la conférence. Les délégations de l'Union européenne dans les pays ACP soutiennent financièrement les processus de préparation au niveau national.
La Commission finance également la plus grosse partie des surcoûts entraînés par la décision d'organiser la conférence à Bruxelles. Elle finance, notamment, l'organisation d'un forum des ONG. En conséquence, la Commission a alloué 6 millions d'euros du budget général pour l'exercice 2001 au financement de ces coûts. Dès lors, un accord a été signé avec les Nations unies pour une subvention de 4,5 millions d'euros destinée à soutenir le secrétariat de la conférence des Nations unies sur les
plans logistique, financier et administratif.
Des négociations relatives au programme d'action ont lieu au sein d'un comité préparatoire, se réunissant au siège des Nations unies, à New York. La troisième session, qui s'est achevée le 6 avril 2001, devrait donner lieu à l'adoption du programme d'action lors de la conférence. Ce programme d'action servira de cadre aux activités de soutien de la lutte contre la pauvreté dans les PMA.
- Ref: EC01-028EN
- Source UE: Commission Européenne
- UN forum:
- Date: 11/4/2001
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