
Summary: Le 11 fevrier 2005: Vladimir Špidla, Membre de la Commission européenne, chargé de l'Emploi, des Affaires sociales et de l'Egalité des chances. Déclaration devant la commission des Nations Unies pour le développement social. Commission pour le développement social, 43e session. Examen de la mise en œuvre du Sommet mondial sur le Développement social (New York)
Mesdames et messieurs,
Je suis très heureux de participer à cette session plénière de la Commission de Développement social, qui marque le dixième anniversaire du Sommet de Copenhague et l'examen de la mise en oeuvre de son plan d'action. En tant que membre de la Commission européenne responsable de l'emploi, des affaires sociales et de l'égalité des chances, je souhaite exprimer un point de vue qui reflète à la fois comment les orientations de Copenhague sont mises en œuvre dans les politiques internes de l'Union,
et comment elles sont intégrées dans les politiques extérieures de l'Union.
La stratégie de Lisbonne et l'Agenda social
Je voudrais d'abord souligner que les orientations proposées lors du Sommet de Copenhague en 1995 sont très proches de celles que l'Union s'est données dans ce que l'on appelle la stratégie de Lisbonne, qui est au coeur de son modèle de développement. Mais il faut aussi souligner que, dix ans après le sommet de Copenhague, le paysage économique et social mondial a fortement évolué.
La mondialisation s'est imposée comme une force de changement considérable. L'accélération des mutations et l'intensification de la compétition ont modifié les conditions du développement économique et social. C'est dans ce nouveau contexte que nous devons tous agir.
La stratégie de Lisbonne est basée sur la complémentarité et la solidarité de l'économie, de l'environnement, de l'emploi et du social. Ces politiques sont interdépendantes et se renforcent mutuellement, afin de créer de la croissance, du plein emploi, et plus de cohésion sociale. Cette stratégie a ainsi permis des avancées significatives, même si elles sont insuffisantes.
La semaine dernière, la Commission européenne a confirmé cette stratégie, tout en proposant de mettre l'accent sur deux domaines clés où l'Union peut apporter une forte valeur ajoutée : favoriser la croissance et l'emploi à l'horizon 2010, en soutenant l'innovation, en rendant l'Europe plus attrayante pour les investissements et le travail, et en créant davantage d'emplois de qualité.
L'Europe a réussi dans le passé à asseoir son dynamisme économique sur un modèle social original, qui associe le partenariat social, des systèmes de protection sociale efficaces, l'éducation et l'égalité des chances pour tous. Nous devons moderniser et adapter ce modèle social pour assurer le développement durable de notre continent.
C'est pourquoi j'ai présenté mercredi le nouvel Agenda pour la politique sociale de l'Union pour la période 2006-2010. Il vise à la fois à promouvoir l'emploi et à offrir de nouvelles chances à tous. La Commission propose ainsi d'offrir une meilleure insertion professionnelle aux jeunes, de promouvoir davantage la mobilité entre pays européens, de favoriser la négociation collective transnationale. Elle veut aussi lutter contre les discriminations et la pauvreté, en examinant la contribution de
systèmes de revenu minimal garanti ou en créant un Institut du Genre pour favoriser l'égalité entre hommes et femmes. Elle souligne aussi le rôle des services sociaux d'intérêt général. Enfin, elle va ouvrir bientôt un vaste débat sur les changements économiques et sociaux qu'entraîneront les évolutions démographiques de l'Europe, afin que chaque acteur y prenne sa part.
Promouvoir la dimension sociale autant dans nos politiques externes qu'internes
La « Commission Mondiale sur la Dimension Sociale et la Globalisation » a souligné l'intérêt que suscite, à travers le monde, la stratégie de Lisbonne, et en particulier, son approche intégrée et la priorité donnée aux partenariats. L'Union européenne ne cherche pas à exporter son modèle de développement. Mais elle considère que son expérience peut être utile pour les pays en dehors de l'Union.
Plusieurs régions sont attentives à cette expérience européenne. Lors d'un séminaire préparatoire à nos travaux, qui a eu lieu à Bruxelles au mois de janvier, nous avons eu la possibilité de discuter et d'échanger nos expériences avec des organisations internationales et des représentants de pays tiers et d'organisations régionales notamment d'Afrique et d'Amérique latine. La stratégie européenne pour l'emploi, la méthode ouverte de coordination en matière d'inclusion et de protection sociale,
le dialogue social, la responsabilité sociale des entreprises, l'égalité des chances sont autant de domaines dans lesquels l'expérience européenne peut être utile.
L'Union doit assurer la cohérence entre ses politiques internes et ses politiques externes. L'approche économique et sociale intégrée qui a montré son efficacité au plan interne doit donc également sous-tendre notre action externe. Il est essentiel par exemple de mettre l'accent, dans nos politiques de développement, sur la dimension de l'emploi et du travail décent. De même, il est essentiel d'aborder la dimension sociale de la mondialisation, à la fois à l'intérieur de l'Union, et dans les
politiques externes.
La Commission insiste pour que la déclaration qui sera adoptée à la fin de nos travaux de cette semaine fasse clairement référence a la promotion de l'emploi décent et a la dimension sociale de la mondialisation comme éléments clés du développement social.
Ces éléments devront aussi être pris en considération cet automne dans les travaux relatifs à la Déclaration du Millénaire.
L'Union entend contribuer résolument à la mise en œuvre de cette Déclaration. Elle fera des propositions concrètes en ce qui concerne la politique de développement. Cela suppose une plus grande mobilisation, et des efforts accrus.
Conclusion
Si le monde n'a pas encore atteint les objectifs fixés il y a dix ans à Copenhague, c'est parce que:
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