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Intervention by EU Commissioner Louis Michel - UN High Level Meeting on Africa's Needs

Summary: 22 September 2008, New York - Intervention by Louis Michel, European Commissioner for Development and Humanitarian Aid at the United Nations High Level Meeting on Africa's Needs, Roundtable No. 2

Mesdames, Messieurs les Chefs d'Etats et de Gouvernement,
Mesdames, Messieurs,
Distingués invités,

• D'emblée je souhaite concentrer mes quelques remarques sur la nouvelle réalité de l'Afrique et plus précisément sur les points forts, sur les leviers potentiels de la nouvelle Afrique.

• L'Afrique est au cœur des processus de mondialisation et entre de plain-pied dans l'économie mondiale. Pour la première fois en 30 ans, l'Afrique a enregistré pour la quatrième année consécutive une croissance réelle du PIB de plus de 5 %. Et 9 pays ont même atteint le taux remarquable de 7%. Certes, il reste des pays où l'on assiste à une stagnation économique, voire le recul du revenu par habitant. Mais la dynamique générale de croissance existe. Et si elle peut être soutenue et encadrée par un environnement favorable à l'investissement, elle fera démarrer une dynamique vertueuse. L'intégration économique régionale, qui est au cœur de notre dialogue politique et de notre stratégie partenariale, prend toute sa signification dans ce contexte.

• Cette intégration régionale est une condition nécessaire pour que l'Afrique profite de la mondialisation. L'Afrique joue désormais un rôle central dans la course aux enjeux géo-politiques et stratégiques. Les ressources énergétiques et minières sont un élément très important de ce processus.

• Ne prenons que quelques chiffres: 10% des réserves mondiales de pétrole, 90% des réserves avérées de platine et de cobalt, 60% des réserves de manganèse, 40% des réserves d'or, 30% des réserves de bauxite et d'uranium, 25% des réserves de titanium etc. etc.

• La contrepartie positive de l'extraction et de l'exportation de ces ressources naturelles est le développement des infrastructures et des secteurs bancaire et financier dans lesquels les partenaires traditionnels de l'Afrique aussi bien que les nouveaux acteurs économiques s'engagent en se fondant sur des dynamiques de concurrence. C'est très bien.

• Mais en contrepoint de ces tendances et de ces atouts positifs, persistent des faiblesses et des effets plus négatifs. Les points faibles ou les risques sont connues. Je me limiterais à en citer quelques-uns:

- la gouvernance et la capacité régalienne des états qui demeure un défi majeur

- la menace de l'endettement et de la dépendance

- la "malédiction des ressources" qui parfois fige l'économie trop passivement en n'encourageant pas assez la diversification.
• Malgré ces observations, je prétends que les forces et les atouts de l'Afrique l'emportent largement sur ses faiblesses. L'enjeu géo-stratégique de l'Afrique représente la "Nouvelle Frontière". L'Afrique est une opportunité, non pas un problème.

• C'est une conviction largement partagée.

• C'est important. Car malheureusement aujourd'hui, tous les rapports convergent. Le niveau d'achèvement des objectifs du millénaire de développement est largement en-deça des attentes.

Pourtant, la vision existe: les Objectifs du Millénaire en sont la parfaite illustration.

Pourtant également, nous savons aussi ce qu'il faut faire: volume de l'aide, efficacité de l'aide.

Pourtant enfin, nous ne le faisons pas assez. Et quand je dis «nous», j'entends bien sur les donateurs mais j'entends également les pays en voie de développement eux-mêmes. Leur engagement est fondamental. Je mesure parfaitement le rôle et la responsabilité éthique du monde industrialisé et riche. Mais nous ne pouvons pas non plus ignorer l'influence décisive des politiques internes des pays partenaires.

• L'Afrique a un potentiel de croissance immense, qui ne demande qu'à se réaliser et qui pourrait sortir les pays Africains de la pauvreté pour en faire des économies émergentes.

• Cela demande une mobilisation exceptionnelle de la communauté internationale, je dirais même historique.

• Pour l'Union Européenne, les engagements pris à Monterrey, à Paris et à Accra, ainsi qu'au Sommet de 2005, ne sont pas de la simple rhétorique.

• Ces engagements confirment le positionnement unique de l'Europe vis à vis de l'Afrique pour des raisons géographiques, historiques et économiques.

• Les vingt-sept pays de l'Union Européenne ont avec l'Afrique des échanges annuels qui s'élèvent à 300 milliards de dollars.

• Afin de moderniser et de mieux capter la densité de ces liens entre l'Europe et l'Afrique dans cette nouvelle ère de la mondialisation, nous avons créé un nouveau Partenariat Stratégique Afrique-Europe qui a été adopté conjointement en Décembre 2007.

• Ce Partenariat veut aller au-delà du développement, au-delà des institutions. En réalité, notre défi commun est de développer et d'organiser des relations durables entre les sociétés civiles et politiques des deux continents. La nature politique de ce partenariat est fondamentale.

Ambitieux car notre coopération nous permettra d'identifier nos intérêts communs et de les promouvoir ensemble dans les institutions et enceintes internationales, nous donnant ainsi une force cumulée de persuasion.

• L'Europe est engagée pour
- aider l'Afrique à développer une valeur ajoutée exceptionnelle de ses immenses ressources naturelles en créant une dynamique économique bénéfique aux deux continents et

- pour apporter un soutien à l'émergence durable d'entreprises manufacturières locales.
• Ce Partenariat Stratégique reconnaît surtout que chaque pays à ses spécificités. Ce Partenariat Afrique-Europe appelle aussi de nos vœux à des partenariat plus larges.

• C'est la toute la justification du concept de partenaires - égaux en droits et en devoirs. Un développement Africain, s'il se veut durable, juste et dynamique, doit être généré par les pays Africains eux-mêmes.

• Mais un tel modèle de développement doit d'abord répondre aux attentes des populations et doit donc:
 Produire de la richesse et de la croissance

 Redistribuer cette richesse

 Investir dans l'avenir au travers d'une diversification de l'économie au-delà des ressources naturelles et de leur extraction

 Investir dans l'avenir au travers d'un engagement massif et durable dans l'Etat, afin d'assurer qu'il puisse développer ses capacités à remplir les grandes fonctions régaliennes.
• L'Europe se tient pour sa part prête à soutenir un modèle de développement propre à ses partenaires.

Je vous remercie.

  • Ref: SP08-011FR
  • EU source: European Commission
  • UN forum: General Assembly (including Special Sessions)
  • Date: 22/9/2008


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