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Europe Day Message (en français) from Benita Ferrero-Waldner, EU Commissioner for External Relations and the European Neighbourhood Policy

Sumario: Europe Day Message (en français) from Benita Ferrero-Waldner, EU Commissioner for External Relations and the European Neighbourhood Policy (May 9th 2006)

ES

Le 9 mai, Journée de l'Europe de l'Europe, est la date anniversaire de la déclaration Schuman. À Paris en 1950, Robert Schuman, alors ministre français des affaires étrangères, proposa une nouvelle forme d'organisation politique pour l'Europe, qui rendrait impensable toute guerre entre ses nations. Plus de 50 ans après, nous devons reconnaître que sa clairvoyance a ouvert la voie à l'Union européenne, telle que nous la connaissons aujourd'hui, et a permis à l'Europe occidentale de vivre une période de paix sans précédent.

La création et la réussite du projet européen ont été décrites comme «un de ces événements qui ne se produisent dans le monde que tous les quatre ou cinq cents ans». Les vingt dernières années ont vu la réalisation de progrès remarquables, allant de l'approfondissement du plus grand marché unique du monde à l'élargissement de l'Union de 15 à 25 pays.

En effet, l'Union européenne est en constante évolution, pour répondre à la fois aux exigences nouvelles de ses citoyens et aux mutations qui s'opèrent dans le monde qui l'entoure.

Toutefois, les douze derniers mois n'ont pas été sans difficultés. Il existe un décalage indéniable entre la réussite historique de l'Union européenne et la perception que ses citoyens en ont. Dans toute l'Europe, les gens demandent à quoi sert l'Union, comment elle tient compte de leurs préoccupations et comment elle contribuera à relever les défis du XXIe siècle. Les référendums organisés l'année dernière, en France et aux Pays-Bas, sur le traité constitutionnel de l'Union européenne ont révélé l'ampleur de ce décalage.

Ces deux «non» au traité constitutionnel ont incontestablement constitué un revers pour l'intégration européenne. Au lendemain de ces référendums, nous avons convenu d'observer une période de réflexion sur l'avenir et le sens de l'Union européenne. Cependant, il ne s'agissait pas d'une période d'introspection. Nous n'avons pas voulu nous laisser aller à un nombrilisme institutionnel de longue durée. Au contraire, nous avons mis à profit cette pause pour rétablir le lien avec nos citoyens et leurs préoccupations principales: la sécurité, la stabilité, la prospérité et l'avènement d'une Union plus forte sur la scène internationale.

La majeure partie de ce qui inquiète nos citoyens se résume en un seul mot: la «mondialisation». Toutefois, je pense qu'il s'agit d'une chance à saisir, et non d'une menace à écarter. Si elle n'est ni provoquée, ni aggravée par l'Union européenne, nous ne pouvons en nier les conséquences indirectes - les entreprises doivent affronter une concurrence nouvelle, des emplois sont supprimés, et des citoyens et leurs familles sont affectés.

Nous devons nous concentrer sur les résultats concrets pour montrer que l'Union européenne fait partie intégrante de la solution, et non du problème. Nous devons obtenir des résultats, et prouver ainsi que l'Union est un moyen de gérer la pression exercée par la mondialisation et de l'utiliser à notre avantage.

Les défis sont certes nombreux - l'immigration et la démographie sont à l'origine de mutations rapides et pas toujours bien gérées des sociétés européennes. La sécurité et l'efficacité énergétiques ont été mises en exergue par les événements qu'ont connu l'Ukraine et la Russie au début de cette année. Quant au changement climatique, il reste une menace grave pour l'avenir de notre planète.

Nous devons améliorer la sécurité pour écarter les menaces qui ne connaissent pas de frontières, telles que le terrorisme international et les pandémies mondiales. Nous devons aussi résoudre les problèmes tels que la croissance et l'emploi en réformant l'économie. Par ailleurs, il nous faut moderniser les modèles sociaux européens par de nouveaux moyens créatifs, afin de les rendre plus durables et de répondre aux attentes des Européens sans étouffer leur dynamisme économique.

Même les plus grands États membres sont trop petits pour relever ces défis seuls. La collaboration est la seule approche efficace. L'Union européenne constitue pour ses populations et ses pays le meilleur moyen de négocier les conditions de la mondialisation: protection de nos intérêts, promotion de nos objectifs stratégiques et consolidation d'un futur ordre international fondé sur un ensemble de règles.

En tant que commissaire européen responsable des relations extérieures, le renforcement du rôle prépondérant de l'Union européenne sur la scène internationale me tient particulièrement à cœur.

Avec ses 450 millions de citoyens, notre Union représente maintenant 20 % du commerce international et un quart du PNB mondial. Elle envoie aussi 55 000 Européens maintenir la paix dans le monde entier et fournit 55 % de l'aide mondiale au développement.

Les citoyens de l'Union européenne souhaitent, et ont besoin, qu'elle mène une politique étrangère forte. Une étude récente a montré qu'une majorité croissante des citoyens du monde perçoit l'Union comme une entité qui exerce une influence positive sur la situation mondiale, et qu'elle souhaiterait même voir son influence se renforcer. Cela constitue un message clair sur ce que le monde attend de nous et il nous incombe à présent de nous montrer à la hauteur de ce défi.

Même s'il est vrai que l'adoption du traité constitutionnel nous aurait donné un nouvel élan en matière de politique étrangère, bon nombre des améliorations nécessaires peuvent être apportées en son absence. Il s'agit essentiellement d'une question de volonté politique.

Nous continuerons à être le plus grand donateur d'aide au développement et d'aide humanitaire du monde, à étoffer nos capacités de réaction rapide qui nous permettent de mobiliser l'aide d'urgence et de promouvoir le développement économique et nos valeurs fondamentales, fondées sur la démocratie, les droits de l'homme, la bonne gouvernance et l'État de droit.

Nous ferons porter l'essentiel de nos efforts sur la prévention des conflits et la gestion des crises, la promotion des droits de l'homme et la sécurité des personnes, ainsi que le renforcement d'un multilatéralisme efficace. Le sommet des Nations unies de l'année dernière a débouché sur plusieurs résultats importants, comme le Conseil des droits de l'homme, dont l'entrée en vigueur nécessitera encore beaucoup de travail.

Dans les mois à venir, nous serons confrontés à un certain nombre d'autres défis, tels que celui qui consiste à renforcer le dialogue entre l'Union européenne et le monde musulman et à veiller à ce que l'opposition actuelle due à l'ignorance (révélée par l'incompréhension mutuelle relative aux caricatures publiées notamment au Danemark) ne se transforme pas en ce qu'il est convenu d'appeler un choc des civilisations.

Nous mettons à profit le partenariat euroméditerranéen et la politique européenne de voisinage pour augmenter nos espaces de dialogue. La Commission dispose d'un nouveau plan en dix points en faveur du dialogue interculturel et la Fondation euroméditerranéenne Anna Lindh jouera un rôle important à cet égard. En outre, nous avons promu le dialogue interconfessionnel dans le cadre de la Rencontre Asie-Europe et du forum régional de l'Association des États de l'Asie du Sud-Est. D'ici à 2008, Année européenne du dialogue interculturel, nous voulons avoir réalisé des progrès concrets avec l'ensemble de nos partenaires.

Une autre priorité importante sera la consolidation de notre politique européenne de voisinage. Elle est fondée sur l'expérience énorme que nous avons accumulée en aidant des États dans leur transition vers la démocratie et l'économie de marché. Nous proposons à nos voisins de l'est et du sud bon nombre d'avantages liés précédemment à la seule adhésion, tels qu'un rôle dans notre marché intérieur, la participation aux programmes de l'Union européenne et la coopération en matière de réseaux d'énergie et de transport.

La politique européenne de voisinage a pour objectif d'offrir une forme de partenariat privilégié et immédiat aux pays concernés, quelle que soit la nature précise de leurs relations futures avec l'Union européenne. Nous commençons à présent à recueillir les premiers fruits de ce partenariat renforcé, tels que la mission de surveillance des frontières en Moldova et en Ukraine et les tout premiers forums consacrés au dialogue en matière de démocratie et de gouvernance avec la Jordanie, le Maroc et la Tunisie.

L'énergie, les migrations et les pandémies mondiales resteront des priorités de notre action extérieure. En mars, la Commission a publié un document de stratégie sur l'énergie et son importance dans nos relations avec nos partenaires internationaux. En janvier, nous avons annoncé un nouveau programme thématique sur les migrations, et nous nous sommes engagés, en tant que donateurs, à lutter contre les crises sanitaires mondiales telles que la grippe aviaire et le VIH/SIDA.

Enfin et surtout, nous allons poursuivre les préparatifs d'élargissement. Nous espérons que la Bulgarie et la Roumanie adhéreront à l'Union européenne le 1er janvier 2007, tandis que nos partenaires des Balkans et de Turquie procèdent à des réformes dans la perspective de leur adhésion.

L'Union européenne devient de plus en plus un acteur incontournable sur la scène internationale, ce qui constitue une base solide pour tisser des liens plus étroits avec des partenaires du monde entier. Quels que soient les défis internes que nous devions relever, nous ferons en sorte que l'Europe reste ouverte sur le monde - dans notre propre intérêt, mais également dans celui de nos partenaires. S'appuyant sur son réseau de délégations partout dans le monde, la Commission européenne œuvre à l'approfondissement constant de ses relations avec ses partenaires. Il faut que nous puissions compter sur un réseau mondial d'amis pour relever les défis et saisir les chances du XXIe siècle.


  • Ref: EC06-163EN
  • Fuente UE: Comisión Europea
  • Foro NU: 
  • Fecha: 9/5/2006


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