UE Commissaire Michel à la Conférence des Nations Unies sur le tremblement de terre en Asie du Sud
Summary: UE Commissaire Michel à la Conférence des Nations Unies sur le tremblement de terre en Asie du Sud (le 26 octobre 2005: Genève)
Louis MICHEL, Commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, «Ce désastre humain nous oblige à réformer en profondeur nos mécanismes de réaction», Réunion ministérielle sur l'assistance aux populations touchées par le séisme en Asie du Sud - Palais des Nations, Genève
Ce désastre humain nous oblige à réformer en profondeur nos mécanismes de réaction
Monsieur le Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies,
Monsieur le Secrétaire Général de la Fédération Internationale de la Croix-Rouge,
Monsieur le Président (du Sénat Pakistanais),
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs.
Au Pakistan ainsi qu'en Inde, toute une génération a été endeuillée par cette tragédie et frappée cruellement par la mort de tant d'enfants. La Commission européenne réitère ses plus sincères condoléances aux peuples pakistanais et indien et à ses représentants.
Vous le savez, dès les premières heures après la catastrophe, la Commission européenne a réagi en allouant 13.6 millions d'euros. Parallèlement, le service humanitaire de la Commission européenne - ECHO - a déployé immédiatement nos experts humanitaires dans les zones affectées. Ils ont aussitôt apporté leur concours dans l'évaluation des besoins et l'orientation des opérations humanitaires.
Vu l'ampleur du désastre, la communauté internationale doit augmenter son soutien et surtout transformer en allocations concrètes les promesses de don. Je veux féliciter le Secrétaire général des Nations Unies et le Président de cette conférence de nous avoir invités à cette réunion et pour leurs efforts soutenus de mobilisation en faveur de moyens supplémentaires. Comme je l'ai annoncé au Conseil des ministres du développement de l'Union Européenne à Leeds hier, la Commission européenne
propose d'augmenter son appui d'un montant de 80 millions d'euros supplémentaires. Ainsi, le total de l'assistance proposée par la Commission européenne est désormais de 93.6 million d'euros, soit plus de 112.000.0000 de dollars.
Sur ces 80 millions d'euros additionnels, 30 millions d'euros seront alloués à l'aide humanitaire afin de répondre aux besoins immédiats des survivants. L'assistance humanitaire de la Commission européenne est concentrée essentiellement sur l'assistance médicale aux blessés, les abris temporaires, l'eau et l'assainissement ainsi que la logistique. Sur ce dernier point, la Commission européenne finance déjà 3 hélicoptères, et bientôt 8 autres hélicoptères supplémentaires (pour le Programme
Alimentaire Mondial).
Les 50 autres millions d'euros seront affectés à la reconstruction. Nous comptons engager la plupart de ces fonds pour la reconstruction dès avant la fin de l'année. Ces ressources permettront de reconstruire les infrastructures de base dans les communautés affectées et de relancer la vie économique.
Le Conseil et le Parlement européen ont déjà réagi positivement à cette demande de la Commission européenne et les fonds additionnels seront disponibles dans les tous prochains jours. Et vous savez que les promesses de la Commission européenne sont toujours honorées.
Permettez-moi d'évoquer trois préoccupations majeures que nous avons concernant l'assistance internationale et une considération générale.
1) La réponse effective des organisations humanitaires sur le terrain apparaît encore trop limitée. Beaucoup d'organisations ont du mal à acheminer l'aide et à travailler dans les zones où se trouvent les gens les plus vulnérables. Les conditions d'accès sont difficiles ; c'est un défi logistique. Mais avec l'hiver dans moins d'un mois, nous sommes engagés dans une course contre la montre et on risque d'avoir un second drame humanitaire.
Nous comptons sur les organisations humanitaires, au premier chef les agences des Nations Unies pour déployer tous les moyens humains et matériels nécessaires à temps. Les financements, en tout cas le financement de la Commission européenne, sont disponibles et peuvent être mobilisés dans l'instant à la demande. Il faut maintenant coordonner l'aide efficacement.
2) J'entends bien les critiques comme quoi la communauté internationale manquerait de générosité. Bien sûr, on peut toujours faire mieux. Mais je refuse d'emboîter le pas à ces critiques. Ce n'est pas en blâmant les bailleurs que nous renforcerons le système international. Du reste, la vérité est beaucoup plus nuancée. Et tout le monde le sait. C'est aussi et surtout la capacité opérationnelle qu'il faut renforcer. Nous sommes conscient du travail excellent réalisé par OCHA dans la phase de
réponse immédiate avec ses équipes d'experts d'évaluation rapide, et avec ses équipes logistiques. Il est important d'accélérer le rythme de mise en œuvre.
3) le lien entre urgence et réhabilitation : la Commission européenne se félicite que le gouvernement du Pakistan, la Banque Mondiale et la Banque Asiatique de Développement aient organisé aussi rapidement une mission d'évaluation des besoins en matière de réhabilitation, mission à laquelle participe la Commission européenne. Là encore, le défi pour les autorités nationales comme pour la communauté internationale est de ne pas perdre de temps dans les efforts de reconstruction afin de ne pas
créer un vide après l'aide d'urgence.
Pour conclure, une fois de plus, un désastre humain nous oblige à reconnaître l'absolue nécessité de pousser une réforme en profondeur de la manière dont nous réagissons aux crises de ce type. Nous devons faire plus, faire mieux, et faire plus vite. Soyez assurés que la Commission européenne apportera sa contribution volontariste à cette réforme.
Je vous remercie.
- Ref: SP05-296FR
- EU source: European Commission
- UN forum:
- Date: 26/10/2005
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