
Summary: Le 17 avril 2005: Présentation par Louis Michel, Commissaire européen au Développement et Aide humanitaire, sur 'Il y a quarante ans que nous promettons le 0.7% de notre PIB au développement, il n'y a plus d'excuse'. Banque Mondiale - Comité du Développement (Washington)
Le monde vit un paradoxe effrayant. A l'heure où les moyens scientifiques et humains n'ont jamais été si importants, nous assistons à une pauvreté persistante, à une globalisation qu'aucune retenue morale ne contient. Le monde riche et ses leaders acceptent, en témoins passifs, les inégalités sordides qui se répandent et défigurent une certaine idée de l'homme. Des populations entières, dont des millions d'enfants de moins de cinq ans, victimes de maladies et de maux pour lesquelles existent
des traitements, des thérapies et des solutions sont laissés à leur douleur. Le monde riche peut les guérir, peut les sauver, et pourtant nous les laissons dans leur terrifiante solitude.
J'ai presque honte, en prononçant ces mots, de joindre moi aussi, ma banale incantation à tous ces discours qui trop souvent ressemblent à de la bonne conscience.
Il est vrai que des avancées ont été enregistrées, mais elles sont insuffisantes. C'est pourquoi la Commission vient de décider d'un paquet de propositions très volontaristes qui doivent permettre d'accélérer la réalisation des objectifs du millénaire. Il y a maintenant plus de quarante ans que nous promettons de consacrer 0,7% de notre produit intérieur brut au développement. Quelle excuse avons-nous encore aujourd'hui pour ne pas réaliser ces objectifs? Avec la proposition qui a été
faite aux états-membres, les moyens de l'aide augmenteront à partir de 2010 de 20 milliards d'euros par an. Nous passerions ainsi de plus ou moins 46 milliards d'euros à 66 milliards d'euros.
A propos des nouvelles sources de financement, la Commission partage pour l'essentiel les réflexions des institutions de Bretton Woods. Ces mesures ne doivent pas devenir un prétexte pour retarder ou réduire les engagements d'accroissement de l'aide publique.
L'efficacité de l'aide constitue un autre défi. Nous devons mettre en œuvre nos discours politiques sur l'appropriation, le partenariat, l'alignement sur les processus nationaux, les approches fondées sur les résultats. Des instruments comme par exemple l'aide budgétaire devrait devenir la règle et non l'exception. Nos procédures doivent être harmonisées. Nous devons être plus flexibles, plus stables, et plus prévisibles. Nous devons avoir la capacité d'intervenir vite quand les pays
sont confrontés à des chocs externes. La Commission répond à ces exigences par des solutions concrètes.
Nous devons aussi assurer la cohérence des politiques pour le développement. La Commission a identifié 11 domaines concernées par cet objectif. La recherche, l'agriculture, la pêche, l'environnement, le commerce, etc. peuvent générer une valeur ajoutée pour l'aide.
Le troisième élément de ce paquet, c'est la focalisation sur l'Afrique. Le retard y est considérable, la misère y est souvent insupportable. Une grande partie de l'accroissement de l'aide publique doit aller à l'Afrique. Notre action va se déployer sur trois plans :
| Top |