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Commissaire Louis Michel - Réponse de la Commission au Flash Appeal des Nations-Unies - Tsunami

Summary: Le 11 janvier 2005: Louis Michel, Commissaire européen au Développement et Aide humanitaire. Réponse de la Commission au Flash Appeal des Nations-Unies - Tsunami. Conférence des Nations-Unies sur l'assistance humanitaire et l'appel de fond en faveur des pays et populations affectées par le Tsunami dans l'Océan indien (Genève)

Je remercie chaleureusement M. Egeland et OCHA pour l'organisation de cette importante réunion. J'émets le souhait qu'a la fin de cette réunion, nous aurons tous une idée claire des moyens que la communauté internationale mettra à la disposition des Nations Unies pour assister les victimes de cette catastrophe naturelle sans précédent.

Comme vous le savez, l'Union européenne s'est mobilisée depuis le début et massivement en réponse à cette catastrophe. Moi-même, je me suis rendu dès le 1er janvier au Sri Lanka et en Indonésie où j'ai pu mesurer l'étendue des dégâts et des besoins humanitaires. J'ai aussi pu mesurer les efforts humanitaires déployés par les autorités nationales et les organisations humanitaires locales et internationales dont les agences des Nations Unies. L'aide arrive, la coordination se met en place. Il est essentiel que l'aide arrive aux victimes et que tous les efforts soient mobilisés pour arriver à cette fin.

Dans ce contexte, la réponse humanitaire de la Commission a été immédiate. Dès le 1er jour, le 26 Décembre, la Commission a engagé un financement de 3 millions d'Euros. Dès le mardi, €20 millions supplémentaires ont été décidés pour répondre aux premiers besoins identifiés notamment au Sri Lanka, en Indonésie et aux Maldives au fur et à mesure que les organisations humanitaires étaient en mesure d'accéder aux zones touchées et capables de faire une évaluation correcte de la situation qui leur permettrait de nous adresser des demandes de financement précises.

Comme indiqué lors du Conseil Extraordinaire des Affaires Générales qui s'est tenu à Bruxelles le 7 janvier, la Commission a demandé pour la phase humanitaire, outre les €23 millions déjà déboursés, de faire appel à la réserve d'urgence du budget communautaire à hauteur de €100 millions. Le Conseil et le Parlement européen ont déjà signalé leur accord politique sur cette demande de renforcement et l'argent sera disponible dans les prochains jours

La Commission dégagera également, avec les instruments budgétaires appropriés en accord avec le Conseil et le Parlement européen, pour le moyen et le long terme, des ressources financières à hauteur de €350 millions pour la phase de réhabilitation et de reconstruction.

La contribution de la Commission européenne s'élèvera donc à €473 millions.

Reponse humanitaire de la Commission (echo) a l'appel des Nations Unies

Je voudrais maintenant vous présenter les grandes lignes de la réponse de la Commission européenne à l'appel des Nations Unies.

Des €23 millions déjà alloués par la Commission, 8,5 millions (soit 37%) ont été attribués à des Agences des Nations-unies opérant au Sri Lanka, en Indonésie et aux Maldives (i.e. UNICEF, PAM, OMS).

Comme vous le savez, la Commission finance des programmes et projets concrets qui lui sont soumis par ces partenaires. Il est donc prématuré de savoir quelles demandes concrètes supplémentaires les agences des Nations-Unies nous présenteront dans les prochains jours.

Mais de toute évidence, il est à escompter que la part des financements de la Commission européenne consacrés aux agences des Nations-Unies restera dans l'ordre de grandeur actuel (35 à 40%) soit un montant au minimum compris global entre 43 et 50 M€ pour la seule phase d'urgence humanitaire.

Reponse de la Commission pour la phase de reconstruction

As far as medium and long term operations are concerned, the European Commission intends to mobilise up to €350 million for longer term reconstruction aid. The final amount will depend on the needs' assessment on final reconstruction costs, which is led by the World Bank and should be available in March.

The Commission will ensure the amounts pledged are forthcoming but also that they are translated rapidly into quality programmes that help the real needy in the countries. To this end, the Commission will, where possible, accelerate procedures to deliver assistance.

Systeme d'alerte precoce

La Communauté internationale a convenu à Jakarta de la nécessité d'établir un système d'alerte précoce dans l'Océan indien, comparable à celui existant dans l'Océan Pacifique. Cette priorité est reprise dans le cadre du Flash Appeal du 6 janvier 2005 dans le cadre d'un projet à mettre en place sous l'égide d'OCHA avec le Secrétariat des Nations Unies pour la stratégie internationale de réduction des désastres - ISDR (International Strategy Disaster Reduction)

Etant donné le rôle clé des Nations Unies dans les mécanismes de coordination, la Commission européenne se déclare prête à participer à la mise en place d'un tel mécanisme en contribuant d'ores et déjà à la phase de lancement de ce système d'alerte précoce proposé par OCHA et ISDR au travers de la réponse humanitaire donnée par ECHO.

Je souligne que la prévention et la préparation aux catastrophes est une priorité constante de l'action de la Commission européenne. A ce titre ECHO cofinance la Conférence mondiale de Kobe sur la réduction des désastres qui se tiendra dans quelques jours.

Soft loan facility

The Commission also intends to put forward, in agreement with the European Investment Bank (EIB), a proposal for an "Indian Ocean Tsunami Lending Facility" amounting up to €1 billion as contribution to the region's reconstruction. This facility will be managed by the EIB in close coordination with the Commission and the World Bank. This proposal will be examined by the next ECOFIN Council on18 January.

Défis et priorités pour l'organisation et la gestion de l'aide humanitaire

La nécessité de compléter rapidement l'évaluation des besoins. Même si l'évaluation des besoins a progressé pendant les derniers jours, il existe encore des zones importantes sur la cote ouest de l'Indonésie où les besoins des populations n'ont pu être évalués. Il est donc essentiel que les agences aient accès à ces zones encore non visitées.

Je me suis entretenu avec insistance de cette question avec le Président indonésien et les membres de son gouvernement.

L'accès et l'acheminement humanitaire: Ce point est primordial. Les humanitaires font face à d'énormes difficultés logistiques dues soit au manque de transport, soit à la destruction des infrastructures de transport et de télécommunications. Des barges de transport ainsi que des camions sont nécessaires pour acheminer l'aide sur la côte Ouest d'Aceh. La situation est beaucoup moins grave au Sri Lanka.

Des moyens logistiques militaires importants ont été mobilisés à des fins humanitaires pour apporter des secours dans les zones les plus éloignées. Il est important cependant que l'intervention des forces armées soit coordonnée avec l'intervention civile, et cela sous le couvert des Nations Unies. De ce que j'ai moi-même constaté sur le terrain, cela n'est pas encore le cas partout et tout le temps. Dans ce contexte, je salue la mise en place des 'Officiers de liaison' assurant l'interface civilo-militaire au niveau des Nations-unies (OCHA) qui devrait améliorer la situation.

Contexte politique : Il est également essentiel que les autorités en Indonésie ne prennent pas prétexte de l'existence de mouvements de rébellion dans les zones touchées pour limiter l'accès des organisations humanitaires. La question des escortes militaires de convois humanitaires doit aussi être discutée et non imposée.

Au Sri Lanka, les accusations des Tamils vis-à-vis du gouvernement central de défavoriser les régions sous leur contrôle doivent être nuancées bien qu'il y ait encore d'importants problèmes de logistique pour l'acheminement de l'aide.

Risques de détournement de l'aide : les organisations humanitaires auront une responsabilité particulière afin d'assurer et veiller à la bonne gestion des fonds importants qui leur seront confiés. Le monitoring de l'aide sur le terrain constitue une pièce centrale du dispositif afin de s'assurer que l'aide va bien à ceux qui en ont besoin.

Coordination avec les Nations-Unies : La Commission réaffirme son soutien au rôle central des Nations Unies dans la coordination de la réponse humanitaire aux conséquences du désastre. Sur le terrain les experts de ECHO travaillent en étroite coordination avec les Agences des Nations Unies, notamment OCHA à travers des équipes UNDAC, dans l'analyse de besoins et la coordination de la réponse des acteurs humanitaires.

Remarques de clôture

Je voudrais conclure en soulignant que la solidarité face à cette catastrophe ne doit pas faire oublier les autres crises humanitaires auxquelles nous sommes confrontées actuellement, et tout particulièrement les crises oubliées. Nous ne devons pas oublier non plus la problématique générale de l'aide au développement, et des objectifs du millénaire, l'aide à Afrique ni diminuer les ressources nécessaires à cet effet.

Il importe de s'assurer que les moyens dégagés à l'occasion des événements récents s'ajoutent bien aux engagements déjà pris en matière d'aide humanitaire et du développement.

La Commission européenne continuera de rester aux côtés des Nations-Unies pour faire face à ce gigantesque défi maintenant dans la phase d'urgence mais aussi tout au long de la phase de reconstruction et de réhabilitation.

  • Ref: SP05-204EN
  • EU source: European Commission
  • UN forum: 
  • Date: 11/1/2005


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