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"Une Europe forte, le regard tourné vers le Sud-est: notre futur européen" - discours du Commissaire Rehn

Summary: le 4 octobre 2007, Paris - Commissaire européen à l'élargissement, M. Olli Rehn à Sciences Po, "Une Europe forte, le regard tourné vers le Sud-est: notre futur européen"

Dans ce discours présenté à l'Institut d'Etudes Politiques à Paris le 4 Octobre 2007, le Commissaire européen responsable pour l'élargissement reconfirme la perspective européenne de Balkans Occidentaux. Quant aux processus de détermination du statut du Kosovo il dit: "C'est avant tout un défi profondément européen. Ni la Russie ni les États-Unis ne sont aussi directement affectés par la situation dans les Balkans que nous le sommes, nous Européens. Si le processus qui doit déterminer le statut du Kosovo vient à échouer, c'est l'Europe qui en paiera le prix."

Il poursuit en disant:"L'Union européenne est prête à explorer toutes les pistes, et même plus, pour parvenir à une solution négociée. Nous convions les autres partenaires de la communauté internationale à adopter une attitude responsable qui facilite une solution négociée. Il n'y pas de place pour un unilatéralisme égoïste tel qu'une menace de veto unilatéral au Conseil de Sécurité de l'ONU. En fin de compte, la communauté internationale sera jugée sur sa capacité à mettre en œuvre un multilatéralisme effectif et responsable."

Parlant aux étudiants de l'Institut d'Etudes Politiques à Paris le Commissaire Rehn explique le succès que représente le dernier élargissement de l'UE, mais il observe aussi que des craintes dans l'opinion publique subsiste. M. Rehn dit: "Cette crainte est compréhensible dans un pays fondateur de l'Union, fermement engagé dans sa construction dès l'origine. Pourtant en cinquante ans de construction européenne, l'Union a obtenu des résultats remarquables grâce à la combinaison de son approfondissement politique et de son élargissement graduel."

Olli Rehn explique la réponse des dirigeants de l'UE face à cette situation qui ont redéfini le cadre d'une politique d'élargissement renouvelée lors du Conseil européen de décembre 2006. Ceci limite l'agenda de l'élargissement à l'Europe du Sud-est et confirme une politique de conditionnalité; seuls les progrès réalisés dans les réformes clés permettent l'avancement des pays vers l'intégration européenne.

Concernant la Turquie Olli Rehn explique que les atouts stratégiques de ce pays touchent à la stabilité et la sécurité de notre continent: "La Turquie est un ancrage pour la stabilité dans une des régions les plus instables du globe. Elle est une référence en termes de démocratie pour le Moyen-Orient et le monde musulman, du Maroc jusqu'en Malaisie. Le processus d'adhésion est dès lors une occasion de démontrer que l'Islam, la seconde religion de notre continent, est compatible avec l'Europe et ses valeurs, c'est-à-dire avec la démocratie, le respect des droits de l'homme et la modernité."

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui, à Science Po Paris, pour vous parler d'un sujet qui m'est cher, celui de notre futur commun au sein d'une l'Union européenne renforcée et élargie.

Ces deux notions, souvent opposées, sont plus que jamais au cœur des débats, à l'heure où les chefs d'Etat et de gouvernements devraient finalement conclure un accord sur la réforme des traités fondateurs. Et à l'heure où le Président Sarkozy propose la création d'un "comité de sages" chargé de réfléchir à une question aussi fondamentale que "Quelle Europe en 2020 et pour quelles missions?"

Mais d'abord je voudrais remercier la direction de Science Po Paris pour m'avoir donné l'occasion de m'exprimer dans une instance aussi prestigieuse. Et je voudrais saluer les étudiants de Dijon et de Nancy qui ont fait le déplacement aujourd'hui.

Je dois vous dire que j'ai été particulièrement ravi d'apprendre que, suite à l'élargissement de 2004, Sciences Po disposait d'un premier cycle européen spécialement consacré à l'Europe centrale et orientale.

Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue et tous mes vœux de succès. Et, si vous me permettez, je me sens aussi un petit lien personnel et affectif avec Sciences Po: tout simplement parce que le directeur du jardin d'enfants français où allait ma fille, à Helsinki, il y a déjà quelques années, en était issu!

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voudrais vous faire une confession: celle de mes liens personnels à la France.

Je me sens chez moi en France. J'ai eu l'occasion de venir régulièrement à Strasbourg et à Paris depuis les années 90, en tant que député, fonctionnaire, et commissaire européen.

Depuis des années, je passe toujours une partie des mes vacances en France, normalement pendant la période des universités d'été, afin de tenter de saisir le sentiment des citoyens et citoyennes de ce pays fondateur de l'UE.

Et j'étais là, au Stade de France, puis aux Champs Elysées, en juillet 1998, quand les Bleus ont gagné la Coupe du Monde avec une équipe très républicaine, multiculturelle et multiethnique.

J'ai appris la langue française à l'âge adulte, en lisant essentiellement sur l'histoire, la politique et les relations internationales de la France, qui est un pays grand et fascinant, mais aussi complexe, et, de temps en temps, difficile.

Ma fille de neuf ans a plus de chance. Elle parle français et s'attache à corriger ma prononciation, non par moquerie, mais parce que mon discours lui fait mal aux oreilles!

Aujourd'hui, je veux me concentrer sur le défi de l'élargissement de l'Union. En dépit du succès indéniable qu'a représenté le dernier élargissement de 2004, je connais bien la sensibilité de l'opinion publique française sur cette question. En France, peut-être plus qu'ailleurs, l'élargissement est souvent perçu comme une menace de dilution du projet européen et un affaiblissement de l'Union.

Cette crainte est compréhensible dans un pays fondateur de l'Union, fermement engagé dans sa construction dès l'origine. Pourtant, en cinquante ans de construction européenne, l'Union a obtenu des résultats remarquables grâce à la combinaison de son approfondissement politique et de son élargissement graduel.

Sur les vingt dernières années, nous avons construit le marché intérieur, achevé la libre circulation des personnes, créé la monnaie unique, renforcé notre politique étrangère et de sécurité commune et jeté les bases d'un renforcement de la politique de sécurité intérieure.

Pendant la même période, nous avons plus que doublé le nombre de nos membres, passant d'une Communauté de 12 Etats membres en 1986 à une Union à 27 en 2007.

Sur le plan économique, l'élargissement a stimulé un nouveau dynamisme. Les changements de 1989 dans les pays d'Europe centrale et orientale ont ouvert un marché de 100 millions de consommateurs aux compagnies occidentales, créant des opportunités d'exportations et d'investissements sans précédent.

Sur le plan interne, contrairement aux prédictions des Cassandre, aucun afflux massif de travailleurs des nouveaux Etats membres n'a été constaté. Et les mécanismes institutionnels ne se sont pas enrayés. Certes ces mécanismes devaient être adaptés. Nous y sommes. J'ai confiance que le Traité réformé va donner un nouvel élan et une nouvelle légitimité à nos institutions communes.

Il n'y a pas de doutes que, en comparaison avec la communauté économique qui regroupait, il y a un demi-siècle, six États et moins de 200 millions de personnes, l'Union européenne actuelle, forte de 27 États membres et de près de 500 millions d'habitants, est plus puissante et plus influente.

Ce renforcement de sa puissance interne donne à l'Europe plus d'influence sur la scène internationale, par exemple, dans les négociations commerciales, environnementales et pour la protection de la santé et des consommateurs.

Il n'empêche, la crainte demeure.

C'est que, soyons réalistes, l'élargissement est souvent pris comme le bouc émissaire de la peur que génère un environnement international en mutation constante : peur du chômage, des délocalisations, d'abandon de l'Etat social, ou d'une immigration non maîtrisée. Et parfois, disons le, comme le bouc émissaire des échecs de nos politiques internes.

Dès lors, les réponses correctes à ces craintes justifiées sont à trouver dans la mise en place des réformes nécessaires à la relance de l'économie et de l'emploi, non dans une interruption de l'élargissement graduel et prudent de l'Union.

Aussi, à ceux qui me demandent: "Pourquoi aller plus loin et intégrer d'autres pays?", je réponds que, dans notre propre intérêt, l'Union européenne ne peut pas faire l'impasse des enjeux stratégiques liés à l'extension de sa zone de paix, liberté et de prospérité.

De fait, les chefs d'Etat et de gouvernements ont répondu à ces questions il y a un an déjà, en redéfinissant le cadre d'une politique d'élargissement renouvelée lors du Conseil européen de décembre 2006.

L'une des clés de la réponse est que notre agenda en matière d'élargissements futurs n'est pas illimité mais au contraire, à ce stade, bien défini et solidement motivé, c'est-à-dire consolidé dans le respect des engagements déjà pris : il couvre l'Europe du Sud-est, à savoir les Balkans occidentaux et la Turquie. A contrario, nous ne sommes pas en mesure de prendre de nouveaux engagements à ce stade.

Le deuxième mot d'ordre est celui de la conditionnalité. Cette perspective européenne ne peut aboutir que si les pays candidats remplissent à la lettre les critères posés à leur adhésion à l'Union.

Ce n'est pas la rapidité, mais la qualité qui compte. Il s'agit d'un processus graduel et bien maîtrisé. Contrairement à certaines opinions exprimées, il n'y a aucun automatisme dans les négociations d'adhésion.

Les sceptiques continuent à s'interroger: "Ne peut-on s'arrêter là et trouver d'autres formes d'association avec les pays que notre modèle économique et social attire? Doit-on nécessairement, au titre d'une promesse passée, intégrer les Balkans et la Turquie?"

Ma réponse est oui, pour plusieurs raisons fondamentales. Oui, d'abord, parce que la force de transformation démocratique et économique que véhicule notre politique d'élargissement pour les pays dont la vocation européenne est reconnue; ca veut dire, le "soft power" de l'Union européenne, comme on le qualifierait en anglais.

Oui, parce que cette politique répond à des motivations aussi profondes que la nécessité de pacifier de manière pérenne le continent européen, et d'œuvrer à encourager les forces de modération pour prévenir une confrontation entre Islam et Occident. Il est dans notre propre intérêt de maintenir et d'encourager les Etats du Sud-est de l'Europe dans la voie pacifiste et réformiste.

Mais oui, aussi, parce que le respect de la parole donnée est une condition essentielle de la crédibilité de notre pouvoir de transformation démocratique et économique. "Pacta sunt servanda", c'est là une valeur en soi, le fondement d'une société démocratique et de relations internationales saines.

S'agissant des Balkans occidentaux, il suffit de regarder une carte pour se rendre compte de la place centrale qu'ils occupent au cœur du territoire de l'Union, encerclés par nos Etats membres depuis janvier 2007.

Tout le monde a encore en mémoire les atrocités vécues par cette région dans la décennie passée. L'actualité nous le rappelle encore presque chaque jour, au travers des procès conduits par le tribunal international pour l'ex-Yougoslavie de La Haye, comme celui de responsables des massacres de Vukovar encore la semaine dernière.

Et les dirigeants européens ne sont pas près d'oublier la dramatique incapacité d'action qui a frappé l'Union lors du déclenchement de la guerre de Bosnie en 1992.

Qui ne se souvient des interpellations véhémentes de la société civile à l'époque en faveur d'une intervention européenne? Et les intellectuels français n'étaient pas restés silencieux. Bernard Henri-Levy, Françoise Giroud et bien d'autres alimentaient le débat de chroniques aussi rageuses qu'impuissantes.

La promesse d'une perspective européenne a été offerte aux pays des Balkans occidentaux dès le sommet de Thessalonique en juin 2003. Cette promesse agit comme un facteur puissant de pacification dans une région longtemps qualifiée de « poudrière de l'Europe ».

Avec ces Etats, nous avons depuis mis en place un « processus de Stabilisation et d'Association », qui dit bien son nom. Considérés comme antichambre du processus d'adhésion, les accords de stabilisation et association ont permis d'ancrer solidement plusieurs Etats dans des relations contractuelles avec l'Union.

Il s'agit de la Croatie, de l'ancienne république yougoslave de Macédoine, de l'Albanie, de la Bosnie Herzégovine, du Monténégro et de la Serbie - chacun de ces pays fait du progrès sur son chemin européen selon ses mérites propres.

Pour illustrer la force d'attraction et le pouvoir pacificateur que peut véhiculer la perspective européenne, je souhaite m'arrêter un instant sur la situation politique en Serbie et au Kosovo.

Après une crise politique récente et sérieuse, qui a menacé d'un retour du nationalisme extrême, la Serbie, maintenant dotée d'un gouvernement réformateur, semble désormais avoir renoué avec chemin des réformes et de l'Europe.

L'engagement du nouveau gouvernement serbe en faveur d'une coopération renouvelée avec le tribunal pénal international de la Haye a depuis permis de relancer les négociations d'un accord de stabilisation et d'association interrompues pendant un an. Et si cette coopération s'accélère et qu'il est démontré que la Serbie assure une coopération pleine et entière avec le TPIY, qui devrait conduire à l'arrestation des derniers accusés de crimes de guerre, dont Ratko Mladic et Radovan Karadic, nous pourrions même signer cet accord dans un futur proche.

Les négociations sur le statut du Kosovo sont un facteur de perturbation qui ne peut être sous-estimé, et dont les enjeux pour la stabilité de la région sont évidents. Des négociations de la dernière chance sont en cours sous l'égide d'une troïka Europe/Etats-Unis/Russie.

Le processus de détermination du statut du Kosovo est avant tout un défi profondément européen. Ni la Russie ni les États-Unis ne sont aussi directement affectés par la situation dans les Balkans que nous le sommes, nous Européens. Si le processus qui doit déterminer le statut du Kosovo vient à échouer, c'est l'Europe qui en paiera le prix.

L'Europe porte une grande responsabilité - politique, économique et aussi morale - dans ce dossier. Cette responsabilité nous donne droit à jouer un rôle important pour qu'une solution durable soit mise en place, et qu'un Kosovo démocratique, multiethnique et économiquement viable puisse émerger de ce processus.

Je rentre de New York, où je participais à la réunion ministérielle du groupe de contact, qui encadre ces négociations. Au sein de la Troika, l'Union européenne est prête à explorer toutes les pistes, et même plus, pour parvenir à une solution négociée.

Nous apportons tout notre soutien à notre représentant, l'ambassadeur Wolfgang Ischinger. L'Union européenne est aussi prête à assurer le rôle d'acteur principal dans la présence civile internationale au Kosovo. Mais elle a besoin d'un encadrement international clair pour ce faire.

Dans ce cadre, nous encourageons fermement les deux parties à intégrer cette perspective européenne dans leur vision stratégique et les invitons à une approche créative et constructive. L'avenir de la Serbie et du Kosovo est dans l'Union européenne. Le Kosovo ne sera pas le 51ème Etat des Etats-Unis, et la Serbie n'a pas vocation à rejoindre la fédération de Russie! Ce doit être une raison forte pour encourager les deux à travailler ensemble pour trouver une solution négociée et européenne.

De la même manière nous convions les autres partenaires de la communauté internationale à adopter une attitude responsable qui facilite une solution négociée. Il n'y pas de place pour un unilatéralisme égoïste tel qu'une menace de veto unilatéral au Conseil de Sécurité de l'ONU. En fin de compte, la communauté internationale sera jugée sur sa capacité à mettre en œuvre un multilatéralisme effectif et responsable.

Une chose est sûre, le statu quo n'est pas soutenable et la Serbie comme le Kosovo ont vocation à intégrer l'Union européenne car c'est dans l'UE que se trouve l'avenir des Balkans occidentaux.

Ce processus de rapprochement vers l'Union, c'est aussi aux citoyens des Balkans que nous le devons.

L'un de mes objectifs personnels, est de redonner aux habitants de ces pays, et je pense en particulier aux jeunes, aux étudiants comme vous, la liberté de mouvement qu'ils ont injustement perdue dans la tourmente des décennies passées.

Je pense entre autres à ces 70% d'étudiants serbes qui n'ont jamais quitté leur pays. En leur ouvrant nos frontières, c'est aussi une certaine vision du monde que nous leur livrons.

C'est la motivation des travaux que nous menons, avec les Etats membres, pour les jeunes des Balkans occidentaux, en faveur de visas moins chers, plus faciles d'accès, pour leur donner la possibilité de voyager plus facilement en Europe.

Je garderai toujours en mémoire le festival EXIT à Novi Sad, Serbie, l'un des plus grands festivals de rock en Europe. Et les attentes, l'enthousiasme et l'impatience des jeunes que j'ai rencontrés pour un futur européen. Si vous doutez jamais de ce que l'Union européenne peut véhiculer en termes d'espoirs de liberté, je vous invite à parler à la jeunesse des Balkans.

La perspective européenne offerte à la Turquie par la voie des négociations d'adhésion répond à des motivations un peu différentes, mais tout aussi stratégiques. Les atouts stratégiques de la Turquie touchent à la stabilité et la sécurité de notre continent.

La Turquie est un ancrage pour la stabilité dans une des régions les plus instables du globe. Elle est une référence en termes de démocratie pour le Moyen-Orient et le monde musulman, du Maroc jusqu'en Malaisie.

Le processus d'adhésion est dès lors une occasion de démontrer que l'Islam, la seconde religion de notre continent, est compatible avec l'Europe et ses valeurs, c'est-à-dire avec la démocratie, le respect des droits de l'homme et la modernité.

Sur le plan économique également, la Turquie est un pays important pour nous. C'est un pays à très forte croissance qui offre à nos entreprises d'importants débouchés commerciaux. La France est en fait le deuxième investisseur en Turquie. Sans oublier la sécurité de nos approvisionnements énergétiques.

Sous l'angle historique, la Turquie a été partie prenante de l'histoire de l'intégration européenne sur le demi-siècle passé.

Dès 1949, la Turquie est devenue membre du Conseil de l'Europe et membre de l'OTAN depuis 1952. Dès 1959, la Communauté entamait les négociations d'un accord d'association avec la Turquie, qui, signé à Ankara en novembre 1963. Le préambule et l'article 28 de cet accord mentionnaient déjà la perspective pour la Turquie d'une adhésion à la Communauté européenne.

Et quand, en 1999, les chefs d'Etat et de gouvernements ont décidé à Helsinki d'accorder le statut de pays candidat à la Turquie, l'objectif était, je cite - « de rejoindre l'Union sur la base des mêmes critères que ceux appliqués aux autres pays candidats ». Finalement, le 3 octobre 2005, l'Union européenne et la Turquie se sont mises d'accord sur un cadre de négociations, qui indique clairement que l'objectif ultime en est l'adhésion, mais le processus reste ouvert et l'adhésion n'est pas automatique.

En Turquie, les démocrates comptent sur le soutien de l'Europe pour faire progresser les réformes. Si la perspective d'adhésion disparaît, ce sont la démocratie turque, la liberté des citoyens, et la stabilité du pays qui en seront affectées, avec les risques à une radicalisation vers les extrêmes, nationalistes autant qu'islamistes qui en découlent.

Cet été, la Turquie est sortie dans le respect des principes démocratiques d'une crise politique sérieuse. Il revient maintenant à son nouveau gouvernement de faire la preuve de son engagement européen en adoptant une série de réformes nécessaires garantissant le respect des valeurs fondamentales européennes, en particulier la liberté d'expression, le respect des droits de l'homme, la liberté de culte, la protection des minorités, le droit des femmes.

Mesdames et Messieurs,

Notre priorité aujourd'hui est de contribuer au fonctionnement d'une Europe unie et forte, qui défend ses valeurs et intérêts sur la scène internationale. La politique d'élargissement, loin d'affaiblir l'Union, soutient cet objectif. Contrairement aux idées reçues, l'élargissement n'a rien d'une fuite en avant. C'est plutôt un train corail qu'un TGV, mais ce qui importe c'est qu'il soit bien ancré sur ses rails.

L'élargissement actuel est un processus graduel et bien maîtrisé. Il encourage donc une transformation démocratique et économique des pays de l'Europe du Sud-est, au bénéfice de l'Union européenne tout entière.

Par son processus même, il nous renvoie aux fondamentaux de la construction européenne. C'est le projet européen fondateur de paix, de liberté, et de prospérité que nous souhaitons aujourd'hui exporter à nos voisins du Sud-est. Il vaut clairement mieux exporter notre stabilité qu'importer de l'instabilité. C'est notre chantier d'avenir.

Je vous remercie de votre attention.

  • Ref: SP07-186FR
  • EU source: European Commission
  • UN forum: 
  • Date: 4/10/2007


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