
Summary: Liberia Partners Forum: "Ensemble rendons l'espoir aux Libériens" discours du Commissaire Michel (le 14 février 2007: Washington)
Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, "Ensemble rendons l'espoir aux Libériens", Liberia Partners Forum, USA, Washington D.C., 13-14 février 2007
Madame La Présidente de la République du Libéria,
Son Excellence Ellen Johnson Sirleaf
Dear Co-hosts :
Monsieur Le Président de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz
Madame Le Secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice
Monsieur Le Président de la Banque Africaine de Développement, Donald Kaberuka
Monsieur Le Président du Fonds Monétaire International, Rodrigo de Rato
Monsieur Alan Doss, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
C'est pour moi un grand honneur de représenter aujourd'hui la Commission Européenne co-organisatrice avec la Banque Mondiale, les Etats Unis, le FMI et la BAD de ce Forum consacré à la République du Libéria.
L'Europe, et la Commission européenne en particulier, a toujours été aux cotés du pays, même pendant les moments les plus difficiles.
Je pense ne pas avoir besoin de vous réitérer l'importance capitale que nous attachons tous à la stabilité et au développement de la République du Libéria. L'avenir de ce pays est un élément majeur de la région du Mano River et de toute l'Afrique de l'Ouest.
Si nous le voulons, si notre engagement est suffisamment ambitieux, s'il est suffisamment diligent, alors le Liberia peut devenir un exemple de réussite qui servira de référence pour un continent qui en a besoin. C'est fort de cette conviction que nous avons réuni les donateurs autour de cette table.
Mesdames et Messieurs,
Le Libéria est loin d'être un pays pauvre en termes de ressources naturelles, mais une gouvernance déstructurée, la déliquescence des fonctions régaliennes de l'Etat et l'insécurité ont malheureusement dominé ces dernières années.
L'élection de Madame la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf a ouvert la voie à des perspectives prometteuses. Le potentiel de ce pays peut se déployer positivement, pourvu que nous soyons capables d'offrir au Gouvernement et aux autorités du pays, les conditions que je qualifie de nécessaires et suffisantes qui permettraient au peuple d'adhérer avec foi à la vision et au programme de la nouvelle administration.
On a eu raison de rappeler dernièrement que le Liberia revient de loin, de très loin.
Mais, Madame la Présidente, vous avez déjà accompli des progrès très, très significatifs en matière de stabilité économique et vous avez entamé un vaste programme de réformes de la gouvernance et de la gestion des finances publiques.
Le bilan de la première année de votre gouvernement est très largement prometteur et témoigne de réussites auxquelles on n'était plus accoutumé depuis longtemps, réussites que l'on peut qualifier d'historiques.
Ces énormes avancées ont rendu l'espoir à des milliers de Libériens parce qu'elles ouvrent de toutes nouvelles perspectives, que ce soit sur le plan de la Paix, du développement ou de la prospérité et de la cohésion sociale qui en sont les résultats les plus probants.
En dépit des difficultés objectives, la Commission européenne a pu contribuer à ce processus de façon significative, notamment par sa participation active au Governance and Economic Management Assistance Programme auquel nous attachons une importance très grande et que nous allons d'ailleurs continuer à soutenir dans le cadre plus large de notre initiative d'appui à la Gouvernance et dans le 10ème Fonds Européen de Développement.
Mais nous savons tous parfaitement que le chemin sera encore long et va demander les efforts engagés et confiants de toute la Communauté internationale, solidement unie derrière la conviction partagée qu'au Liberia, nous le pouvons si nous le voulons.
Pour ma part, j'ai bien entendu votre appel, Madame la Présidente, il y a quelques instants, pour une approche un peu plus flexible, pour une réponse un peu plus rapide, moins encombrée par les habituelles contraintes bureaucratiques qui tiennent souvent, c'est vrai, peu compte des urgences vitales pour un pays comme le vôtre.
Pour ma part, je vous promets de prendre toutes les mesures appropriées pour éviter les inconvénients de règlements souvent fastidieux, même si le but poursuivi est louable. Donc je m'engage en tout cas à donner les directives et les consignes qui permettront d'être rassurés par rapport à cette anxiété légitime.
J'aimerais aborder maintenant trois sujets rapidement qui me paraissent d'importance capitale.
D'abord, le premier sujet, c'est le lien entre l'urgence, la réhabilitation et le développement.
Je pars du principe, et c'est ma conviction, que la stabilité actuelle va s'améliorer, et que la plupart des agences strictement humanitaires pourront à terme quitter le terrain pour laisser place à un Etat et à une administration capable de s'acquitter de ses fonctions publiques.
S'il est vrai que cette transition et ce passage de témoin doivent se faire, il faut que cela se réalise de manière parfaitement harmonieuse.
Cela signifie qu'il ne peut pas y avoir de rupture brusque entre les différentes phases et que des espaces-temps concomitants entre humanitaire et réhabilitation seront nécessaires.
Et c'est pour cette raison que la Commission a alloué pour l'année 2007 un montant de 16,6 M€ au titre de l'aide humanitaire et que nous comptons suivre ce mécanisme d'articulation souple entre les phases de très près, dans le cadre de l'exercice de programmation du 10ème Fonds Européen de Développement.
Un mot maintenant sur l'allègement de la dette. Le deuxième sujet, c'est évidemment celui-là.
Le poids écrasant de la dette extérieure du Libéria constitue une contrainte majeure pour son développement économique et elle doit trouver au plus vite un traitement adéquat. J'ai entendu la position plus que prometteuse de Madame Condoleeza Rice, je crois que nous devons nous inscrire évidemment dans ce volontarisme que nous devons saluer.
La Commission, en tant que créditeur, est prête bien entendu à participer à cet effort et veut contribuer en tant que donateur à l'apurement des arriérés d'autres créditeurs multilatéraux.
Troisième considération, la Gouvernance. On parle beaucoup de la Gouvernance.
De mon point de vue, la Gouvernance est la capacité de l'Etat à garantir ses fonctions essentielles, qu'il s'agisse des grandes fonctions d'autorité classiques comme la justice, une administration au service des citoyens, la sécurité intérieure et extérieure, des finances publiques saines, ou qu'il s'agisse d'assurer les conditions d'accès impartial des citoyens à la santé, à l'éducation, les services de base comme par exemple l'énergie ou encore l'eau potable.
Pour la Commission Européenne il s'agit essentiellement d'une approche au sens large, allant au-delà de la lutte contre la corruption, et qui exprime un caractère dynamique, évolutif, multidimensionnel et hautement politique.
La Commission européenne s'engage à poursuivre son soutien aux autorités Libériennes pour renforcer les capacités et les moyens de l'Etat, ceci notamment afin de rendre le plus rapidement possible le respect des critères qui autoriserait l'aide budgétaire directe faisable.
Vous le savez, c'est ma volonté d'augmenter considérablement la proportion d'aide budgétaire directe et sectorielle, plutôt que de continuer à consacrer les trois-quarts de notre aide à une politique que l'on qualifie généralement par projets, qui réduit considérablement le respect du principe d'appropriation, qui réduit, qui affaiblit la prévisibilité et qui, en tout cas, ne permet pas d'augmenter la capacité d'absorption.
C'est la raison pour laquelle une tranche incitative supplémentaire qui peut aller jusqu'à 30 % de l'enveloppe de base pourra aussi être mobilisée en appui spécifique aux ambitions du Gouvernement en matière de gouvernance dans le cadre du 10ème Fonds Européen de Développement, dont l'enveloppe de base est maintenant passée, comme vous le savez, à 120 M€.
Ainsi, la Gouvernance, les services sociaux de base et les infrastructures qui sont déjà au centre de notre intervention actuelle apparaissent comme les trois secteurs prioritaires pour nous, dans notre programmation future.
Enfin, j'aimerais exprimer une dernière considération.
Afin de répondre aux engagements souscrits à Paris dans le cadre de l'harmonisation de l'aide, je veux inviter les bailleurs potentiels à se joindre à l'exercice, actuellement en cours d'élaboration, d'un document de stratégie-pays. Un document commun qui identifierait la meilleure stratégie de réponse pour le pays et organiserait une division plus judicieuse et plus efficace du travail pourrait faire la différence.
La réunion d'aujourd'hui, qui réunit les témoins engagés en faveur du Libéria, est sans doute un début prometteur pour cette alliance stratégique forte en faveur d'un Libéria enfin prospère et apaisé.
Madame la Présidente, vous avez indiscutablement, et votre discours en a témoigné, une vision forte et élevée de l'avenir de votre pays. Vous avez, à cette fin, élaboré une stratégie claire et réaliste pour traduire cette belle et grande ambition en programme et projets concrets.
La Commission européenne prend l'engagement d'apporter tout son soutien et toute sa conviction pour vous aider à réussir la renaissance de votre pays.
Votre rôle personnel, tellement volontariste, justifie notre mobilisation, votre peuple l'attend et la mérite.
Merci de votre attention.
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